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Près de la frontière de Fnideq, au Maroc, des files de jeunes hommes sont repartis en masse de l'enclave de Ceuta le vendredi 31 juillet 2026. Près de la frontière de Fnideq, au Maroc, des files de jeunes hommes sont repartis en masse de l'enclave de Ceuta le vendredi 31 juillet 2026.   (ANSA)

L'Église espagnole appelle au respect de la dignité des migrants à Ceuta

Alors que les gardes civils poursuivaient la recherche des disparus qui auraient tenté de rejoindre ces derniers jours à la nage l'enclave espagnole au Maroc, la Conférence des évêques exhorte à la protection des droits des personnes migrantes. «La quasi-totalité» des migrants serait rentrée au Maroc selon le chef de la diplomatie espagnole ce samedi 1er août.

Vatican News

Alors que l’Europe continue de débattre sur la gestion de l’urgence migratoire à Ceuta, plusieurs dizaines de personnes qui tentaient de traverser en direction de l’enclave espagnole ont encore été retrouvées mortes en mer. Les gardes civils continuaient leurs recherches dans la zone de la digue de Tarajal ce premier août. Une morgue provisoire a été installée dans le port en attendant l'identification des corps, avec l'arrivée d'experts médico-légaux venus d'Espagne continentale.

Le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a quant à lui assuré que «la quasi-totalité» des quelque 60 000 migrants qui avaient quitté le territoire étaient déjà rentrés au Maroc, soulignant que l’intégrité de l’espace Schengen «est absolument garantie» et rappelant qu’il n’est pas possible de rejoindre la péninsule ibérique depuis Ceuta et Melilla sans passer par des contrôles de police. Selon les autorités, ce sont plus de 53 000 personnes qui ont déjà regagné la frontière.

L’aide de l’Église espagnole

Face à cet afflux soudain de migrants, l’Église espagnole a lancé un appel pour que la gestion de l’urgence respecte la dignité des personnes. Le directeur du département des migrations de la Conférence épiscopale espagnole, le père Fernando Redondo Pavón, qualifie ces événements de «crise humanitaire», soulignant le nombre de victimes recensées lors de leur tentative d’atteindre l’enclave.

En réponse, le diocèse de Cadix-Ceuta a mis ses structures d’accueil à la disposition des autorités et de ces candidats à l’exil. Certains centres offrent une aide spécifique aux plus vulnérables, notamment les migrants malades ou blessés. Par ailleurs, les paroisses de la ville de Ceuta consacreront les offrandes recueillies lors des célébrations eucharistiques de ce week-end au soutien et à l’accompagnement des personnes arrivées ces derniers jours.

Le département des migrations de la Conférence épiscopale espagnole a également publié un communiqué dans lequel il réaffirme que toute mesure adoptée pour faire face à cette crise doit respecter la loi et garantir à tout moment un traitement pleinement humain à l’égard des migrants.

Ne pas manipuler l’opinion publique

Le père Fernando Redondo Pavón demande par ailleurs que cette situation ne soit pas instrumentalisée à des fins politiques ou partisanes, rejetant ainsi les affirmations qui établissent un lien entre l'arrivée des migrants et la régularisation extraordinaire approuvée il y a quelques mois, en soutenant que ce lien «ne correspond pas à la vérité».

Le directeur du département des migrations rappelle qu’une situation similaire s’était déjà produite à Ceuta en 2021, alors que ce processus de régularisation n’existait pas. «Cela revient à manipuler l’opinion publique», conclut-il, en réaffirmant que toute réponse à la crise doit placer au centre la protection de la dignité et des droits des personnes.



Le front politique européen

Cette situation d’urgence a ouvert et continue d’ouvrir un vaste front de débats politiques en Europe. Le chancelier allemand, Friedrich Merz, a demandé au Maroc de réadmettre immédiatement les migrants en situation irrégulière. La France et le Royaume-Uni ont proposé leur soutien à Madrid. Le président français, Emmanuel Macron, a ordonné le renforcement des contrôles à la frontière avec l’Espagne et a confirmé la volonté de Paris d’apporter une aide supplémentaire. La présidente de la Commission européenne, a, elle, qualifié d’«inacceptables» les images en provenance de Ceuta. Ursula von der Leyen réaffirme que les passages irréguliers doivent cesser et que les retours doivent avoir lieu rapidement, dans le respect des règles européennes. Bruxelles a par ailleurs rappelé qu’une éventuelle réintroduction des contrôles aux frontières intérieures de l’espace Schengen doit être notifiée et dûment justifiée.

Rome et Madrid en opposition

Un rappel d’autant plus nécessaire, que la crise a provoqué un conflit entre Rome et Madrid. À compter de ce premier aout, l’Italie a suspendu pour un mois l’application des règles de Schengen à l’égard de l’Espagne, réintroduisant des contrôles aux frontières aériennes et maritimes pour les voyageurs non ressortissants de l’UE en provenance de la péninsule ibérique. Bruxelles attend désormais la notification officielle de la décision italienne, rappelant que la suspension des contrôles internes n’est autorisée qu’en cas de menace grave pour l’ordre public ou la sécurité.

Cette mesure a exacerbé le bras de fer entre les gouvernements des deux bords de la Méditerranée: le Premier ministre espagnol, Pedro Sánchez, a appelé vendredi au respect des traités européens, alors que le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a insisté sur la nécessité de lutter contre le risque d’infiltrations terroristes. L'Italie a déposé une demande de convocation urgente d'une vidéoconférence extraordinaire des ministres de l'Intérieur de l'Union européenne afin de définir une réponse commune à la crise.

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01 août 2026, 17:40