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Mgr Mieczyslaw Mokrzycki archevêque de Lviv, le 17 juillet 2026. Mgr Mieczyslaw Mokrzycki archevêque de Lviv, le 17 juillet 2026. 

En Ukraine, «notre espoir réside en Dieu» atteste l'archevêque de Lviv

Mgr Mieczyslaw Mokrzycki fait partie de la délégation accompagnant le secrétaire du Vatican chargé des Relations avec les États, Mgr Gallagher, lors de sa mission dans ce pays d'Europe orientale: «Malheureusement, la guerre se poursuit et nous ne voyons pour l'instant aucun espoir qu'elle prenne fin, confie l'archevêque de Lviv. Seul Dieu peut y mettre un terme.»

Roberto Paglialonga - Envoyé spécial à Lviv

«Toute la population ukrainienne est très fatiguée, expose l’archevêque catholique de Lviv des Latins, Mgr Mieczysław Mokrzycki dans une interview accordée aux médias du Vatican. Et malheureusement, pour l’instant, nous ne voyons aucun espoir de voir la guerre prendre fin». L'archevêque se trouve actuellement en Ukraine dans le sillage de la mission de Mgr Paul Richard Gallagher, secrétaire pour les Relations avec les États et les Organisations internationales du Saint-Siège, et ces jours-ci envoyé spécial du Pape dans ce pays d’Europe orientale à l’occasion des célébrations du 35e anniversaire de la réouverture des structures de l’Église catholique de rite latin. La première étape du voyage se déroule justement dans cette ville proche de la frontière avec la Pologne.

Votre Excellence, cela fait près de quatre ans et demi que le conflit a éclaté.  Dans quel état se trouve aujourd’hui la population ukrainienne?

Malheureusement, la guerre se poursuit et nous ne voyons pour l’instant aucun espoir qu’elle prenne fin. Toute la population ukrainienne, est très fatiguée, car chacun est touché par la guerre. Soit des membres de la famille combattent, soit ce sont des voisins ou des collègues. Il y a aussi beaucoup de morts. Les mauvaises nouvelles de la guerre ne cessent d’affluer. Ici aussi, les gens perdent espoir, car tout le monde ne trouve pas de travail et beaucoup émigrent, quittent leur foyer pour tenter de rejoindre leur mari ou leur femme, partis il y a quatre ou cinq ans en Europe. Ici aussi, à Lviv, même s’il n’y a pas de combats militaires tous les jours, nous entendons souvent les sirènes d’alerte. Les gens doivent se réfugier dans les abris, le travail doit être interrompu, tout comme les cours à l’école. Mais les gens continuent d’aller à l’église, de prier et de placer leur espoir uniquement en Dieu: lui seul peut mettre fin à cette horrible guerre.


Lviv a été touchée à plusieurs reprises pendant le conflit. Comment parvient-on à réagir et à reprendre une vie normale après un bombardement?

Ce n’est pas facile, car presque à chaque fois, il y a des blessés, des morts, et toujours des maisons et des biens détruits. Mais cette année, nous avons célébré le 25e anniversaire de la visite de Jean-Paul II, qui nous a dit: «N’ayez pas peur. Même aujourd’hui, vous rencontrerez des difficultés, mais avec le Christ, vous vaincrez». Ainsi, notre seul espoir réside dans la prière: les gens viennent, prient. Chaque jour, après la messe, nous chantons des prières d’intercession et organisons des rencontres de prière pour demander la miséricorde et la paix pour notre pays.

Dimanche, Mgr Gallagher se rendra à Berdychiv. Quelle signification aura la célébration organisée ensemble au sanctuaire du Mont-Carmel? Et quelle valeur peut revêtir ce moment de communion?

Berdychiv est notre sanctuaire national. Des gens viennent de toute l’Ukraine pour demander à la Vierge Marie d’intercéder en notre faveur. Nous avons surtout besoin de cette unité, de cette force de prière, de cette solidarité et d’un message d’espoir. Et je pense que Son Excellence Gallagher, qui vient nous rendre visite pour la deuxième fois (Mgr Gallagher s’est rendu dans le pays en mai 2022, quelques semaines après le début de la guerre, ndlr), remplit nos cœurs de paix, de joie et d’espoir, car il représente le Saint-Père Léon, qui accompagne notre pays par ses prières et ses appels. Souvent, lors de la prière de l’Angélus, il pense à nous et nous donne sa bénédiction. Nous espérons que cette visite, qui comprend également des rencontres officielles avec le gouvernement ukrainien, portera ses fruits pour la paix dans notre pays.



L’Occident semble aujourd’hui quelque peu habitué à la guerre. C’est comme si elle était devenue la norme. Que peut faire l’Église ici en Ukraine pour réveiller les consciences en faveur de la paix?

En tant que Conférence épiscopale, nous lançons toujours des appels, tout comme les prêtres et les évêques. De temps à autre, nous nous rendons à l’étranger pour rendre visite à nos confrères dans l’épiscopat, à d’autres frères, à des prêtres, à nos amis. Ils nous accueillent toujours et nous donnent l’occasion de s’adresser également à leurs paroissiens. Je pense que nous ne devons pas rester indifférents face à la souffrance des autres pays, y compris en Terre Sainte, car nous devons faire preuve d’unité, surtout en tant que frères chrétiens, et toujours nous souvenir les uns des autres. Nous demandons de nous aider par la prière, mais aussi par l’aide humanitaire, qui est nécessaire ici en Ukraine.

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18 juillet 2026, 13:54