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En 2023, des manifestants saluent une décision de justice, déclarant inconstitutionnel un contrat passé avec la compagnie minière canadienne First Quantum. En 2023, des manifestants saluent une décision de justice, déclarant inconstitutionnel un contrat passé avec la compagnie minière canadienne First Quantum.  (AFP or licensors)

Les évêques du Panama souhaitent un dialogue avec les institutions

À l’issue de son assemblée plénière, la Conférence épiscopale a appelé à un retour au dialogue et au respect au sein des institutions, pour lutter contre la polarisation croissante. «Nous ne pouvons pas construire un pays plus juste, davantage fraternel et plus prospère tant que le dénigrement l’emportera sur l’écoute et que l’intérêt personnel l’emportera sur le bien commun», écrivent les évêques dans un communiqué.

Giovanni Zavatta - Cité du Vatican

«Il est temps de nous réunir à nouveau en une seule famille nationale, de rétablir la confiance, de nous écouter mutuellement avec respect et de nous engager, chacun selon ses responsabilités, à œuvrer ensemble pour le présent et l’avenir du Panama», écrivent les évêques panaméens à l’issue de leur Assemblée plénière qui s’est tenue du 29 juin au 3 juillet. Dans un communiqué, la Conférence épiscopale panaméenne souligne que le pays traverse «un moment décisif de son histoire» qui exige «grandeur morale, responsabilité et engagement de la part de tous». Au contraire, la polarisation, le recul du dialogue, la perte de confiance dans les institutions, les difficultés économiques, le chômage et l’incertitude que vivent de nombreuses familles et de nombreux jeunes «affaiblissent le tissu social», écrivent les évêques, qui lancent un appel national urgent à la réconciliation. «Le Panama a besoin de se réconcilier avec lui-même. Nous ne pouvons pas construire un pays plus juste, davantage fraternel et plus prospère tant que la confrontation l’emportera sur le dialogue, le dénigrement sur l’écoute et l’intérêt personnel sur le bien commun», observent-ils.

Respecter la légalité et la dignité humaine

Autres thèmes abordés au cours des travaux celui de la dignité humaine - «aucun intérêt politique, économique ou privé ne peut être placé au-dessus d’elle», et celui de la justice. L'épiscopat conduit par Mgr José Domingo Ulloa Mendieta plaide pour que soient renforcés l'État de droit, l'indépendance des organes de l'État et la crédibilité des institutions. «Là où la loi cesse d'être la même pour tous, la justice perd de sa force, la confiance publique s'érode et la démocratie s'affaiblit», peut-on lire dans leur communiqué. Le respect de la légalité et de la dignité humaine est donc «une condition indispensable pour construire une société réconciliée, juste et pacifique».

À cet égard, l’état du système pénitentiaire met à l’épreuve la conscience nationale. «Les détenus vivent dans des conditions de surpeuplement, de violence et de désespoir», dénoncent les évêques. «Nous ne pouvons rester indifférents face à cette réalité car eux, en tant que créatures de Dieu, possèdent une dignité qu’aucun crime ni aucune circonstance ne peut effacer. L’Église ne justifie pas le crime ni ne nie le droit de la société à vivre en sécurité, mais elle souligne que toute peine doit également être orientée» vers la réhabilitation complète, la réinsertion sociale et le respect des droits fondamentaux de chaque personne.

Le manque d’eau potable et le projet du Río Indio

Mais le Panama est également confronté à un manque d’accès suffisant et continu à l’eau potable pour un nombre croissant de la population: familles, enfants, personnes âgées, communautés entières «dont la santé et la qualité de vie sont gravement compromises». L’eau «est un don de Dieu, un droit humain fondamental et un bien commun qui doit être protégé et garanti pour tous». C’est pourquoi, lors de l’assemblée, les évêques ont abordé la question du projet hydraulique du Río Indio, dans le district de Donoso, qui prévoit la construction d’un réservoir artificiel afin d’assurer un approvisionnement constant en eau tant pour les opérations du canal de Panama, notamment en période de sécheresse, que pour les quelque deux millions d’habitants de l’agglomération de la capitale.

Le projet prévoit la construction d’un barrage qui inondera plus de 4 000 hectares; c’est pourquoi les agriculteurs et les habitants de la région s’y opposent, inquiets de la perte de leurs terres et de l’impact environnemental. La Conférence épiscopale, rappelant qu’un dialogue sincère et respectueux est la seule voie pour construire des solutions durables et parvenir au bien commun, souligne que «tout processus de développement doit concilier les intérêts nationaux avec le respect des droits des communautés, leur participation effective aux décisions qui les concernent et la gestion responsable de la création».

Solidarité avec les victimes du tremblement de terre au Venezuela

Outre leurs réflexions sur la situation nationale, les évêques ont exprimé leur solidarité envers les victimes du tremblement de terre au Venezuela et les familles panaméennes touchées par les récents incendies dans la capitale. En réponse à cette situation d'urgence, ils ont invité toutes les communautés paroissiales du pays à participer à la collecte nationale organisée hier, dimanche 5 juillet, lors des célébrations eucharistiques, «dont les fonds serviront à venir en aide à nos frères et sœurs au Venezuela».

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06 juillet 2026, 13:01