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Le cardinal Tagle. Le cardinal Tagle. 

Le cardinal Tagle présente le Christ comme le véritable bâtisseur de ponts

La troisième journée de la 12e Assemblée plénière de la Fédération des conférences épiscopales d’Asie (FABC) a permis aux évêques et délégués venus de toute l’Asie de consacrer cette rencontre à la prière et au recueillement. L’occasion aussi de réfléchir et de discerner ensemble avant de poursuivre les discussions sur le thème «Conversion synodale et mission d’être des ponts et des bâtisseurs de ponts».

Abdi Susanto – Jakarta

Les délégués ont commencé cette troisième journée par une conférence spirituelle animée par le cardinal Luis Antonio Tagle, pro-préfet du dicastère pour l’Évangélisation. Méditant sur Jean 1, 43-51 — le texte biblique choisi pour l’Assemblée —, il a exhorté les participants à ne pas fixer leur regard sur les stratégies, les structures ou les plans pastoraux, mais sur Jésus-Christ. Pour le cardinal Tagle, l’appel de l’Assemblée à la conversion synodale et à la construction de ponts ne peut être compris qu’en contemplant d’abord le Christ.


Une Église Synodale

«L’échelle suggère que Jésus est le pont par lequel Dieu et l’humanité - et j’irais jusqu’à dire la création - sont unis», a-t-il déclaré, faisant référence à la mention par Jésus du rêve de Jacob dans le passage de l’Évangile qui inspire l’Assemblée de cette année.

L’image du pont est devenue un thème central de cette rencontre d’une semaine, les délégués soulignant la mission de l’Église de favoriser le dialogue et la réconciliation entre les cultures, les religions, les nations et au-delà des clivages sociaux. Le cardinal Tagle a toutefois rappelé aux participants que les chrétiens ne peuvent devenir des bâtisseurs de ponts qu’en rencontrant d’abord le Christ, qui est le pont entre le ciel et la terre.

S'inspirant du prologue de l'Évangile selon saint Jean, il a médité sur le mystère du Verbe par qui toutes choses ont été créées et qui s'est fait chair pour habiter parmi les hommes. «Le Verbe par qui la création a vu le jour est entré dans la création elle-même», a-t-il souligné, expliquant que l'Incarnation révèle un Dieu qui ne reste pas distant mais qui embrasse l'humanité de l'intérieur. «Jésus est la manière dont Dieu nous montre qui Il est véritablement», a-t-il ajouté. «Et Jésus est aussi la manière humaine de nous montrer comment être pleinement humains.»

Dieu et l’humanité

Revenant à l’image de l’échelle de Jacob, le cardinal Tagle a expliqué que le Christ unit la relation verticale entre Dieu et l’humanité à la relation horizontale entre les personnes et avec la création. «Être avec Dieu ne signifie pas être loin de l’humanité et de la création», a-t-il noté.

Il a également remis en question certaines attitudes pouvant surgir dans le ministère pastoral, mettant en garde contre les approches qui placent les responsables de l’Église au-dessus des personnes qu’ils servent. Faisant référence à l’expression courante consistant à adapter la prédication au «niveau» des fidèles, il a mis en garde contre un langage suggérant une supériorité.

«Ce n’est pas l’incarnation. Ce n’est pas la kénose», a-t-il affirmé, mettant plutôt l’accent sur l’amour de Christ qui s’est dépouillé de lui-même, tel qu’il est décrit dans l’Épître aux Philippiens. La venue de Jésus dans le monde, a-t-il expliqué, n’était pas un acte de condescendance, mais d’amour pour «les siens».

Prière et recueillement

Contrairement aux journées précédentes, consacrées aux rapports, aux interventions et aux discussions en plénière, cette Journée de prière et de recueillement s’est articulée autour de la prière silencieuse, de la méditation et de la «Conversation dans l’Esprit» — cette méthode de discernement qui est devenue une marque distinctive du cheminement synodal de l’Église. Le cardinal Tagle a encouragé les participants à prier à partir d’images bibliques plutôt que de concepts abstraits, suggérant que des symboles tels que les ponts, les échelles, le fait de marcher ensemble et les cieux ouverts peuvent révéler des dimensions plus profondes du mystère de Dieu.

Bâtisseurs de ponts

Sa réflexion a également posé les fondements spirituels des discussions de l’Assemblée pour les jours à venir. Sur un continent marqué par une extraordinaire diversité culturelle, des traditions religieuses anciennes et des défis sociaux complexes, il a déclaré que la mission de l’Église consistant à jeter des ponts doit commencer par une rencontre renouvelée avec le Christ. «Peut-être qu’avant d’élaborer des stratégies pour devenir des ponts et des bâtisseurs de ponts, nous pouvons à nouveau regarder Jésus, le toucher, le voir, le contempler et apprendre de lui», a-t-il déclaré.

À l’issue de la conférence, les délégués se sont livrés à une longue période de prière silencieuse et de réflexion personnelle, soulignant ainsi la conviction de l’Assemblée selon laquelle une authentique conversion synodale ne commence pas par des programmes ou des structures, mais par l’écoute de l’Esprit Saint et l’approfondissement de sa relation avec le Christ, le pont qui unit le ciel et la terre.

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22 juillet 2026, 09:46