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Une fidèle catholique congolaise en prière. Une fidèle catholique congolaise en prière. 

Noël à Uvira, dans l’ombre de la peur mais aussi de l’espérance

Dans l’est de la République Démocratique du Congo, la situation sécuritaire reste très précaire dans la ville d’Uvira, située non loin de la frontière burundaise. Pourtant, la semaine dernière la rébellion du M23, des paramilitaires soutenus par le Rwanda, a annoncé son retrait, mais, sur le terrain les combats se poursuivent. Pour les chrétiens qui s’apprêtent à célébrer Noël, le climat est difficile. Comme le témoigne l’abbé Dominique Alama Pona, prêtre du diocèse d'Uvira.

Augustine Asta - Cité du Vatican

Les chrétiens d’Uvira, dans l’est de la République démocratique du Congo, où se poursuivent les combats, vivent dans la crainte. Malgré le retrait annoncé des troupes de l’AFC/M23, soutenus par Kigali, de nouveaux affrontements ont éclaté lundi 22 décembre dans cette localité. Ces échanges de tirs opposeraient des rebelles de l’AFC/M23 à des combattants Wazalendo, alliés aux autorités de Kinshasa.

Entretien avec l’abbé Dominique Alama Pona, prêtre du diocèse d'Uvira.

Un Noël difficile à organiser

Joint par téléphone, l’abbé Dominique Alamo Pona, prêtre du diocèse d'Uvira, témoigne du climat d’incertitude et de peur qui règne sur place. En effet, la ville a été réveillée le 22 décembre par des «tirs nourris provenant des montagnes qui surplombent Uvira». «C’était des crépitements de balles toute la journée, de 8 h à 18 h. Des armes lourdes et légères. C’était une journée très difficile», rapporte-t-il, précisant que dans la ville la situation est «compliquée». Car, explique le curé, «on ne sait pas vraiment qui contrôle quoi». 

Aujourd’hui «la population vit dans la psychose liée à la situation sécuritaire». La voix grave, l’abbé Dominique Alama Pona, révèle que «la population fui les zones proches des affrontements». «Ma paroisse, poursuit-il, c’est le lieu même des combats, un champ de bataille». «Actuellement tout le monde a fui», insiste-t-il, ajoutant avoir trouvé refuge chez des confrères.

«Tout est flou»

À Uvira, les autorités locales «restent absentes». «Il n’y a toujours pas d’administration installée ici, et la population essaie de poursuivre ses activités, mais toujours avec la crainte que tout puisse changer à tout moment», déplore-t-il. Malgré la «présence de policiers vêtus de noir», «je ne peux ni confirmer ni infirmer que le M23 s'set sont retiré», avoue-t-il, «tout est flou».

Après s'être emparé des grandes villes congolaises de Goma en janvier, puis de Bukavu en février, l'AFC/M23 a lancé début décembre une nouvelle offensive dans la province du Sud-Kivu, le long de la frontière burundaise, alors que la République démocratique du Congo et le Rwanda procédait à la signature d’un accord de paix sous l’égide du président Donald Trump. Le 10 décembre, le groupe armé a pris le contrôle d'Uvira, ville stratégique de plusieurs centaines de milliers d'habitants qui permet de contrôler la frontière terrestre avec le Burundi, allié militaire de Kinshasa.

Un appel à la paix et à la solidarité

Face à cette situation, l’abbé Dominique Alamo Pona, lance en cette veille de noël, un appel à la paix. «Nous sommes fatigués de cette situation, et nous espérons que le Prince de la paix nous apportera une paix durable», déclare-t-il. Il souligne également la nécessité d’un soutien humanitaire pour ceux qui ont tout perdu dans les combats. «Il y a ceux qui ont perdu leurs biens, et ceux qui ont perdu des membres de leur famille. Il est urgent que les personnes de bonne volonté viennent en aide à ceux qui sont dans le besoin», plaide-t-il, avant de recommander aux habitants de confier leurs souffrances au Seigneur.

Le prêtre demande également aux fidèles de maintenir allumée la flamme de la foi et de l’espérance. «C’est une période de Noël difficile, mais nous prions pour que la paix revienne enfin dans nos vies», conclut-il, invitant ses paroissiens à se rassembler dans la prière, même dans un climat d'incertitude et de peur.


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24 décembre 2025, 07:54