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Les évêques du Mozambique en Assemblée plénière. Les évêques du Mozambique en Assemblée plénière. 

Les évêques Mozambicains préviennent contre l’expansion de la violence dans le pays

À l’issue de leur assemblée plénière tenue à Maputo, la capitale du pays, les évêques du Mozambique ont réitéré leur condamnation des attaques perpétrées contre les communautés chrétiennes, exprimant leur solidarité avec la population de la province de Cabo Delgado, toujours traumatisée par les récents actes de vandalisme des djihadistes. Les évêques préviennent sur la possibilité d’extension de ces actes de violence, qui se manifeste aujourd’hui sous la forme de haine contre les chrétiens.

Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican

L’attaque le 30 avril de la paroisse historique de Saint-Louis de Montfort à Minhoène a laissé la population de la province de Cabo Delgado au Mozambique dans un effroi, traumatisée par les scènes de destructions et la peur qu’instaure cette action terroriste. De tels actes blessent non seulement les croyants, mais aussi la conscience morale de toute la nation et les valeurs ancestrales du peuple mozambicain, reconnaissent les évêques du Mozambique, qui adressent un message d’encouragement et d’espoir aux chrétiens de cette entité ecclésiastique: «Ne perdez pas courage!» Votre persévérance dans la foi, au milieu de tant de souffrances, est un témoignage vivant de l’Évangile et un signe lumineux pour toute l’Église au Mozambique», écrivent les prélats.

Garantir la dignité humaine, la sécurité et le bien-être de tous

Les évêques réaffirment une fois de plus leur proximité, leur soutien spirituel et leur solidarité humaine et matérielle envers toutes les victimes de l’incident, «quelle que soit leur religion, leur appartenance ethnique ou sociale», tout en soulignant que «le désespoir, le découragement, la souffrance, la haine et la mort n’ont jamais le dernier mot. Le dernier mot appartient toujours à l’espoir, à la réconciliation et à la vie».

Les évêques rappellent par ailleurs au gouvernement qu’il est de leur devoir de «garantir la dignité humaine, la sécurité et le bien-être de tous, en protégeant la vie et le patrimoine national, aspects qui, notent-ils, sont gravement remis en cause à Cabo Delgado, avec des signes évidents de leur propagation au reste du pays».

Prendre une décision courageuse pour mettre fin à cette intolérance

Par ailleurs, les évêques préviennent le gouvernement mozambicain sur la possibilité d’extension de ces actes de violence, qui se manifeste aujourd’hui sous la forme de haine contre les chrétiens, «ce qui ouvre la possibilité de créer un précédent pour l’avènement d’autres formes dangereuses de radicalisme», soulignent-ils.

Ils proposent donc que les autorités compétentes du pays prennent une «décision courageuse» pour mettre «immédiatement» fin à cette intolérance religieuse. Ils exhortent également toutes les communautés religieuses, les autorités civiles, les organisations de la société civile et les personnes de bonne volonté à «rester unies dans la promotion de la paix, du dialogue, de la justice sociale et de la réconciliation nationale».

Appel à raviver le passé de coexistence pacifique entre religions dans le pays

La CEM appelle enfin le peuple mozambicain à rejeter tout discours visant à semer la division, la haine et la méfiance «entre frères d’une même patrie». «L’avenir du Mozambique ne peut se construire sur la violence, mais sur la confiance mutuelle, la vérité, la tolérance et le respect de la dignité de chaque personne», écrivent encore les évêques, rappelant que l’histoire de leur pays a toujours été marquée par la coexistence pacifique entre les peuples, les cultures et les religions, «partageant la même table, les moments de joie et de deuil, s’aidant et se respectant mutuellement».

Les évêques condamnent «avec véhémence» toutes les formes d’extrémisme violent et de manipulation des populations - «en particulier des jeunes, des adolescents et des enfants», au nom d’intérêts religieux, économiques, d’ambitions de pouvoir et d’exploitation des richesses naturelles. «Aucune conviction religieuse, ni aucune richesse de la terre ne vaut plus que la vie humaine. Aucun de ces intérêts ne peut justifier les déplacements de personnes, les larmes, la mort d’innocents, la destruction de communautés et la profanation d’espaces sacrés», notent les prélats.

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15 mai 2026, 17:03