Les évêques des Antilles placent les réalités des Caraïbes au cœur de l’Église universelle
Vatican News
Mgr Charles Jason Gordon, président de la Conférence épiscopale des Antilles (AEC), a décrit la visite ad limina Apostolorum des évêques à Rome comme un moment privilégié de communion, de rencontre et d’échange entre les Églises locales des Caraïbes et l’Église universelle. Dans un entretien accordé au médias du Vatican, lors de la visite des évêques des Antilles cette semaine, Mgr Gordon a évoqué la signification de ce pèlerinage, le qualifiant de «moment très spécial dans la vie d'un évêque et dans la vie de la Conférence épiscopale». L'archevêque de Port-d'Espagne, capitale de Trinité-et-Tobago, a souligné que cette visite offre aux évêques une occasion unique de se réunir dans la Ville éternelle et d'échanger directement avec les dicastères du Saint-Siège.
Un moment de communion et d’écoute
«Nous venons dans la Ville Sainte, la Ville éternelle, pour trouver la communion, pour écouter attentivement les battements du cœur de l’Église», a-t-il déclaré, «mais aussi pour partager la spécificité de la mission dans notre contexte avec les différents dicastères que nous rencontrons.» Soulignant la nature réciproque de la rencontre ad limina, Mgr Gordon a déclaré que l’échange entre l’Église universelle et l’Église locale enrichissait les deux. «L’Église est universelle, mais l’Église est aussi particulière», a-t-il déclaré. «Dans cet échange entre l’universel et le particulier, il y a toujours de grandes richesses que nous emportons avec nous.» Il a expliqué que l’expérience des Églises locales pouvait également aider l’Église universelle à réfléchir plus profondément aux réalités pastorales sous un angle nouveau.
Évangéliser le continent numérique
L’une des premières rencontres organisées dans le cadre de la visite des évêques des Caraïbes a été celle avec le dicastère pour la Communication, où les discussions ont porté sur la mission de l’Église dans le monde numérique. Mgr Gordon a souligné que, si les réseaux sociaux présentent des risques indéniables, ces dangers ne peuvent dissuader l’Église d’évangéliser dans la sphère numérique. «Il y a des dangers sur les réseaux sociaux», a-t-il déclaré, «mais il y a aussi des dangers à traverser la rue, à voyager d’une partie du pays à l’autre. Ces dangers ne peuvent nous empêcher d’apporter l’Évangile à toute la création, dans toutes les sphères de la vie et de l’activité.»
Faisant écho à la description de l’Internet comme «continent numérique» donnée par le Pape Benoît XVI, Mgr Gordon a déclaré que l’Église devait assumer sa responsabilité missionnaire en ligne. «C’est un espace où nous devons également être des missionnaires», a-t-il déclaré, «non seulement pour y transmettre le message, mais aussi pour façonner les interactions au sein des médias numériques». Il a expliqué que les chrétiens sont appelés à contribuer à ce que la communication numérique devienne «plus humaine» et «plus humanisante», afin que les espaces en ligne puissent mieux guider les personnes dans leur quête de vérité et de sens.
Les défis des Caraïbes à l’ordre du jour à Rome
Abordant les réalités auxquelles est confrontée l’Église dans les Caraïbes, Mgr Gordon a souligné que la vulnérabilité face au changement climatique, les migrations et la vie familiale figuraient parmi les préoccupations pastorales les plus urgentes de la région. «Notre région est la deuxième plus vulnérable au changement climatique, et cela constitue toujours un enjeu majeur», a-t-il déclaré, soulignant les graves menaces que font peser la montée du niveau de la mer, les ouragans et la dégradation de l’environnement sur les nations des Caraïbes.
La migration reste elle aussi un défi majeur.
Évoquant les répercussions de la crise vénézuélienne et de l’instabilité régionale plus générale, Mgr Gordon a déclaré que des pays tels que Trinité-et-Tobago avaient accueilli «des milliers et des milliers de migrants» en provenance du Venezuela, d’Haïti, de Cuba et d’autres régions des Caraïbes et d’Amérique latine. Il a également souligné l’expérience historique unique de la vie familiale dans les Caraïbes, façonnée par des siècles de colonialisme et le système des plantations.
«Nous avons connu une structure familiale vieille de 400 ans qui a été bouleversée par le système des plantations», a-t-il expliqué, soulignant que cela a donné lieu à des dynamiques familiales et à des réalités pastorales distinctes de celles de nombreuses autres régions du monde.
Les défis, autant d’occasions de grâce
Mgr Gordon a déclaré que le but de présenter ces réalités au Vatican n’était pas simplement d’exposer des difficultés, mais d’apporter l’expérience particulière des Caraïbes à la réflexion plus large de l’Église. «L’espoir est d’apporter cette spécificité, cette particularité, au débat universel», a-t-il déclaré.
Ce faisant, a-t-il ajouté, les évêques cherchent à recevoir et à offrir une lumière qui puisse aider à transformer les défis en opportunités pour la mission. «Considérer notre mission et nos défis», a-t-il dit, «non seulement comme des défis, mais aussi comme une grâce et des opportunités pour l’évangélisation».
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