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Mgr George Cosmas Zumaire Lungu, évêque de Chipata, en Zambie. Mgr George Cosmas Zumaire Lungu, évêque de Chipata, en Zambie. 

En Zambie, Mgr Lungu souhaite que les responsables politiques soient à l’écoute des citoyens

L’évêque de Chipata expose les défis auxquels la population est confrontée et fait part de ses espoirs pour la Zambie. Être à l’écoute des difficultés des gens, surtout des plus pauvres: c’est ce que Mgr George Cosmas Zumaire Lungu attend des responsables politiques de son pays d’origine. «En Zambie, affirme-t-il, les régions rurales sont souvent oubliées lorsqu’il s’agit de questions liées au développement.»

Anne Preckel – Chipata (Zambie)

Chipata est située dans la province orientale de la Zambie, non loin de la frontière avec le Malawi. Lorsqu’on arrive dans l’arrière-pays depuis cette métropole commerciale animée, les routes sont bordées de champs arides. Dans ce district à vocation agricole, plus verdoyant que le sud-ouest poussiéreux, le tabac, le coton, les arachides et le maïs constituent les principales cultures.

«La plupart des gens ici sont pauvre, rapporte l’évêque de Chipata, Mgr George Cosmas Zumaire Lungus. Ce sont de petits agriculteurs qui dépendent de la terre et de la récolte pour subvenir à leurs besoins, mais qui ne disposent souvent pas des moyens nécessaires, comme par exemple les engrais». Et il ajoute: «En Zambie, les régions rurales sont souvent oubliées lorsqu’il s’agit de questions liées au développement.»

Des conditions difficiles 

Pour les petits agriculteurs, la survie dépend du bétail – des poulets ou, dans le meilleur des cas, des porcs, des chèvres ou des vaches – ainsi que de la culture, de la récolte et de la vente. La pauvreté et les problèmes d’infrastructures, la sécheresse et le changement climatique les mettent à rude épreuve.

«Pour commercialiser leurs produits, il faut aussi des routes en bon état», affirme l’évêque à propos des défis infrastructurels. «Et que dire de l’environnement? Parfois, le climat est excellent, d’autres fois, il est tout simplement catastrophique. Il est donc très imprévisible, et il y a aussi des situations d’urgence qui détruisent les ressources dont dépendent les gens.»



Dans les zones rurales, les gens vivent souvent sans électricité ni eau courante et parviennent à peine à joindre les deux bouts. Dans leur lutte quotidienne pour la survie, ils vivent au jour le jour. La scolarisation n’est pas toujours possible, les soins de santé sont insuffisants et la mobilité est limitée; beaucoup de gens se déplacent à pied. Environ 60 % de la population zambienne est considérée comme extrêmement pauvre; dans les zones rurales, ce pourcentage est encore plus élevé.

Un peu d’engrais ne suffit pas

Compte tenu de la situation précaire de l’agriculture, Mgr George indique que le gouvernement zambien a déjà tenté de s’attaquer à certains de ces problèmes. «Mais nous devons probablement en faire davantage», observe-t-il, suggérant que des solutions plus complètes et plus globales sont nécessaires. Car, «s’il n’y a pas de marché, c’est un problème.»

Si, par exemple, les agriculteurs reçoivent de petites quantités d’engrais, c’est un peu comme verser une goutte d’eau sur un feu: «Car il s’agit aussi de commercialisation. Un agriculteur peut travailler dur dans les champs et peut-être produire suffisamment, mais que se passe-t-il ensuite? S’il n’y a pas de marché, c’est un problème.» La situation est tout aussi difficile lorsque les prix fixés «ne sont pas avantageux pour les agriculteurs» et leur permettent à peine de couvrir tous leurs coûts. Cependant, ces derniers temps, le gouvernement encourage la diversification et, en partie, les cultures résistantes au changement climatique.



Un immense potentiel, peu de justice 

Outre l’agriculture, l’industrie minière est un pilier de l’économie zambienne. Dans la «Copperbelt», qui s’étend à travers le centre de la Zambie et le sud-est de la République démocratique du Congo, on extrait du cuivre, du cobalt et d’autres métaux. De nouveaux gisements de lithium, très convoité, et même d’uranium ont récemment été découverts. Cependant, comme dans d’autres pays africains, les revenus de cette importante région minière ne profitent pratiquement pas aux citoyens. Et d'ajouter: «Si l’on n’a pas le contrôle, on ne fait que perdre du temps. Les gens veulent avoir le sentiment que nous sommes si riches en ressources naturelles.»

Mgr George pose à ce sujet la question suivante: «Disposons-nous de mesures politiques susceptibles de nous aider à utiliser ces ressources pour le bien de notre peuple? Au nom des investissements, il faut garantir la liberté d’action, mais si l’on n’a aucun contrôle, on ne fait que perdre du temps. Les gens veulent avoir le sentiment que nous sommes si riches en ressources naturelles.»

Une lettre pastorale d’avertissement

Selon l’évêque de Chipata, ce qui compte, c’est la manière dont les ressources sont utilisées, car on constate aujourd’hui «que certains s’enrichissent, tandis que d’autres s’appauvrissent de plus en plus». En ce qui concerne l’activité minière, les évêques de Zambie dénoncent non seulement la corruption, mais aussi l’exploitation et les dommages environnementaux. Dans une lettre pastorale publiée à l’occasion de la Journée mondiale de prière pour la création (1er septembre 2025), ils ont exhorté le gouvernement à renforcer les contrôles sur les entreprises étrangères. «La dignité humaine et le bien commun» devraient être placés au cœur du développement national, ont-ils souligné. «Cela signifie que quelqu’un n’a pas fait son travail correctement.»



Concernant les irrégularités dans la «Copperbelt», les poissons morts et les rivières empoisonnées, Mgr George affirme: «Cela signifie que quelqu’un n’a pas fait son travail correctement. Parfois, il n’y a pas de contrôle rigoureux sur les entreprises minières et parfois, les responsables ne s’acquittent pas de leurs tâches parce qu’ils sont corrompus. Ils présentent un rapport positif affirmant que tout est en ordre, mais en réalité, cela ne correspond pas à la vérité.»

À l’écoute d’un simple citoyen zambien

L’Église de Zambie dénonce ces irrégularités afin de sensibiliser la population, a déclaré l’évêque évoque également les élections législatives du 13 août. À cette occasion, le président, les membres de l’Assemblée nationale et des administrations locales seront élus. L’évêque de Chipata attend avant tout une chose de la nouvelle direction nationale: qu’elle soit proche des plus démunis.

«Quel que soit le gouvernement qui sera mis en place, déclare-t-il, j’attends de lui qu’il soit au service des besoins de notre peuple. Des personnes suffisamment humbles pour écouter un simple Zambien.» Poursuivant: «C’est ce qui manque dans nos communautés et ce qui peut nous aider. Des personnes suffisamment humbles pour écouter un simple Zambien et ses problèmes. Nous voulons des dirigeants qui ne soient pas égoïstes, mais altruistes, au service des autres».

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13 juillet 2026, 12:10