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Manifestation contre la pénurie de poulets le 3 juin à La Paz Manifestation contre la pénurie de poulets le 3 juin à La Paz  (AFP or licensors)

Les évêques boliviens lancent un appel au dialogue

Dans un communiqué, la Conférence épiscopale de Bolivie et le Bureau du Médiateur ont demandé aux syndicats, aux manifestants et aux dirigeants politiques d'abandonner «les positions rigides» adoptées jusqu'à présent. L'usage de la force a également été condamné. Depuis un mois, le pays est secoué par de vives manifestations contre le président Paz et le gouvernement de centre-droit, avec des barrages routiers qui provoquent une pénurie prolongée de biens essentiels et de denrées alimentaires.

Giada Aquilino – Cité du Vatican

Un appel aux autorités politiques, aux secteurs mobilisés, aux leaders sociaux et à l’ensemble de la population afin que s’instaure en Bolivie un «dialogue sincère, empathique et constructif», considéré comme «la seule voie légitime et efficace» pour sortir de la crise qui sévit depuis le 1er mai. Les évêques et le bureau du Médiateur du peuple de La Paz demandent de reconsidérer les positions de refus du dialogue adoptées depuis un mois, lorsque les mobilisations et les barrages routiers ont commencé dans ce pays d’Amérique latine, pris dans l’étau de profondes protestations du monde du travail, réunies sous la plateforme syndicale de la Centrale ouvrière bolivienne (COB) et de diverses organisations paysannes, ainsi que de secteurs proches de l’ancien président Evo Morales.

Le recours à la force ne résout pas les conflits

La Conférence Episcopale de Bolivie (CEB) et le Médiateur appellent à abandonner «les positions rigides» et à reconsidérer les attitudes qui empêchent ou retardent le «rapprochement» autour d’une table de négociation. «Se fermer au dialogue — écrivent-ils— ne fait qu’aggraver les souffrances de la population, sape la paix sociale et repousse les solutions urgentes».

Dans le même temps, la note condamne le recours à la force, qui «ne doit pas être la voie pour résoudre les conflits»: en effet, souligne-t-on, il reste un «facteur déclencheur d’une rancœur, d’une haine et d’une division accrues». La répression et les affrontements «ne construisent pas des ponts, mais des murs» et «mettent en péril le droit fondamental à la vie et à l’intégrité des personnes, qui doivent être protégées sans restriction». Le risque est que la violence ne génère «que davantage de violence» et que les blessures sociales qui s’ouvrent mettent «des décennies à cicatriser». Il est donc temps de «remplacer l’offense par la proposition, les pierres par la parole et les blocages par la compréhension».

La CEB et le Bureau du Médiateur du peuple réaffirment en outre leur «pleine disponibilité à faciliter et à accompagner les espaces nécessaires permettant le rapprochement, le calme et la compréhension entre les Boliviens», à un moment où le pays et la population demandent aux dirigeants et aux secteurs mobilisés de «mettre de côté les intérêts particuliers au profit du bien commun».

Les positions du président et des syndicats

Au même moment, le président bolivien Rodrigo Paz a évoqué l’urgence d’une «maturité démocratique» et d’une «trêve» nationale pour mettre fin aux barrages routiers et aux mobilisations qui durent depuis un mois. La COB a jusqu’à présent exclu tout dialogue avec le gouvernement de centre-droit et a réitéré sa demande de démission du président. De son côté, le chef de l’État, s’exprimant depuis Cochabamba, a rejeté les accusations selon lesquelles il souhaiterait privatiser l’économie, défendant au contraire un modèle favorisant «la collaboration entre le secteur public et l’initiative privée».

À l’heure actuelle, on dénombre sur l’ensemble du territoire plus d’une centaine de barrages routiers répartis dans six des neuf départements du pays, qui provoquent une pénurie prolongée de biens essentiels, de denrées alimentaires, de médicaments et de carburants. Depuis hier, l’hôpital pédiatrique de La Paz a été contraint de suspendre toutes les interventions chirurgicales programmées en raison d’une grave pénurie d’oxygène médical; seules les interventions les plus urgentes sont assurées.

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04 juin 2026, 12:00