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Visite apostolique du Pape Léon XIV à Lampedusa Visite apostolique du Pape Léon XIV à Lampedusa  (ANSA)

Sr Antonietta: «Notre mission, une présence d'accueil auprès des migrants»

Treize ans après la visite historique du Pape François, Lampedusa se mobilise à nouveau pour accueillir le Pape Léon XIV ce samedi 4 juillet. Dans le cadre du Projet Migrants, sœur Antonietta Papa, coordinatrice revient sur l'engagement des religieuses auprès des migrants, les défis de leur accompagnement et surtout l'attente d'un message fort du Pape en faveur de la dignité de toute personne humaine.

Jean-Paul Kamba, SJ - Lampedusa

Lampedusa avait reçu la visite du Pape François au tout début de son pontificat en 2013. Ce samedi 4 juillet, c’est au tour de Léon XIV de s’y rendre. Sœur Antonietta Papa, religieuse de la Congrégation des Filles de Marie Missionnaires et coordinatrice Projet Migrants de l'Union internationale des supérieures générales (UISG) en Sicile, place la genèse du projet dans l'appel du Pape François à se mettre au service des personnes en situation de detresse. «Il n'y a pas de sœurs ici, indique t-elle. La UISG a pris très au sérieux cette remarque du Pape Francois. Une lettre a été envoyée aux supérieures générales et l'idée est née de créer une communauté intercongrégationnelle. Depuis 2019, nous sommes présentes à Lampedusa. Moi, j'y suis depuis 2023». Ainsi débuta le Projet Migrant.

Lampedusa: les religieuses qui « humanisent les débarquements »

«Notre présence est déjà une réponse»

Pour sœur Antonietta, la mission des religieuses ne repose pas d'abord sur une aide matérielle, mais sur la proximité humaine: «Nous accueillons les migrants au débarcadère. Nous ne distribuons pas de vêtements, nous ne faisons pas de grandes choses matérielles. Notre mission, c'est d'être présentes. Un sourire, un mot de bienvenue, accompagner une femme vers les toilettes, chercher un médecin ou un traducteur lorsque c'est nécessaire. Notre présence est déjà une réponse».

Aux côtés de la Croix-Rouge, des garde-côtes, et des forces de l'ordre, les religieuses offrent un accueil complémentaire, centré sur l'écoute des personnes.

“Certaines arrivent après avoir fui la guerre, d'autres les persécutions ou des situations de torture inimaginables. Quand elles racontent un fragment de leur histoire, cela vous bouleverse. Les premiers jours, je ne dormais pas. Je revoyais les visages de ces femmes qui avaient perdu leurs enfants”

Le véritable défi commence après le débarquement

Il est vrai que le flux des arrivées sur l'île a nettement diminué ces derniers mois, estime sœur Antonietta. Pour elle la question essentielle demeure celle de l’accompagnement et l'intégration: «Le vrai défi commence après le débarquement. Comment l'Italie, et plus largement l'Europe, accompagnent-elles ces personnes?» La coordinatrice Projet Migrant plaide ainsi pour un accompagnement durable qui facilite notamment l'apprentissage de la langue, l'accès à la formation et à l'emploi.

Dans ce sens, sœur Antonietta mentionne avec satisfaction l’exemple de Porto Empedocle, où les sœurs travaillent auprès des mineurs non accompagnés : «Ils vivent dans des structures adaptées, vont à l'école, sont suivis et commencent à trouver leur place dans la société». Toutefois, regrette-t-elle, de nombreuses personnes demeurent livrées à elles-mêmes et sont très peu ou pas du tout accompagnées dans leur parcours. Mais heureusement, il existe des associations et des congrégations qui accomplissent un travail remarquable dans ce sens.

L'attente d'une parole forte

«Nous attendons du Pape une parole forte sur la migration, qu'il continue à dire avec clarté la vérité sur la dignité de l'être humain… Lampedusa est une petite île, mais ce qui sera dit ici pourra rejoindre le monde entier», explique sœur Antonietta à quelques heures de la visite du Souverain pontife pontificale.

Pour elle, les migrations constituent aujourd'hui un défi mondial sévissant «en Afrique, en Amérique latine, au Venezuela, partout dans le monde... Ce que dira le Pape depuis Lampedusa dépassera largement les frontières de cette petite île», souligne-t-elle espérant que le message de Léon XIV rappellera cette conviction fondamentale à savoir: «nous sommes tous des migrants».

 

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03 juillet 2026, 15:20