RDC: face à la guerre, la riposte contre Ebola se complique davantage
Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
Le docteur Michel Maneno rappelle d’abord que la maladie à virus Ebola est provoquée «par un virus, c’est-à-dire un agent infectieux». Cette maladie se manifeste par «plusieurs signes cliniques», notamment «des céphalées, des maux de tête, des vomissements, des saignements, de la diarrhée, de la fièvre et d’autres symptômes associés».
Alors que les autorités congolaises et l’Organisation mondiale de la santé expriment leur inquiétude face à cette nouvelle flambée, le médecin souligne que la situation actuelle du pays complique fortement la riposte sanitaire. «Cela s’inscrit aussi dans le contexte actuel de notre pays, marqué par la guerre que connaît la région», explique-t-il. «Ce contexte complique davantage la riposte contre cette épidémie.» Même s’il reste prudent sur le lien direct entre conflit et propagation du virus, docteur Maneno souligne que le contexte reste particulier où «toutes les données peuvent évoluer en fonction de la situation sur le terrain».
Respecter les mesures sanitaires
Face au risque de propagation, le spécialiste insiste sur l’importance des mesures de prévention déjà connues des populations. «Il faut que la population respecte d’abord les directives des autorités sanitaires», affirme-t-il. Parmi les recommandations figurent «les mesures barrières, la distanciation, l’évitement des contacts avec des personnes infectées ou avec des animaux contaminés».
Il appelle également à une grande prudence lors des enterrements: «Il est important de manipuler les corps des personnes décédées avec beaucoup de précaution». Concernant la prise en charge des malades, le docteur Michel Maneno indique que plusieurs traitements ont déjà été utilisés lors des précédentes épidémies. «Les recherches se poursuivent afin de trouver des médicaments et des molécules toujours plus efficaces», précise-t-il.
Au sujet du vaccin contre la souche bundibugyo, il souligne que, selon les informations disponibles, « le vaccin pour cette souche n'est pas encore, disponible, mais les études continuent ».
De lourdes conséquences sociales et économiques
Au-delà de l’urgence sanitaire, le médecin évoque également les répercussions de l’épidémie sur la vie quotidienne des populations. «Dans une situation d’épidémie, il y a toujours des répercussions sur le plan socio-économique», explique-t-il. Cette crise peut «perturber un peu la structure socio-économique de la population», notamment dans les domaines des déplacements, de l’économie ou du fonctionnement des structures de santé.
Devant la presse à Genève (Suisse) le directeur général de l'OMS, Tedros Adhanom Ghebreyesus a jugé «le risque épidémique comme étant élevé aux niveaux national et régional en Afrique centrale et faible au niveau mondial».
L'OMS a déclenché dimanche une alerte sanitaire internationale pour faire face à cette 17e flambée d'Ebola dans le vaste pays d'Afrique centrale de plus de 100 millions d'habitants, où sont frappées des provinces orientales difficilement accessibles par la route et en proie aux violences des groupes armés.
A ce stade, l'épidémie est suspectée d'avoir fait 139 morts sur près de 600 cas probables et pourrait se prolonger, même si le risque d'une pandémie est jugé "faible". Face à cette situation, les autorités sanitaires et les organisations internationales poursuivent leurs efforts afin de contenir la propagation du virus et renforcer la prise en charge des populations affectées.
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