RDC: soigner avec compétence, compassion et foi, le témoignage d’une médecin
Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
Pour Miché Zanina, l’exercice de la médecine repose avant tout sur des principes fondamentaux. «Agir dans le respect de la personne» est, selon elle, «l’élément le plus important». Chaque patient doit être accueilli «sans distinction d’âge, de sexe ou d’origine», car «toute personne qui se présente devant un médecin doit être accueillie sans discrimination». À ce respect s’ajoute un principe central de la formation médicale: «…. ne pas nuire». Elle rappelle l’importance d’évaluer constamment «le rapport bénéfices-risques dans la prise en charge des malades», soulignant que les traitements, bien que nécessaires, «ne sont pas toujours sans effets sur l’organisme».
Rigueur, conscience professionnelle et compassion au cœur du soin
La pratique médicale exige, selon elle, une vigilance permanente. «Il faut être rigoureux et consciencieux, car la moindre erreur peut être fatale. La vie humaine peut être perdue en un instant. Cela exige de rester constamment à jour, notamment par la lecture et la formation continue», insiste-t-elle. Cette responsabilité exige une mise à jour constante des connaissances, par la lecture, la recherche et la formation continue, afin d’offrir des soins toujours plus adaptés et sûrs.
Interrogée sur la place de la compassion dans son métier, Zanina la considère comme essentielle. Elle se réfère à la parabole évangélique du Bon Samaritain: «La compassion occupe une place très importante dans la profession médicale. Si l’on prend l’exemple du Bon Samaritain, il vient en aide à un inconnu parce qu’il se met à sa place. Il perçoit la douleur que cette personne traverse et choisit de la secourir». Cette capacité à percevoir la douleur de l’autre et à y répondre est, selon elle, une attitude indispensable pour le médecin, confronté quotidiennement à «la maladie, la souffrance et les épreuves». Compatir permet ainsi «une meilleure prise en charge» du patient, non seulement sur le plan clinique, mais aussi humain.
La foi, source de force et de discernement
La foi en Dieu occupe une place centrale dans la vie professionnelle de la médecin congolaise. «La foi en Dieu est pour moi quelque chose d’essentiel. Personnellement, elle me permet de garder un certain sang-froid. Il y a des situations que nous traversons avec les patients, des maladies qui parfois nous dépassent, et dans ces moments, nous sommes appelés à rester lucides et garder la foi», confie-t-elle, face à des situations parfois médicalement insolubles. Dans ces moments, elle dit se tourner vers Dieu «pour me ressourcer et puiser la force de continuer». Consciente que le médecin n’a pas toujours de solution, elle souligne que la foi aide à rester lucide et humble: «Nous avons besoin de Dieu pour obtenir l’aide et la clarté nécessaires afin de prendre la bonne décision». Elle évoque aussi la prière comme une manière de demeurer en communion avec les patients.
Parmi les souvenirs qui ont profondément marqué son parcours, elle évoque l’accompagnement d’un patient atteint d’un cancer à un stade avancé. «Il n’y avait plus grand-chose à faire médicalement». Pourtant, elle a choisi de rester présente: «J’ai passé beaucoup de temps avec lui, à lui parler et à l’écouter et je crois qu’il en avait véritablement besoin». Cette expérience, vécue dans la prière et l’écoute, continue de l’accompagner. Elle espère que ce patient «a trouvé la paix auprès de Dieu».
Engagement collectif et solidarité
Miché Zanina est également engagée dans le Mouvement international des étudiants catholiques, actif à Kinshasa. Ce cadre lui permet de participer à des initiatives concrètes: «visites dans les orphelinats et les hôpitaux, partage de temps, d’écoute et de présence, ainsi que des échanges sur des thématiques médicales et sociales».
En outre, elle ne cache pas la tension quotidienne entre la monétisation des soins et la volonté de servir. «Très souvent, nous sommes confrontés à des patients qui n’ont pas les moyens financiers nécessaires», confie-t-elle. Si les équipes tentent de faire «le maximum pour les aider», les contraintes administratives demeurent lourdes, et «agir uniquement dans la charité peut aussi fragiliser l’hôpital». Chaque situation devient alors un combat pour trouver des solutions, parfois grâce à des donateurs ou à des orientations vers d’autres structures.
Un message d’espérance aux malades
Pour conclure, Miché Zanina adresse un message de réconfort aux personnes souffrantes: «Garder confiance en Dieu, le médecin par excellence, est la meilleure chose à faire». Elle invite à conserver «l’espérance et, autant que possible, la joie intérieure», convaincue que même dans la maladie, «partager un peu de joie avec les autres permet qu’elle grandisse et aide à traverser l’épreuve sans rester enfermé dans la souffrance».
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