Mgr Samedi: «J’ai accepté cette mission avec foi, sérénité et discernement»
Vatican News
La nomination de Mgr Joseph Samedi comme archevêque coadjuteur de Bangui marque une nouvelle étape dans le parcours pastoral de ce fils de la République centrafricaine et membre de la Compagnie de Jésus. Dans l'interview qu'il a accordée aux médias du Vatican, il confie que c'est une responsabilité qu’il a reçue «dans la sérénité, la confiance, la prière et le discernement. Ce n’est pas une petite tâche. J’ai pris du temps pour me préparer et me mettre à l’écoute de l’Esprit Saint».
C'est avant tout un appel de Dieu accueilli dans la foi: «J’ai accepté cette mission avec foi et discernement. Je me pose déjà des questions sur ce qu’il faudra faire comme évêque coadjuteur, mais je ne suis pas perturbé».
Un archevêque coadjuteur: apprendre avant de succéder
Selon le droit canonique, l’archevêque coadjuteur bénéficie du droit de succession. Il est appelé à collaborer étroitement avec l’archevêque diocésain avant de lui succéder lorsque les conditions prévues par l’Église seront réunies. Mgr Samedi insiste donc sur cette période d’apprentissage qui s’ouvre devant lui. «Dans un premier temps, nous allons travailler ensemble. Je dois apprendre auprès de lui comment gérer un diocèse, quels sont les défis et comment les relever. J’ai beaucoup à apprendre».
Au sujet de la collaboration avec l’archevêque de Bangui, le cardinal Dieudonné Nzapalainga, Mgr Samedi dit se mettre à l’école de son aîné qui a de l’expérience: «La première chose est d’apprendre, de ne pas courir. Il va me montrer ce qu’il faut faire, comment avancer, comment gérer les personnes et les difficultés».
Paix et cohésion sociale: poursuivre l’engagement de l’Église
Dans un pays marqué par des années de conflits, l’Église demeure un acteur majeur de la réconciliation nationale. Le nouvel archevêque coadjuteur en est bien conscient: «Nous avons des défis, entre autres celui de la paix, parce que le pays a connu de graves crises. L’Église a beaucoup travaillé pour promouvoir la paix, la justice et la réconciliation».
Également conscient des attentes des fidèles et de la société centrafricaine, le nouvel archevêque coadjuteur appelle à une mobilisation commune. «Avec les prêtres, les autorités politiques et toutes les personnes de bonne volonté, nous allons travailler ensemble pour rechercher le bien de notre pays». Et d'ajouter: «portons ensemble les défis de ce pays afin que chacun se sente chez lui, dans la paix, la confiance et la collaboration».
L’éducation, priorité pour reconstruire l’avenir
Éducateur lui-même, Mgr Samedi considère l’éducation comme l’un des principaux leviers du développement centrafricain. S’inspirant de la tradition éducative jésuite, il plaide pour une formation intégrale de la personne: «J’ai été à l’école de saint Ignace. Il faut former l’homme tout entier, la tête et le cœur». Il déplore en outre les conséquences durables de la crise du système éducatif, notamment la pénurie d’enseignants qualifiés. «Beaucoup d’enseignants de vocation sont partis et ont laissé un vide. Aujourd’hui, le pays peine à former de bons enseignants».
Face à cette situation, Mgr Samedi souhaite renforcer l’accompagnement pédagogique, promouvoir la lecture et soutenir les élèves les plus fragiles: «Il faut donner aux enfants le goût de lire et de progresser. Nous devons aussi aider ceux qui rencontrent des difficultés afin qu’ils puissent avancer et préparer leur avenir ... l’avenir passe par l’école. Sans l’école, il n’y a plus d’avenir aujourd’hui».
Éduquer à la paix dans un monde marqué par la violence
Reprenant l’appel du Saint-Père à bâtir une «paix désarmée et désarmante», Mgr Samedi estime que l’éducation constitue la clé d’une transformation durable de la société. «On ne construit pas un pays avec les armes, mais par l’éducation, le dialogue et la paix». Il plaide ainsi pour une plus grande implication des jeunes dans la réflexion sur l’avenir du pays: «Il faut leur donner la parole, les écouter, leur permettre d’exprimer ce qu’ils pensent de leur avenir et de leur pays». Le nouvel archevêque coadjuteur de Bangui est convaincu que la paix se prépare par la formation, l’accompagnement et le dialogue.
L’intelligence artificielle: une opportunité à encadrer par le discernement
Interrogé sur les défis posés par l’intelligence artificielle, Mgr Samedi reconnaît le potentiel de ces nouvelles technologies, tout en mettant en garde contre leurs dérives. «L’intelligence artificielle est un atout. On ne la refuse pas. Mais elle ne doit pas remplacer l’homme». Pour lui, l’enjeu principal réside dans l’éducation à un usage responsable de ces outils. «Il faudra apprendre aux enfants à utiliser ces technologies avec discernement. L’homme doit rester l’homme. Ce sont les outils qui doivent être guidés par l’homme, et non l’inverse».
Une mission placée sous le signe du discernement
Mgr Joseph Samedi entend par ailleurs mettre au service de l’Église de Bangui l’héritage spirituel ignatien qui l’a façonné: écouter, discerner et agir. «Former l’homme intégral, la tête et le cœur», résume-t-il.
Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici