Le père Crépin Martial Monga du diocèse de Bangassou a été tué le 29 juin 2026, devant son presbytère. Le père Crépin Martial Monga du diocèse de Bangassou a été tué le 29 juin 2026, devant son presbytère.  

Un prêtre assassiné en République centrafricaine

Le père Crépin Martial Monga du diocèse de Bangassou a été assassiné le 29 juin devant son presbytère. Il était connu pour son engagement sans faille en faveur du dialogue et de la cohésion sociale dans l’une des régions les plus fragiles de ce pays africain, en proie à la violence due aux tensions ethniques, à la présence de groupes armés et aux rivalités pour le contrôle du territoire et des ressources. Les funérailles ont eu lieu ce mercredi 1er juillet.

Francesca Sabatinelli – Cité du Vatican

La voix du père Crépin Martial Monga ne manquait jamais de se faire entendre en faveur de la réconciliation, dans une région de la République centrafricaine, le Haut-Mboumou, au sud-est du pays, où la violence et le nombre de personnes déplacées ne cessent d’augmenter, mettant gravement en péril les initiatives de paix et la sécurité des civils. Le prêtre, vicaire de la paroisse catholique Saint-Jean-Baptiste de Zémio, connu pour ses responsabilités pastorales, mais aussi pour son rôle central dans les efforts locaux de consolidation de la paix dans la région, a été tué dans la soirée du 29 juin par des coups de feu, alors qu’il se trouvait à l’extérieur de son presbytère. Ses funérailles ont eu lieu ce 1er juillet, dans la cathédrale Saint-Pierre-Claver de Bangassou. Comme l’ont rapporté l’agence Fides et d’autres sources de presse, le père Monga avait coordonné le Comité local pour la paix et la réconciliation de Zémio (CLPR), un organisme, écrit Fides, «de médiation entre les communautés, les autorités locales et les autres parties prenantes de la région, où c’est souvent l’Église catholique, par l’intermédiaire de ses prêtres et de ses structures paroissiales, qui assume de fait ce rôle de médiation et de protection de la population.»

Les facteurs d’instabilité

Depuis un certain temps déjà, la situation dans la préfecture du Haut-Mbomou, l’une des 20 que compte le pays, à la frontière avec le Soudan et la République démocratique du Congo, est marquée par une grave crise humanitaire et sécuritaire, avec de sérieux problèmes liés à la survie des communautés locales, aux déplacements de population et à l’accès à l’aide humanitaire. Fides fait état de trois facteurs d’instabilité: «une forte présence de groupes armés (en particulier les milices azandé/zandé); des tensions ethniques et une rivalité pour le contrôle du territoire et des ressources; de vifs conflits entre les soldats centrafricains et les hommes de Africa Corsp (ex Wagner), la société militaire privée russe présente depuis plusieurs années dans le pays pour soutenir l’armée régulière (Forces armées centrafricaines, FACA)».


La douleur du SECAM

Dans une déclaration du Symposium des conférences épiscopales d’Afrique et de Madagascar (SECAM), comme le rapporte «Aide à l’Église en détresse», Mgr Aurelio Gazzera, prêtre carmélite italien du diocèse de Bangassou, a qualifié ce meurtre d’«énorme perte pour la communauté locale et pour le diocèse» lui-même, saluant par ailleurs l’engagement du prêtre en faveur de la paix et de la réconciliation dans la région.

L'engagement en faveur de la paix et du dialogue

En tant que coordinateur du Comité local pour la paix et la réconciliation de Zémio (CLPR), comme le rapportent divers médias, le père Monga avait participé à un groupe de médiation réunissant les communautés locales, les autorités civiles et d'autres acteurs, dans le but d'apaiser les tensions et de prévenir de nouvelles violences. Sa position, comme le soulignent de nombreuses sources, faisait de lui l'une des figures clés engagées dans le maintien du dialogue et de la cohésion sociale dans l'une des régions les plus fragiles du pays.

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01 juillet 2026, 14:35