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Une autochtone déplacée par les violences des groupes armés dans l'Etat du Chiapas, au Mexique en 2021. Une autochtone déplacée par les violences des groupes armés dans l'Etat du Chiapas, au Mexique en 2021.   (AFP or licensors)

Au Mexique, les évêques alertent sur la traite des personnes vulnérables

Dans un message publié à l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre la traite d’êtres humains, la Commission épiscopale pour la pastorale sociale du Mexique a dénoncé la gravité des nouvelles formes d’esclavage, des discriminations et du travail forcé en particulier, par les réseaux criminels. Les principales victimes sont les migrants, les autochtones et les afro-mexicains.

Giovanni Zavatta - Cité du Vatican

«La traite des êtres humains doit être reconnue comme une forme moderne d’esclavage et comme une grave violation de la dignité humaine». C’est ce qu’ont réclamé la Commission épiscopale pour la pastorale sociale du Mexique et la Caritas nationale à l’occasion de la Journée mondiale de la lutte contre la traite d'êtres humains ce 30 juillet.

Les évêques mexicains estiment que «ne pas réagir avec fermeté ou tolérer d’une manière ou d’une autre ces pratiques signifie, dans une certaine mesure, se rendre complice aujourd’hui des péchés commis hier». La Commission épiscopale et la Caritas mexicaine ont tenu à dénoncer à nouveau les discriminations et les abus dont sont victimes en particulier les personnes migrantes, les agriculteurs, les populations autochtones et la communauté afro-mexicaine au Mexique.

Un fléau aggravé par la xénophobie et le racisme

Dans un message de Mgr Eugenio Andrés Lira Rugarcía, président de la Pastorale de la mobilité humaine, et de Mgr José Hirais Acosta Beltrán, président de la Pastorale des Peuples Autochtones et Afro-mexicains, tous deux soulignent que ce crime frappe surtout les tranches les plus vulnérables de la population du Mexique, sous forme de trafic d’êtres humains et d’organes pour financer les activités illicites. Par ailleurs, les organisations criminelles forcent les victimes à collaborer avec les cartels de drogue sous menace continue. Les trafiquants, précisent les évêques, assujettissent les personnes par la prostitution et le travail domestique dans les zones touristiques et industrielles.

La xénophobie et le racisme aggravent la situation de ces populations, alertent-ils, mais surtout le manque de protection de la part de l’État et l’inaction des institutions, qui favorisent l’impunité des groupes criminels et le «recrutement» des victimes. Des personnes qui souffrent d’oppression et coercition sur leurs lieux de travail, subissant même le «manque de paiement des salaires», tout en restant prisonnières de cette captivité.

«Nous formons tous une seule et même famille»

Face à une telle situation, la solidarité humaine est d’autant plus importante, soulignent les évêques mexicains, citant la Genèse, 4, 9 qui rappellent que la Parole de Dieu nous interpelle avec cette question: «Où est ton frère?».  Il est recommandé aux citoyens de refuser l’exploitation par le travail, l’exploitation sexuelle et domestique sous toutes ses formes, et d’éviter la consommation de produits fabriqués par le travail forcé dans la région.

Pour parvenir à un changement efficace, il faut toutefois que les institutions soutiennent les initiatives de prévention, d’orientation et de protection. «Nous formons tous une seule et même famille», souligne encore la Commission épiscopale du Mexique, en expliquant que la participation des citoyens est fondamentale pour éradiquer ce problème social: «la traite des êtres humains n’est pas invincible» si les communautés parviennent à unir leurs forces de manière efficace. D’où l’appel à ne pas perdre espoir, car ensemble, conclut le message, «nous pouvons la vaincre et faire de ce monde un endroit meilleur pour l’humanité».

La réalité des peuples indigènes et afro-descendants

Lors d’un récent forum intitulé «Où est ton frère? La traite des êtres humains: un premier aperçu de la réalité des peuples autochtones et d’ascendance africaine », qui a réuni des acteurs pastoraux venus notamment du Panama, de l’Équateur, du Guatemala et du Honduras, il est apparu qu’au Mexique, 45 victimes de la traite sur cent appartiennent à des communautés autochtones.

L’exploitation sexuelle et par le travail, notamment dans le secteur agricole (de plus en plus souvent par le biais de fausses offres diffusées sur les réseaux sociaux), les mariages forcés et le recrutement d’adolescents pour des activités criminelles constituent les délits les plus courants. Dans le cadre de ce forum, il a été proposé de renforcer la coordination entre les paroisses, les diocèses, les régions pastorales et les conférences épiscopales, d’élargir les programmes de formation des agents pastoraux et d’utiliser les outils numériques comme outils de sensibilisation et de dénonciation.



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01 août 2026, 12:55