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Des gardes du gouvernement d'union nationale,. à Tripoli en Libye, le 25 septembre 2018. Des gardes du gouvernement d'union nationale,. à Tripoli en Libye, le 25 septembre 2018.  

La Russie joue sa carte en Libye

Les États-Unis ont dénoncé la présence de mercenaires russes en Libye. Si ces derniers ne sont pas directement liés au gouvernement russe, leur présence est symptomatique de l’intérêt de Moscou pour le pays. Un intérêt partagé par d’autres puissances.

Entretien réalisé par Xavier Sartre – Cité du Vatican

Dimanche 24 novembre une délégation américaine a rencontré le maréchal Khalifa Haftar qui contrôle l’Est de la Libye. Elle en a profité pour dénoncer la présence de deux cents à trois cents mercenaires russes travaillant pour la société privée Wagner, connue pour ses contrats dans plusieurs pays comme la Syrie ou la République centrafricaine, et a mis en cause la Russie qui nie tout lien avec ces hommes armés. Washington, pour sa part, soutient «pleinement la souveraineté et l’intégrité territoriale de la Libye» et demande ainsi au maréchal Haftar de travailler à une solution pacifique et politique du conflit en cours et au départ de ces troupes étrangères.

Ce n’est pas la première fois que les Américains abordent le sujet de la présence russe aux côtés du gouvernement de l’ancien général du colonel Kadhafi, précise Moncef Djaziri, professeur à l’Université de Lausanne et spécialiste de la Libye. La destruction d’un drone américain au-dessus de Tripoli a été attribué par les forces américaines aux mercenaires russes, même si l’armée du maréchal Haftar a reconnu une erreur, semblant exonérer les paramilitaires. De cet incident, sont reparties les récriminations de Washington.

La Russie joue sur les deux tableaux 

Pour Moncef Djaziri, plus que l’engagement de ces troupes de Wagner, c’est la présence officielle cette fois, d’experts et de conseillers militaires russes auprès du maréchal Haftar qui est préoccupant. Cette aide montre bien l’intérêt que le gouvernement russe nourrit pour la Libye, un intérêt bien antérieur au renversement du colonel Kadhafi par la coalition internationale. «La Russie a deux fers au chaud» explique le chercheur. D’un côté elle soutient tout comme le restant de la communauté internationale le gouvernement de Fayez al-Sarraj, de l’autre elle apporte une assistance au camp opposé, se montrant volontiers comme la seule puissance capable de faire dialoguer les deux parties.

En s’investissant ainsi de la sorte, Moscou veut se positionner pour obtenir de futurs contrats liés à la reconstruction du pays et à ses ressources énergétiques, précise Moncef Djaziri. Il veut aussi obtenir un gain stratégique, la Russie cherchant depuis longtemps à prendre pied sur la rive méridionale de la Méditerranée en s’assurant au moins un port comme en Syrie.

Mais cette présence ambivalente de la Russie n’est pas la seule, nuance le professeur de l’Université de Lausanne. La Turquie a ainsi signé mercredi un nouvel accord militaire avec le gouvernement libyen d’union nationale. Les liens entre les deux armées seront renforcés selon les autorités des deux pays. Ce qui n’est pas moins inquiétant estime Moncef Djaziri. 

Interview de Moncef Djaziri

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29 novembre 2019, 06:54
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