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Lors des funérailles d'une victime des violences en cours, le 24 avril dernier à Phougakchao Ikhai. Lors des funérailles d'une victime des violences en cours, le 24 avril dernier à Phougakchao Ikhai. 

Les catholiques du Manipur prient pour la paix et la réconciliation

Dans cet État du nord-est de l’Inde, la communauté catholique s’est réunie ces derniers jours pour réaffirmer l’importance de redoubler d’efforts en vue d’instaurer la paix dans une région dévastée par les violences ethniques, et les enlèvements.

Paolo Affatato – Cité du Vatican

Frontalier de la Birmanie, le Manipur est déchiré depuis 2023 par un conflit interethnique qui a d’abord opposé les Kuki et Meitei avant de s’étendre aux Naga, le troisième groupe composant la population locale. La communauté catholique qui compte en son sein des croyants appartenant aux trois groupes, a souhaité, le 31 mai dernier, vivre une journée spéciale de prière pour la paix. D’autant que les tensions se sont ravivées dernièrement avec une «crise des otages», une vague d’enlèvements réciproques perpétrés par les Kuki et les Naga.

Rosaire et adoration pour parvenir à la paix

Plus de 300 fidèles, issus de différentes ethnies, se sont réunis ces derniers jours dans la paroisse Sainte-Marie de Punanamei, dans l’archidiocèse d’Imphal, pour prier pour la paix à travers le rosaire et l’adoration. «Nous avons placé notre communauté du Manipur sous la protection de Marie, en invoquant la réconciliation et l’harmonie pour notre peuple», a raconté le père Athili Martin, salésien et nouveau curé, qui a exhorté les fidèles à devenir des témoins de la paix et a présidé une adoration eucharistique spéciale, implorant «la grâce de Dieu pour la justice et la pacification». Cette initiative de prière a été encouragée par l’archevêque d’Imphal, Mgr Linus Neli, qui a invité les catholiques de tout l’archidiocèse à s’unir dans la prière pour «guérir les blessures, chasser la haine et construire une paix durable au Manipur», en demandant «le souffle de l’Esprit Saint pour guider les personnes sur le chemin de la vérité et de la paix».

La prière pour la réconciliation

Cette journée de prière pour la paix a reflété l’engagement constant de la communauté catholique à soutenir les efforts de réconciliation et a constitué un exemple de guérison des relations interethniques: les participants ont prié non seulement pour la fin de la violence, mais aussi pour le rétablissement de la confiance mutuelle entre les communautés en conflit. La rencontre s’est conclue par des prières pour toutes les victimes de la violence et pour que les dirigeants civils, sociaux et religieux, à tous les niveaux, œuvrent en faveur d’une paix juste et durable au Manipur.

Les nouvelles violences

Cet État du nord-est de l’Inde est le théâtre de tensions renouvelées depuis la mi-mai, à la suite de nouveaux épisodes de violence, tels que le meurtre de trois pasteurs baptistes. Le 13 mai, lors d’une embuscade dans le district de Kangpokpi, trois responsables religieux de la communauté Thadou Baptist Association, d’ethnie Kuki, ont été tués. Immédiatement après l’embuscade, des groupes armés des factions Kuki et Naga ont commencé à s’enlever mutuellement des dizaines de civils en guise de représailles. Les troubles ont bouleversé la vie quotidienne dans plusieurs régions, provoquant des barrages routiers, des restrictions de circulation et de graves désagréments pour de nombreux habitants.

Les appels des chefs religieux

Dans un contexte de violence généralisée, les chefs religieux ont maintes fois souligné l’importance du dialogue, de la compréhension mutuelle et de la coexistence pacifique entre les différentes communautés de l’État, s’engageant directement dans des efforts de médiation. Actuellement, en effet, la crise des otages est dans l’impasse: l’organisation United Naga Council détient 14 hommes Kuki, tandis que ces derniers ont enlevé six civils Naga qui sont toujours portés disparus. Les négociations visant à débloquer cet échange croisé se heurtent à une forte résistance, que les chefs religieux chrétiens des différentes confessions tentent de surmonter.

Égalité et justice nécessaires


Une délégation composée de hauts représentants du Conseil des Églises baptistes du nord-est de l’Inde et de la Convention baptiste du Manipur a rencontré le Premier ministre de l’État afin de coordonner la mise en place de couloirs de sécurité et s’est rendue en personne dans les territoires contrôlés par les milices pour demander la libération immédiate des otages pour des raisons humanitaires.

L’appel à la libération a également été relayé par l’archevêque d’Imphal, Mgr Linus Neli, qui soutient sans relâche les initiatives de prière et l’engagement en faveur de la paix: celle-ci, a-t-il déclaré à l’agence Fides, «ne s’obtiendra pas en érigeant des murs de séparation ethnique ou en réarmant les groupes», mais uniquement «en relançant le dialogue et en s’engageant sur la voie de l’égalité et de la justice». Des organisations catholiques laïques telles que l’All Manipur Catholic Union, la Manipur Catholic Women Organisation et la Manipur Catholic Youth Organisation collaborent activement, en organisant des rencontres pour rejeter toute forme de violence et promouvoir la coexistence pacifique.

Depuis le début du conflit, le bilan s'élève à plus de 250 morts officiels et 60 000 personnes déplacées, dont beaucoup vivent encore dans des conditions précaires dans des camps de réfugiés.



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03 juin 2026, 19:28