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15 agosto assunzione Maria al cielo, Madonna Assunta

Au sanctuaire de Banneux, l’Assomption apporte consolation et espérance

La «Vierge des Pauvres» est célébrée ce 15 août à Banneux en Belgique où elle est apparue huit fois à une fillette de onze, Mariette Beco, près de son domicile, entre le 15 janvier et le 2 mars 1933. En cette solennité de l’Assomption, l’abbé Léo Palm, recteur du sanctuaire, explique que «Marie montée au ciel, redescend aussi. La Vierge ne se cantonne pas au paradis, mais nous rejoint pour nous éviter de nous égarer et nous empêcher tout engagement dans des voies sans issue».

Entretien réalisé par Myriam Sandouno – Cité du Vatican

Ce samedi 15 août, des milliers de fidèles chrétiens catholiques à travers le monde, célèbrent avec une immense ferveur, l’assomption de la Vierge Marie, l’élévation de la Mère de Jésus au Ciel. «Tout comme dans le ciel où elle est déjà glorifiée corps et âme, peut-on lire dans Lumen gentium, la Mère de Jésus représente et inaugure l’Église en son achèvement dans le siècle futur, de même sur cette Terre, en attendant la venue du jour du Seigneur, elle brille déjà devant le Peuple de Dieu en pèlerinage comme un signe d’espérance assurée et de consolation

Au sanctuaire Notre-Dame de Banneux, près de Liège en Belgique, la fête de l’Assomption revêt une importance toute particulière. La «Vierge des pauvres» est apparue à huit reprises en 1933 à la jeune Mariette Beco. «Notre-Dame est apparue ici le 15 janvier de cette année-là en plein hiver, (pour la première fois). Ce n’est pas à cette date que les foules viennent célébrer avec nous, mais nous nous rattrapons le 15 août. Le sanctuaire peut accueillir jusqu'à 25 000 pèlerins», affirme son recteur, l’abbé Léo Palm. Dans une interview accordée aux médias du Vatican, l'abbé revient sur le sens de l'Assomption de Marie, qui continue d’être «proche de ses enfants» avec ses apparitions dans le village de Banneux, tout en évoquant également l’accompagnement assuré par le sanctuaire auprès des malades.

Abbé Léo Palm, l’Église célèbre ce 15 août la solennité de l’Assomption. Quel message cette célébration mariale peut-elle transmettre à notre société actuelle?

C'est une grande fête, et ce qui est très beau, c'est évidemment de se dire que celle qui est montée au ciel avec son âme et son corps ne s'est pas installée confortablement au paradis. Mais, quand elle voit que notre monde est en difficulté, elle demande au Père Céleste de pouvoir nous rejoindre. Donc Marie montée au ciel, redescend aussi. La Vierge ne se cantonne pas au paradis, mais elle se dit, il faut que je les rejoigne, il faut que je les empêche de s'égarer, de s'engager dans des voies sans issue. Il faut qu'ils découvrent que mon Fils est vraiment le sauveur du monde. C'est cela qui m'émerveille toujours. Pour moi, je le dis régulièrement, c'est aussi la preuve que le paradis n'est pas une illusion. Ce qui est arrivé à Marie, arrivera à chacun d'entre nous. Un jour, «on sera corps et âme auprès du Seigneur». Un corps transfiguré, évidemment, mais c'est notre personne qui est accueillie dans l'éternité.

À Banneux, le sanctuaire de la Vierge des pauvres a été construit après les apparitions. Pourriez-vous nous raconter cette belle histoire de rencontre entre Notre-Dame de Banneux et Mariette Beco?

