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Effondrement meurtrier de la mine de Zamboï en Centrafrique, le 18 août dernier 2026. Effondrement meurtrier de la mine de Zamboï en Centrafrique, le 18 août dernier 2026. 

En Centrafrique, la mine de Zamboï fermé après l'éboulement meurtrier

Deux jours après son effondrement qui a fait au moins plusieurs dizaines de morts le 18 août dernier, le site minier d’or, à environ 50 km de Baboua, à la frontière du Cameroun, a été fermé sur décision des autorités centrafricaines. Le père Marcello Bartolomei, vicaire général du diocèse de Bouar, déplore un «désintérêt complet de la dignité humaine», et une exploitation de l'or «vraiment irresponsable».

Entretien réalisé par Myriam Sandouno – Cité du Vatican

Dans l'après-midi du mardi 18 août, précisément vers 15H00 GMT, sur le site aurifère très fréquenté d’exploitation artisanale de Zamboï, dans la préfecture de Nana-Mambéré, non loin de Garoua-Boulaï, dans la région camerounaise de l’Est, au moins 49 personnes ont perdu la vie: parmi lesquels 34 Centrafricains, 13 Camerounais et deux Tchadiens, selon un premier bilan officiel des autorités centrafricaines. Des chiffres contestés par plusieurs sources dans le pays qui évoquent des centaines de morts et de nombreux blessés. Les opérations de recherches étaient à l’arrêt ce jeudi, la mine d'or artisanale de Zamboï où travaillaient des centaines, voire des milliers de personnes, a été provisoirement fermée, a annoncé Rufin Benam-Beltoungou, le ministre centrafricain des Mines et de la Géologie.

Plusieurs personnes pourraient encore se trouver sous les décombres, tandis que des blessés ont été évacués et pris en charge dans les localités de Baboua, en Centrafrique, et de Garoua-Boulaï, au Cameroun. Des vidéos du drame, partagées sur les réseaux sociaux, montrent une importante masse de terre s'effondrer et ensevelir plusieurs orpailleurs artisanaux.

Cette tragédie relance en effet le débat sur les risques liés aux exploitations minières non conventionnelles. Pour le père Marcello Bartolomei, missionnaire de l'Ordre des Carmes déchaux et vicaire général du diocèse de Bouar qui vit en Centrafrique depuis plus de quarante ans, «il faut certes suspendre certaines activités minières artisanales dans le pays mais, estime-t-il, il faut évidemment se pencher sérieusement sur le réel problème qui réside dans l’activité d'exploitation qui manque de toutes formes de sécurité pour la vie des personnes». Dans une interview accordée aux médias du Vatican, le père Marcello revient sur les causes de l’éboulement, évoquant une «certaine anarchie» dans l’exploitation minière artisanale.

L’effondrement d’une mine d’or artisanale dans l’ouest de la Centrafrique, à la frontière avec le Cameroun, fait la une de l’actualité de ces derniers jours. Que s’est-il réellement passé? 

Nous avons eu la nouvelle d’un drame qui s’est produit le 18 août, dans un endroit où se trouve une mine d’or artisanale. Il s’agit d’un lieu appelé Zamboï créé comme un village, avec des milliers de personnes venues à la recherche de l’or. Ces gens viennent de plusieurs endroits de Centrafrique. Il y a donc eu un éboulement de terre, là où des jeunes cherchaient de l’or.

L’effondrement s’est produit, certainement, en raison de la pluie, car c’est la saison des pluies, mais aussi de la position de la mine qui se trouvait en contrebas, près d’une montagne de terre, qui avait été, en quelque sorte découpée en plusieurs plans par une entreprise chinoise, ainsi que par des Burkinabè qui préparent et délimitent aussi la zone d'exploitation.

Il y avait donc cette montagne de terre, de l'eau à proximité et, en dessous, un grand trou où se trouvait la mine d'or. On y creusait des tunnels pour faciliter la recherche de l’or. Il fallait également avoir des torches, car à l'intérieur, il n'y avait pas de lumière. Je dirais qu’il y a malheureusement eu cet effondrement, principalement à cause de l’absence de protection du site et également en raison aussi des pluies, ce qui a provoqué des centaines de morts et des centaines de blessés.

Ce site avait-il été signalé comme dangereux?

Ce lieu avait évidemment été signalé comme dangereux, tout comme d’autres sites, mais, on n’en tient pas compte, parce que ces entreprises reçoivent peut-être une autorisation. Ces sociétés accueillent des milliers de personnes, dont la plupart sont là pour rechercher de l'or. D'autres sont embauchées par ces entreprises. Il y a également des personnes qui viennent pour faire du commerce, profiter et donc installer des petites boutiques pour faire vivre ceux qui se trouvent sur place. C’est un lieu très dangereux pour la recherche de l’or, c’est un endroit où il n’y a aucune protection, aucune attention portée à la vie humaine. Cela était inévitable, il y a déjà eu d'autres cas.

Justement, mi-juin, un éboulement similaire avait fait plusieurs dizaines de morts en Centrafrique dans la mine d’or Bé-Mbari, également à la frontière avec le Cameroun. Ce qui laisse entrevoir une certaine défaillance dans la surveillance de l’exploitation minière artisanale...

Il n'y a aucune surveillance de l'exploitation minière artisanale. Les gens se contentent d’activer la recherche de l'or. Des routes et pistes sont faites, et dès que ces personnes savent qu'elles peuvent trouver de l'or, elles s'amassent par milliers et forment des petites cités, dans le but de gagner, et dans un bref délai, de l'argent qu’elles ne pourraient pas obtenir au cours de l’année. On parle d’un gramme d'or à cinquante mille francs CFA, ce qui représente beaucoup pour eux au cours des mois suivants. Alors les gens y vont pour apporter de l'argent à la maison, mais sans sécurité ni assurance. Cette situation démontre évidemment un désintérêt complet de la dignité humaine.

Au Cameroun, l'opposition est d'ailleurs montée au créneau pour dénoncer «ce drame qui dévoile l'inhumanité de ceux qui s'enrichissent et qui ne se préoccupent nullement des conditions dans lesquelles des compatriotes poussés par la misère opèrent »...

Il y a une certaine anarchie et toujours pas de surveillance permettant de garantir une exploitation respectant des critères valables. Alors, cela continue et on laisse ces entreprises exploiter l'or. Récemment, il y a eu des endroits où des gens cherchaient de l'or à proximité d’un fleuve, ce qui entraîne la pollution de ces fleuves. Ces cas sont très fréquents, cette exploitation de l'or menée de manière vraiment irresponsable est très fréquente.

Les gens vivent dans une certaine pauvreté et ont besoin de moyens pour subvenir à leurs besoins. Malheureusement, ils recherchent aussi ces lieux pour s'enrichir facilement, par rapport au travail quotidien, comme l'agriculture qui ne rapporte pas beaucoup. Nous espérons qu’après ce drame, et surtout au niveau national, on prendra conscience qu'il faut se pencher sur cette question d’exploitation de l'or.

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21 août 2026, 06:07