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Une Libanaise priant lors de la messe présidée par le Pape à Beyrouth en décembre 2025. Une Libanaise priant lors de la messe présidée par le Pape à Beyrouth en décembre 2025.  (AFP or Licensors)

Liban: le ministre des Affaires étrangères demande l'aide du Saint-Siège

Dans un message publié sur X, Youssef Raggi a annoncé avoir demandé au Saint-Siège «d'intervenir et de servir de médiateur pour préserver la présence chrétienne» dans les villages du sud, à la frontière avec Israël, actuellement sous le feu des attaques. Il indique avoir reçu l’assurance que des contacts diplomatiques sont en cours pour mettre fin à l'escalade et empêcher le déplacement des citoyens.

Salvatore Cernuzio – Cité du Vatican

Le Liban fait appel au Saint-Siège pour obtenir son aide et sa protection afin de préserver la présence des chrétiens dans le sud du pays, à la frontière avec Israël, touchés par le déclenchement de nouvelles violences au Moyen-Orient, par des bombardements incessants et des ordres d'évacuation qui ont provoqué une crise humanitaire massive.

Youssef Raggi, ministre des Affaires étrangères du Pays des Cèdres, a fait savoir via son compte sur le réseau social X, qu'il avait eu dans la journée un entretien téléphonique avec l'archevêque Paul Richard Gallagher, secrétaire du Saint-Siège pour les Relations avec les États et les Organisations internationales. Le dialogue entre les deux hommes a également été confirmé par le directeur de la Salle de presse du Saint-Siège, Matteo Bruni.

Contacts diplomatiques

Mgr Gallagher et Youssef Raggi, selon ce dernier, ont «échangé leurs points de vue sur les derniers développements au Liban et sur la situation difficile des villages frontaliers dans le sud». Il annonce avoir «demandé au Saint-Siège d'intervenir et de servir de médiateur afin de contribuer à préserver la présence chrétienne dans ces villages, dont les habitants ont toujours soutenu l'État libanais et ses institutions militaires officielles, n’ayant jamais failli à cet engagement».

Mgr Gallagher, selon les informations fournies par le politicien libanais, «a affirmé que le Saint-Siège prenait toutes les mesures diplomatiques nécessaires pour mettre fin à l'escalade au Liban et empêcher le déplacement des citoyens de leurs terres». Il a également assuré que «le Liban a toujours été, et continue d'être, dans les prières de Sa Sainteté le Pape».

Les paroles du Pape à Beyrouth

Le Liban a en effet été, avec la Turquie, la destination choisie par Léon XIV pour son premier voyage apostolique international en décembre dernier. Au cours de ce voyage, parmi les différents thèmes abordés dans ses diverses déclarations publiques, le Souverain pontife avait justement abordé la question de l'hémorragie démographique des chrétiens dans le Pays du Cèdre, qui abrite la plus grande communauté chrétienne du Moyen-Orient, composée principalement de maronites, mais aussi de grecs orthodoxes, de melkites et d'arméniens. Le Pape avait défini le maintien des chrétiens comme une mission visant à bâtir une «civilisation de l'amour et de la paix». Le président Joseph Aoun lui-même, accueillant le Pape à Beyrouth, avait déclaré que «si les chrétiens du Liban venaient à disparaître, le fragile équilibre s'effondrerait et, avec lui, la justice».

Douleur pour le Moyen-Orient

Lundi, le Saint-Père a exprimé sa tristesse – relayée par la salle de presse du Saint-Siège – pour ce qui se passe dans les régions du Moyen-Orient, et en particulier pour les nombreux «innocents», surtout des enfants, victimes des bombardements. Parmi eux, le prêtre maronite Pierre El Raii, tué hier à Qlaya alors qu'il tentait de secourir l'un de ses paroissiens blessés lors d'une attaque qui avait touché une maison dans la région de sa paroisse, dans les montagnes.

Le cardinal secrétaire d'État, Pietro Parolin, est également intervenu dans la soirée sur cet épisode, affirmant que «même l'Église» n'est pas insensible aux «souffrances de la population». Il a également réaffirmé l'importance des instruments de la diplomatie, «instruments de la parole, de la raison, de la sagesse», mais qui ne sont pas toujours bien accueillis. «Nous ne disposons pas d'instruments coercitifs pour imposer notre vision des choses», a-t-il déclaré, assurant que le Saint-Siège continue «d'insister sur les principes fondamentaux qui doivent régir la coexistence civile et pacifique entre les peuples» et qu'il continue «de dialoguer avec tous». Quant au danger de ne plus avoir de présence chrétienne en Terre Sainte et au Moyen-Orient en général, le cardinal Parolin a affirmé que ce risque avait toujours été dénoncé par le Saint-Siège: «Il est certain que la guerre, la déstabilisation, les conflits, la haine qui s'intensifie, ne favorisent pas la présence des chrétiens, c'est donc une raison supplémentaire de s'inquiéter».

Proximité et prière

Au nom du Saint-Siège, le cardinal Michael Czerny, préfet du Dicastère pour le Service du développement humain intégral, a également exprimé sa proximité avec les Libanais ces derniers jours. Il y a exactement un an, en février 2024, il s'était rendu au Liban, alors que le pays sortait de la guerre entre Israël et le Hezbollah, à la demande du Pape François.

Le cardinal s'était rendu dans le sud du pays, visitant le village d'Alma al-Shaab et constatant de ses propres yeux les destructions causées par les bombardements qui n'avaient épargné ni les maisons ni les églises. Le cardinal Czerny a fait part de sa proximité aux habitants du village d'Alma al-Shaab, mais aussi à ceux de Rmeish, Ein Ebel, Debel et d'autres zones voisines, leur assurant de ses prières constantes en cette période dramatique.

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11 mars 2026, 12:29