Banneux se trouve en Belgique francophone, dans la province et le diocèse de Liège. À l'époque, il faut le souligner, le diocèse était trilingue. Donc ici, on parlait les trois langues du pays, le français pour commencer, le néerlandais ou le flamand, et puis l'allemand. La Belgique est assez connue pour ses problèmes linguistiques, et Notre-Dame a eu la bonne idée de venir dans un diocèse où on parlait les trois langues, comme pour nous dire: (Rires) «Vous n'allez pas vous disputer à cause du lieu où je suis venue, je viens et j'espère vraiment que, au-delà des langues, vous allez accueillir mon message qui n'est pas seulement destiné aux Belges évidemment, mais qui est destiné à toute l'Église, à toutes les nations».

Tout commence un dimanche soir, pour être précis, le 15 janvier 1933, vers dix-neuf heures, Mariette Béco, qui est l'aînée de sept enfants, se tient à la fenêtre. Elle guette le retour de son frère Julien, qui est en vadrouille depuis l'après-midi. Puis, ce n'est pas Julien qui apparaît, mais une belle dame. Elle l'identifie immédiatement comme la Vierge Marie. Lorsqu'on observe la représentation de Notre-Dame de Banneux, on est frappé par la ressemblance avec Notre-Dame de Lourdes. Elle porte les mêmes vêtements et même au niveau, je dirais, du message, et au niveau de ce qu'elle nous propose, il y a beaucoup de points communs. 

Notre-Dame est aussi apparue ici le 11 février 1933, jour de l'anniversaire de la première apparition à Bernadette Soubirous dans la grotte de Massabielle. Et au fond, il y a une source. Il y a cette invitation aux malades de venir pour que leurs souffrances soit soulagése, et puis cette invitation à toutes les nations de venir en pèlerinage. Donc je dis souvent que Banneux est la petite sœur de Lourdes, et nous sommes très fiers et heureux d'être la petite sœur. Quand Mariette lui pose la question: «Qui êtes-vous, belle dame? Elle répond: "Je suis la Vierge des pauvres"».

Un nom que Marie se donne elle même et qui convient parfaitement aux réalités de cette époque…

Il y avait depuis quatre ans une grave crise économique dans le pays. Beaucoup avaient perdu leur travail et étaient face à la pauvreté. Marie est donc venue se mettre résolument du côté des pauvres. C'est vraiment un nom qui touche les cœurs, pas seulement ici en Belgique. En réponse à cette présence de la "Vierge des pauvres" qui voudrait être disponible pour tous, le sanctuaire est aussi prêt à envoyer des statues dans des lieux où règne la pauvreté, c'est à dire auprès de gens qui ne pourront jamais venir en pèlerinage, puisqu'ils n'en ont pas les moyens financiers. Mais on voudrait que la "Vierge des pauvres" soit présente là où on peut la vénérer, se confier à elle. Nous avons déjà envoyé près de sept mille statues dans le monde entier, et cela est très apprécié. Je dois donner raison à Jésus qui dit des pauvres, «Vous en aurez toujours avec vous». Je pense que Marie aura un rôle à jouer en tant que "Vierge des pauvres" jusqu'à la fin des temps.

Chaque année, de nombreux pèlerins, parmi lesquels des malades, se rendent dans ce sanctuaire pour confier à Notre-Dame de Banneux leurs souffrances. Comment le sanctuaire accompagne-t-il ces malades et ceux qui vivent une situation de précarité?

Banneux est vraiment un lieu où les malades sont accueillis. Je dirais comme des hôtes d'honneur. Ils viennent et ils savent que Marie vient soulager leurs souffrances. Et parfois, elle accorde des guérisons. Nous sommes évidemment là pour accueillir tous ceux qui viennent avec toute leur pauvreté. Il n'y a pas que la pauvreté matérielle, bien évidemment, il y a beaucoup de gens qui vivent des drames familiaux, un divorce. Là, il y a la pauvreté relationnelle. Puis il y a une pauvreté,  presque morale ou spirituelle, qui se fait ressentir. Banneux est un lieu accueillant, comme beaucoup de lieux de pèlerinage.

