''Anima una'', l’Union réitère son engagement à être témoin d’espérance en Afrique
Françoise Niamien - Cité du Vatican
«Porteuse d’espérance pour la vie consacrée face aux défis de notre temps.» C’est le thème choisi par ''Anima una'' (un seul cœur, une seule âme), pour sa 24e assemblée générale statutaire triennale qui vient de se tenir à Lomé au Togo. Venues du Bénin, du Burkina Faso, de la Côte d’Ivoire, Guinée Conakry, Mali, et du Sénégal et du Togo pays hôte, cette assemblée générale a été l’occasion pour la trentaine de supérieures générales et leurs assistances de porter leur réflexion sur l’avenir de leur Union, mais aussi sur les défis auxquels est confronté leur continent et particulièrement la sous-région Ouest africaine. Au terme de leurs travaux, elles ont réitéré leur engagement à être des témoins du Christ et porteuses d’espérance pour le bien des populations africaines confrontées à de nombreux défis.
«Être des témoins et source d’espérance»
«Notre temps est traversé par de nombreuses obscurités: violences, pauvreté, migrations forcées, crises politiques, fractures familiales, perte des valeurs spirituelles, individualisme grandissant, désespérance de la jeunesse, instrumentalisation de la femme, fragilisation des vocations et parfois même fatigue intérieure dans la vie consacrée» a rappelé, Mgr Isaac Jogues Daglo archevêque de Lomé. Toutefois «au cœur de ces défis, Dieu continue d’appeler des femmes consacrées à devenir des signes vivants d’espérance» s’est-il réjoui à l’entame de son homélie lors de la messe conclusive de cette 24e assemblée générale qu’il a présidée en la paroisse Christ Roi de Kodjoviakopé.
Face à ces défis, Mgr Daglo a exhorté les membres de''Anima una'' «à ne pas avoir peur» mais «à continuer à témoigner, et à servir le Christ», car «la vie consacrée n’est pas une survivance du passé; elle est une prophétie pour l’avenir». Et l’archevêque de Lomé de leur rappeler à ces consacrées que «l’Afrique a besoin de religieuses enracinées dans la prière, joyeuses dans leur consécration, audacieuses dans la mission et proches des pauvres». Aussi, que «Le monde n’attend pas seulement des structures; il attend des témoins». Par conséquent, «votre première mission est donc de garder vivante la flamme de la rencontre avec le Christ. Car une religieuse qui prie véritablement devient une source d’espérance pour tout un peuple», a-t-il conseillé.
«Devenir un évangile»
Dans la suite de son homélie faisant référence aux nombreuses croix cachées (les sacrifices silencieux, les incompréhensions, les fatigues apostoliques, les crises communautaires, la sollicitude intérieure) dans la vie religieuse, Mgr Daglo a encore invité les membres de ''Anima una'' à faire siennes ces paroles du Christ: «Vous serez dans la peine, toutefois votre peine se changera en joie». «Et cette joie ne vient pas du confort» mais «de l’appartenance au Christ» encore souligné l’archevêque togolais qui n’a pas manqué de leur rappeler qu’«aujourd’hui plus que jamais, nos peuples africains ont besoin de voir des femmes consacrées, heureuses d’avoir donné leur vie à Dieu». «Une religieuse joyeuse devient un évangile vivant», a-t-il insisté.
Poursuivant, l’archevêque les a exhortées à ne pas perdre de vue que «la crédibilité de leur mission passe aussi par le témoignage de la joie fraternelle et surtout que Dieu demeure le Seigneur de l’histoire humaine», c’est pourquoi «la vie consacrée ne doit jamais céder au découragement. Vu que ce n’est ni la violence, ni l’argent, ni les puissances politiques qui ont le dernier mot sur l’histoire».
«L'Afrique a besoin de votre témoignage»
Dans la continuité de leur mission, Mgr Daglo a invité les congrégations autochtones féminines de l’Afrique de l’Ouest francophone «à revenir constamment à la centralité du Christ» tout en gardant la priorité, l’Eucharistie, l’adoration, la méditation de la Parole, et la fidélité à la vie communautaire. «L’Afrique a besoin de mystiques autant que de missionnaires», de ce fait, l’Union est appelée à «former des religieuses solidement ancrées sur les plans humain et spirituel» d'autant plus que «les défis contemporains exigent une formation intégrale, une proximité aux pauvres et des périphéries». Un autre conseil qu’il a donné aux religieuses : est de protéger la communion entre congrégations dans un monde marqué par les divisions. «Vous devez être un signe prophétique de fraternité».
Soutenant que l’avenir de l’Afrique se joue dans la formation des consciences, le prélat a appelé les supérieures générales à investir davantage dans l’éducation des jeunes et des filles. En outre, les congrégations autochtones féminines de l’Afrique de l’Ouest francophone ont été encouragées à devenir des artisans de paix et de réconciliation dans leur sous-région qui traverse des tensions sécuritaires et politiques préoccupantes. Bien avant de conclure son homélie Mgr a exhorté les membres de ''Anima una'' à ne laisser personne voler votre espérance étant alors que «l'Afrique a besoin de votre témoignage».
Une action de grâce à Dieu
Cette 24e assemblée générale statutaire a été marquée par le renouvellement du conseil d’administration de l’Union. Élue en 2023 pour un mandat de trois ans non-renouvelable, Sœur Esther Thera, la supérieure générale de l'Institut des Filles du Cœur Immaculé de Marie du Mali, et présidente sortante de ’’Anima Una’’ s’est réjoui du travail accompli avec son bureau en vue d’apporter leur pierre à l’édification de leur union «une union fraternelle dynamique et porteuse d’espérance». Et sœur Thera de rendre grâce à Dieu en lui confiant la nouvelle équipe dirigeante de leur l’union.
«Poursuivre l’édification de notre Union»
Dans l’unité et la communion fraternelle autour de Amina una «un seul cœur, une seule âme» sœur Léocadie Aurélie Billy de l'Institut des Sœurs de la Providence de Saint-Paul de Kara, au Togo, élue pour un mandat de 3 ans, dit s’inscrire dans les pas de ses prédécesseures tout en y insufflant une dynamique nouvelle. «Nous poursuivrons notre mission en étant une espérance pour notre monde. Nous serons à l'écoute de l’Esprit Saint et de nos consœurs pour ensemble voir quels sont aujourd'hui les pas que nous pouvons faire de plus en tenant compte des défis auxquels sont confrontés notre union et nos sociétés africaines» a -t-elle confié.
L’Union des supérieures générales des Instituts féminins autochtones de l’Afrique de l’Ouest francophone ''Anima una'' (un seul cœur, une seule âme) est un organisme ecclésial de droit pontifical, à but non lucratif qui regroupe les supérieures générales et les assistantes des Instituts féminins autochtones francophones canoniquement érigés. 18 Congrégations composent cette Union forte de plus trois mille religieuses. ''Anima una'' a pour but de témoigner de l’unité de la vie religieuse par la coopération fraternelle et efficace des supérieures générales, dans une meilleure disponibilité au service de l’Église d’Afrique.
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