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La présidence de la Comece en audience avec le Pape. La présidence de la Comece en audience avec le Pape.  (@VATICAN MEDIA)

La Comece envisage une Europe sans populisme ni guerre

La présidence de la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne a été reçue en audience par le Pape Léon XIV ce jeudi 21 mai. Au cours de cette rencontre, les évêques ont présenté la proposition d’une nouvelle édition de «Repenser l’Europe» prévue pour l’automne 2027.

Davide Dionisi – Cité du Vatican

«L’audience d’aujourd’hui a été particulièrement cordiale, directe et ouverte sur les questions abordées. Le ton général a été marqué par une forte harmonie entre notre travail et ce que le Pape enseigne et témoigne à travers son magistère, ses prises de position et ses initiatives». C’est ce qu’a déclaré le président de la Commission des conférences épiscopales de l’Union européenne, Mgr Mariano Crociata, lors d’une conférence de presse en marge de l’audience que la présidence de la Comece a eue ce jeudi matin avec le Pape Léon XIV.

Affaiblissement de la mission de l’UE

«L’Union européenne, a indiqué Mgr Crociata, est née comme un projet de paix et à la paix dans ses racines et dans son identité. Elle est donc appelée à favoriser le dialogue entre les pays et les institutions internationales, tout en promouvant le multilatéralisme, comme le Pape l’a explicitement rappelé». Dans le même temps, le président de la Comece a rappelé que la mission de l’UE, dans un monde fortement polarisé, «se trouve affaiblie par un manque d’unité, notamment sous l’effet du populisme».

La promotion des valeurs

Pour Mgr Crociata, «les paroles de l’Évangile et l’enseignement social de l’Église, appliqués aux questions qui nous concernent aujourd’hui», restent fondamentaux, et «sur ce point, nous ne pouvons pas reculer par crainte, par opportunisme ou, pire encore, en raison d’éventuelles préférences politiques. Notre mission va au-delà des divisions, des majorités et des minorités: elle consiste à promouvoir des valeurs au service de l’humanité et de l’Europe d’aujourd’hui». Mgr Crociata souligne donc que les évêques ont présenté au Pape la proposition d’organiser, à l’automne 2027, une nouvelle édition de «Repenser l’Europe», dix ans exactement après la première édition qui avait réuni au Vatican environ 300 participants, parmi lesquels des représentants politiques de l’Union européenne et de ses États membres, des universitaires et des représentants des Églises. «L’événement, précise Mgr Crociata, se veut un moment de réflexion et d’échange particulièrement important au regard des défis auxquels l’Europe et le monde sont confrontés».

Dialogue et coexistence pacifique

L’évêque de Dijon, Mgr Antoine Hérouard, premier vice-président de la Comece, évoque une idée de l’Europe «fondée sur l’unité et la paix». «Créer les conditions propices au dialogue et à la coexistence pacifique est une responsabilité qui dépasse le cadre des normes et des institutions. Sur ce point, l’Europe est attendue et observée par de nombreux autres pays et continents, surtout à un moment historique marqué par des guerres en Europe et au Moyen-Orient. C’est une réalité que, en tant qu’Église, nous sommes appelés à vivre et dont nous devons témoigner. Nous ne sommes pas des acteurs politiques et nous ne poursuivons pas de résultats politiques, mais nous reconnaissons que certains principes sont en accord avec le projet européen».

Immigrés et populisme

La situation des immigrés a été au cœur de l'intervention de l'évêque de Copenhague, Mgr Czeslaw Kozon, vice-président de la Comece. «Malheureusement, les immigrés sont souvent présentés comme des boucs émissaires, comme les ennemis de la société. La question de l’immigration existe depuis plusieurs décennies et est bien connue, mais ce qui semble relativement nouveau, c’est la manière dont le populisme l’utilise, en la transformant en une prétendue menace pour de nombreuses sociétés», souligne Mgr Kozon, ajoutant que «l’Église catholique, surtout dans les pays d’Europe du Nord, est composée en grande partie, voire majoritairement dans certains cas, d’immigrés, accueillis non seulement pour des raisons humanitaires, mais aussi en tant que partie intégrante de l’Église». Leur présence, conclut-il, «est donc perçue comme un enrichissement. Dans des situations où certaines paroisses risquaient de disparaître, l’arrivée des immigrés a insufflé une nouvelle vie. C’est pourquoi, en tant qu’Église dans les pays du Nord, nous avons au moins deux raisons d’être du côté des migrants: d’une part des raisons humanitaires, d’autre part des raisons proprement ecclésiales».

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21 mai 2026, 18:14