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Les dégâts causés par le séisme du 10 août 2026 en Colombie. Les dégâts causés par le séisme du 10 août 2026 en Colombie.   (AFP or licensors)

Séisme en Colombie, une organisation alerte sur le risque de traite des mineurs

La grave crise humanitaire qui a frappé ce pays d’Amérique du Sud après le tremblement de terre du 10 août dernier, menace de fragiliser le tissu social dans les zones rurales les plus touchées. Là-bas, des familles entières sont encore privées de biens de première nécessité. «Le principal risque est que les familles se séparent et que les enfants tombent entre les mains des trafiquants», met en garde Stefano Piziali, directeur général de l’ONG Cesvi qui œuvre depuis des années dans ce pays.

Bianca Tombini – Cité du Vatican

Le séisme du 10 août dernier a provoqué une très grave crise humanitaire en Colombie, un pays déjà dévasté par des décennies de conflits internes et de difficultés économiques. Au moins 53 000 personnes ont été touchées de diverses manières par cette catastrophe. Le bilan fait état d'au moins 4 000 blessés et près de 300 morts. «Nos équipes d’urgence ont réussi à atteindre même les villages les plus reculés», déclare Stefano Piziali, directeur général de Cesvi, une organisation humanitaire qui œuvre depuis des années dans ce pays d’Amérique du Sud et qui s’est immédiatement mobilisée pour mener les premières opérations de secours. «Le séisme a durement frappé les zones rurales isolées, où des familles entières ont tout perdu – ajoute Piziali – et ne savent pas comment faire face à cette énième crise. Parmi les zones les plus touchées figurent les régions du Chocó et de Buenaventura, déjà confrontées à une extrême pauvreté et à une forte présence de personnes déplacées, due aux migrations internes.»

L'engagement de Cesvi pour faire face à la situation d'urgence

Des séismes d'une telle ampleur ont des conséquences dramatiques, non seulement parce qu'ils épuisent la population par manque de biens de première nécessité, mais aussi en raison de leurs répercussions sur le plan psychologique, susceptibles de générer de profonds traumatismes collectifs. «Notre action humanitaire – explique le directeur de l’ONG – vise particulièrement à mettre en place au plus vite des centres d’accueil dans la zone sinistrée, où, outre l'accès aux biens essentiels comme l’eau et les installations sanitaires, un soutien psychosocial adéquat est assuré». Selon l’organisation, il est nécessaire de répondre rapidement aux besoins des personnes afin de pouvoir ensuite lancer les programmes de relance et de développement économique. L’objectif principal de Cesvi demeure la restauration de l'autonomie des communautés, comme le confirme le directeur: «Nous espérons que, dès que la situation se stabilisera, les marchés locaux pourront redémarrer, ce qui nous permettra de mettre en place des programmes de soutien économique donnant aux familles la possibilité de subvenir directement à leurs besoins, sans plus dépendre de l’aide humanitaire».

Les plus jeunes sont en danger

Le séisme risque, en Colombie, d’aggraver les crises sociales qui touchent déjà le pays depuis longtemps. «La traite des mineurs en Amérique latine est un problème extrêmement grave», met en garde Piziali. Les enfants colombiens sont en effet particulièrement exposés au risque d’exploitation par des groupes armés, des paramilitaires ou des organisations criminelles. «La traite – explique le directeur – est un phénomène qui s’amplifie avec la désagrégation des cellules familiales, accélérée par la situation de confusion qui s’est installée dans le pays après le séisme.» Concernant les initiatives mises en place pour endiguer ce danger, il ajoute: «Il est important que les personnes qui interviennent dans ces contextes soient capables de dialoguer avec les mineurs, de leur faire comprendre qu’elles peuvent les aider, de les amener à s’exprimer, et de leur donner le sentiment d’être pris en charge et protégés.»

L'importance de l'opinion publique

La crise humanitaire n'épargne pas non plus les communautés autochtones, largement présentes dans les zones touchées par le séisme. «Le risque majeur – prévient le directeur de Cesvi – est que ce phénomène traumatisant puisse fragiliser davantage les communautés autochtones». Piziali souligne qu’il ne s’agira pas d’un engagement à court terme, car les conséquences de ce type de catastrophes ne s’arrêtent pas avec la fin des secousses. Cesvi, assure-t-il, mettra tout en œuvre pour «accompagner les personnes dans leur processus de relèvement, en accordant une attention particulière aux aspects environnementaux et à la protection des communautés autochtones». La priorité reste toutefois le maintien de l’attention de l’opinion publique internationale sur l’action des organisations humanitaires en Colombie qui constituent, comme le conclut le directeur général, «la seule lueur d’espérance dans un contexte où la population est épuisée et exposée à de multiples risques».

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19 août 2026, 09:07