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Un navire des garde-côtes espagnols remorque un bateau en fibre de verre transportant des migrants jusqu'au port d'Arguineguín, sur l'île de Grande Canarie, le 14 janvier 2026. Un navire des garde-côtes espagnols remorque un bateau en fibre de verre transportant des migrants jusqu'au port d'Arguineguín, sur l'île de Grande Canarie, le 14 janvier 2026. 

Les évêques saluent la régularisation de 500 000 migrants en Espagne

Plusieurs institutions d'Église se sont également prononcées en faveur de cette mesure, notamment Caritas, la Conférence espagnole des religieux et le département des migrations de la Conférence épiscopale espagnole. Dans une note commune, ces instances catholiques ont qualifié la régularisation de «mesure de responsabilité politique, éthique et sociale», soulignant le lien entre irrégularité administrative et exclusion sociale.

Guglielmo Gallone - Cité du Vatican

Que ce soit le département des migrations de la conférence épiscopale espagnole, Caritas ou la conférence espagnole des religieux, dans une note conjointe, tous qualifient la régularisation extraordinaire des migrants approuvée par le gouvernement espagnol de Pedro Sánchez de «mesure de responsabilité politique, éthique et sociale». Ces organisations catholiques soulignent le lien entre irrégularité administrative et exclusion sociale, mettant en évidence le fait que l'absence de statut légal expose de nombreuses personnes à des conditions de grande vulnérabilité.

La mesure du gouvernement Pedro Sánchez

Cette mesure s'adresse aux ressortissants étrangers arrivés en Espagne avant le 1er janvier 2026, qui ont justifié d'un séjour ininterrompu d'au moins cinq mois et qui n'ont pas de casier judiciaire ni ne constituent une menace pour l'ordre public. Les demandes pourront être déposées en ligne à partir du 16 avril ou en personne, sur rendez-vous, à partir du 20 avril, la date limite étant fixée au 30 juin. La présence sur le territoire pourra être attestée par des documents nominatifs vérifiables, y compris de nature privée. Selon le gouvernement, cette régularisation vise à faire émerger le travail au noir et à renforcer le système économique et de sécurité sociale. Les estimations indiquent une augmentation potentielle du PIB pouvant atteindre 2,5 points, grâce à l’intégration dans le système formel de centaines de milliers de travailleurs. L’exécutif souligne en outre que cette mesure ne produira pas d’«effet d’appel», puisqu’il s’agit de personnes déjà ancrées dans le tissu social et économique du pays. «Il s’agit de reconnaître des droits, mais aussi d’exiger des obligations», a écrit Pedro Sanchez dans une lettre aux citoyens, soulignant que l’intégration passe nécessairement par un statut légal et une pleine participation à la vie publique.

Une mobilisation civile

Il s'agit de la septième régularisation extraordinaire depuis 1986, période durant laquelle plusieurs gouvernements ont permis la régularisation d'environ 1,3 million de personnes. L'initiative actuelle trouve également son origine dans une mobilisation de la société civile, qui avait recueilli plus de 600 000 signatures pour la présentation d'une initiative législative populaire, soutenue par des centaines d'associations et d'organismes sociaux.

La réponse de l’Église

Dans le message publié conjointement par la conférence épiscopale espagnole, Caritas et la conférence espagnole des religieux, il est également souligné que la situation d’irrégularité expose les migrants à une grande vulnérabilité, en limitant leur accès aux droits fondamentaux et en favorisant des situations de marginalisation. Selon les données citées, une part importante des migrants présents en Espagne vit dans des conditions d’exclusion sociale précisément en raison de l’absence de statut légal. C’est pourquoi la régularisation est considérée non seulement comme un outil administratif, mais aussi comme une étape nécessaire pour garantir la dignité, l’accès aux services et la pleine participation à la vie sociale. Dans le même temps, les instances ecclésiales attirent l’attention sur les difficultés opérationnelles du processus, demandant aux autorités de mettre en place des outils adaptés, de garantir des informations claires et d’offrir la possibilité de déposer les demandes également en personne, afin d’atteindre tous les bénéficiaires potentiels. L’objectif, ont-elles souligné, est d’éviter que ce soient précisément les personnes les plus fragiles qui restent exclues d’une mesure conçue pour surmonter les conditions d’invisibilité et de précarité.

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16 avril 2026, 13:02