Sanctuaire Notre-Dame de Banneux en Belgique, la chapelle
Sanctuaire Notre-Dame de Banneux en Belgique, la chapelle

Quelle place occupe l’eau de la source dans la dévotion des pèlerins?

Marie a conduit Mariette à la source à quatre reprises sur les huit apparitions. Et le premier geste qu'elle demanda à Mariette, était de «pousser les mains dans l'eau», il y avait une couche de glace et il faisait -12 degrés ce soir-là. À travers ce geste, Marie nous demande de briser la glace qui est entre nous, entre nous et le Bon Dieu, mais aussi entre les différentes cultures, les différents peuples. La Vierge invite à pousser les mains dans l'eau, et c'est un geste que tout le monde fait. Pour nous chrétiens, évidemment, c'est le geste qui nous rappelle le baptême de toutes les nations: «Faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit et apprenez leur à garder mes commandements». Et donc «pousser les mains dans l'eau», c'est un peu comme à l'entrée de l'église où l'on pousse la main dans le bénitier, fait le signe de croix, se souvenant que l’on est enfant de Dieu. Quand Jésus dit: «De toutes les nations faites des disciples», on est tous appelés à devenir enfants de Dieu. Je pense que c'est ce que Marie veut nous rappeler, et cela veut dire: «N'oubliez pas que vous avez une vocation d'enfant de Dieu».

Lorsqu’elle dit: «Cette source est pour toutes les nations», c'est un aspect du message qui s'est vraiment développé seulement après la Seconde Guerre mondiale à Banneux qui n'est pas loin des frontières de l'Allemagne, de la France, du Luxembourg, des Pays-Bas et même de l'Angleterre. Et donc, les pèlerins viennent de ces pays limitrophes de la Belgique, jusqu'à Banneux, qui est devenu un lieu pour prier, pour la réconciliation, pour la paix. C'est d'ailleurs le thème choisi par le sanctuaire cette année ("Conduis nos pas au chemin de la Paix"). En Europe, nous sentons quand même que la paix se fragilise et est plutôt précaire actuellement.

Je pense aussi aux réfugiés qui sont installés chez nous, notamment aux Irakiens qui sont le plus grand groupe à venir célébrer ici. Ils viennent avec ce poids de la guerre civile qui les a obligés à partir. Il y a les Arméniens qui viennent encore de vivre une guerre il n'y a pas si longtemps; les Kosovars qui viennent et qui ont dû fuir leur pays. Nous avons beaucoup de Rwandais, de Burundais et de Congolais. Ils sont tous, je dirais, porteurs d'une grande souffrance. S'ils sont chez nous en Europe, c'est souvent parce qu'ils ont dû quitter leur terre, parce que la guerre civile a fait rage.

Il y a également des Ukrainiens qui sont là. Et chez eux, la guerre se déchaîne jour après jour et toutes les nuits, ils ne cessent de compter leurs morts. Quand tombe le matin, c'est vrai qu’ils n'ont pas le cœur en joie, c'est un fait, mais, Marie quitte le ciel pour nous rejoindre et nous dire: «Je suis la Vierge des pauvres», je viens soulager la souffrance. Elle ne le dit pas dit au passé, mais au présent, «Je viens». C'est une promesse qu'elle nous a faite à Banneux, mais pas seulement à Banneux, bien évidemment.

À vous entendre abbé Léo, on ressent cette joie de servir au sanctuaire de Banneux et d'expérimenter les merveilles de la Vierge...

Oui, c’est une grâce de pouvoir travailler dans un lieu qui a été visité par la Vierge Marie. Et je me dis que c'est vraiment un cadeau du ciel. Les pèlerins viennent confier à la Vierge des pauvres, leurs intentions, leurs soucis et fardeaux. J'ai la chance d'être là au service de Notre-Dame, c'est une très belle mission qui me met en contact avec des pèlerins du monde entier, ce qui est évidemment assez passionnant.

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15 août 2026, 14:52