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Graffiti sur des planches à Genève en vue du sommet d'Évian Graffiti sur des planches à Genève en vue du sommet d'Évian 

«Le Church 7» appelle le G7 à constuire la paix

Les conférences épiscopales des pays du G7, soutenus par la Comece, interpellent leurs gouvernants respectifs qui s’apprêtent à se retrouver à Évian, en France, à partir de lundi 15 juin. Elles souhaitent mettre au service de la paix et de la communauté internationale la capacité des Églises au dialogue, à la médiation et à l’accompagnement des plus vulnérables.

Xavier Sartre – Cité du Vatican

«Construire des ponts pour la paix, la justice et la dignité humaine», tel est le titre de l’appel lancé ce vendredi 12 juin par les présidents des conférences épiscopales catholiques d’Allemagne, du Canada, des États-Unis, de France, de Grande-Bretagne, d’Italie et du Japon avec le soutien du président de la Comece, la Commission des épiscopats de l’Union européenne à l’occasion du sommet du G7 à Évian, en France, du 15 au 17 juin. En préambule de ce texte, ils rappellent que «la dignité de toute personne humaine doit demeurer le fondement de toute gouvernance politique et économique» et que «le G7 porte une responsabilité particulière à l’égard du bien commun mondial», soulignant que «les décisions prises par ses États membres ont des conséquences directes sur les peuples, sur la stabilité internationale et sur l’avenir des jeunes générations».

S’ils prennent la plume, et c’est une première depuis la création du G7 dans les années 1970, c’est parce que le contexte actuel est marqué non seulement par des questions géopolitiques qui risquent de déboucher sur des conflits généraux, mais aussi parce que le monde est soumis à une crise climatique et à «transformations technologiques rapides». D’où quatre propositions fortes qu’ils formalisent.

Le multilatéralisme, une priorité

Tout d’abord, «réaffirmer le multilatéralisme et le primat du droit international». Ce ne sont pas «les seules logiques de puissance, la course aux armements ou les rapports de force» qui peuvent seules garantir la paix durable, expliquent les présidents des conférences épiscopales. Ils appellent ainsi les pays du G7 à «montrer le chemin de la réconciliation entre les peuples par le dialogue, la négociation et le respect mutuel».

L’appel des évêques réaffirme aussi l’importance du respect du droit international humanitaire, de la protection des populations civiles, de la liberté religieuse et du respect de la dignité des prisonniers de guerre et des personnes déplacées. La priorité absolue demeure de protéger les enfants, les familles et les minorités religieuses. Pour parvenir à cela, les évêques affirment que l’Église catholique demeure «un partenaire crédible au service de la paix et du dialogue».

Développement et solidarité

La seconde proposition est de «mettre la personne humaine au cœur du développement et de la solidarité internationale». Or, les réductions d’aide publique au développement inquiètent vivement les évêques. D’où cette exhortation au G7 à renouveler les engagements en faveur de la solidarité internationale et d’un partenariat juste avec les pays du Sud. D’où aussi la nécessité d’une écoute mutuelle plus attentive entre les peuples.

Si le commerce international, notamment dans le domaine des minerais, doit être fondé «sur l’équité, le respect des droits des populations locales, des conditions de travail décentes et la protection de l’environnement», c’est bien dans le domaine de la lutte contre la criminalité organisée, la traite des êtres humains, les trafics illicites, la corruption et les flux financiers illégaux qui «fragilisent les sociétés et alimentent la violence» - estiment les évêques -, que la coopération internationale doit être renforcée. Et la répression seule ne suffit pas. Il faut des «systèmes judiciaires efficaces, justes et respectueux de la dignité humaine, ainsi qu’une prise de conscience des responsabilités collectives, y compris dans les sociétés de consommation», précisent-ils.

L'IA au service du bien commun

Troisièmement, ce «Church 7» comme il s’est surnommé, appelle le G7 ainsi que les entreprises technologiques à «protéger les enfants et les jeunes à l’ère numérique», en établissant des «règles claires afin que les nouvelles technologies soient mises au service de la personne humaine et du bien commun». Citant l’encyclique de Léon XIV, Magnifica humanitas, les évêques insistent sur le fait que la gouvernance de l’intelligence artificielle doit «être orientée vers le bien commun, la justice, la transparence et l’inclusion». Ils soutiennent ainsi les appels du Saint-Siège «en faveur d’une gouvernance éthique de l’intelligence artificielle et d’une vigilance particulière concernant les usages militaires des systèmes autonomes». Ils encouragent ainsi le G7 «à promouvoir une éducation au dialogue, au respect des différences religieuses et culturelles ainsi qu’à une pédagogie de la mémoire heureuse, ferment d’un avenir de paix».

Enfin, cette déclaration du groupe Church 7 demande d’«assumer une responsabilité commune envers la création et les personnes déplacées», à cause de la crise écologique mondiale. Les États du G7 sont donc appelés «à prendre des mesures courageuses et vérifiables pour accélérer une transition écologique juste, réduire les émissions de gaz à effet de serre, développer les énergies renouvelables et soutenir les pays les plus vulnérables face aux conséquences du changement climatique». Enfin, cette déclaration s’achève sur le rappel, dans la droite ligne de ce que Léon XIV a affirmé lors de son voyage aux Canaries, que les personnes contrainte de fuir la guerre, la misère ou les catastrophes climatiques «ne peuvent être considérées comme une menace» mais qu’elles sont «frères et sœurs en humanité».

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13 juin 2026, 16:10