Au Bénin, la Cité mariale de Lanta, «un oasis pour ceux qui cherchent Dieu»
Juste Hlannon / Vatican New
Dès l’entrée de l’arrondissement de Lanta situé à une centaine de kilomètres de Cotonou, s’aperçoit, au faîte d’une colline, une majestueuse Croix. En dessous de celle-ci, une couronne de 40 huttes dont quelques-unes en forme de tours, surplombe la végétation, généreuse en ces parages. Au bout de quelques kilomètres supplémentaires par voie de terre, voici la Cité mariale Notre-Dame de l’espérance. Sur les lieux, silence-radio. Ici, en effet, si la parole est d’argent, le silence est encore d’or, l’essentiel du temps étant réservé à la méditation de la Parole de Dieu dans l’oraison et l’adoration du Saint-Sacrement. Et, comme toutes les œuvres, celle-ci aussi a son histoire.
Après six années de sacerdoce, le Père Louis Hondocodo s’ouvre à son évêque d’alors, Mgr Robert Sastre (1926-2000), à propos de son désir d’«aller en mission», de rejoindre la Compagnie de Jésus. L’évêque lui propose de se mettre plutôt en groupe avec d’autres prêtres béninois partageant la même aspiration en vue d’un discernement qui devrait déboucher sur la réalisation, au niveau local, de cette «mission spéciale». Dans ce processus, le père Louis est envoyé à l’Augustinianum à Rome d'où il rentre en 1995 nanti d’un doctorat en patrologie et d’un master en spiritualité appliquée.
En septembre 1995, il présente, plan de construction à l’appui, son nouveau projet, un centre de spiritualité, à Mgr Sastre qui s’émerveille: «c’était mon rêve de jeunesse ! Je te soutiendrai jusqu’au bout». Sauf qu’en janvier 2000, celui-ci trépasse et c’est Mgr Victor Agbanou, son successeur, qui posera le 25 mars 2001, la première pierre du site. Dès lors, assure le père Hondocodo, l’objectif est clair: «donner suite à l’œuvre des premiers missionnaires». Mais comment ? «La tâche étant vaste, j’ai ciblé le volet spirituel: offrir à qui vient dans cette cité, l’occasion de faire une expérience personnelle avec Jésus qui aille jusque dans les profondeurs africaines de son être». Ainsi, «si ceux et celles qui viennent ici rencontrent effectivement le Christ et que leur inconscient culturel africain est converti, la contagion va être semée et l’Afrique ne se portera que mieux».
«Ce centre est une oasis qui s’offre à l’homme assoiffé de Dieu»
En 25 ans d’existence, le centre a ainsi accueilli des milliers de visiteurs ayant divers besoins spirituels: jeunes en quête de repères ou en discernement vocationnel, religieux ou religieuses s’apprêtant pour des vœux temporaires ou perpétuels, prêtres traversant une période d’acédie, évêque se préparant spirituellement pour son ordination, etc.
Pour Mgr Roger Anoumou, évêque de Lokossa, qui avait par ailleurs précédemment été curé à Lanta, «dans le contexte actuel où le monde devient comme une jungle et où l’homme est en proie à autant de bruits, de violences, de guerres, d’animosités, de criminalités, cette cité mariale est un poumon spirituel non seulement pour le diocèse de Lokossa mais aussi pour l’Église du Bénin et toute l’Église universelle». Mieux, renchérit-il décrivant la mission de cette cité, «ce centre offre une réponse concrète à ceux qui cherchent Dieu. Il est comme une oasis qui s’offre à l’homme assoiffé de Dieu, une montagne où l’homme peut rencontrer Dieu».
En plus du mois ignatien vécu une à deux fois par an dans le centre, de nombreux autres formats de retraites de courte, moyenne ou longue durée y sont proposés au public. Et, «très tôt, même les laïcs ont voulu profiter de cette expérience spirituelle unique qui se vit ici», fait remarquer le père Louis. C’est le cas des communautés chrétiennes charismatiques qui, ordinairement, éveillent la soif de l’intériorité et de la rencontre personnelle du Christ dans le rang des fidèles.
Antoine Boco, responsable national de la Communauté Saint Jean-Paul II au Bénin, en témoigne: «La vie intérieure tient une place centrale dans le charisme de notre communauté. Ainsi, lorsque des membres traversent une période de sécheresse spirituelle ou d’épreuves, spontanément ou sur notre recommandation, ils se rendent à la Cité mariale de Lanta pour interroger Dieu et, en dix ans d’expériences, nous constatons que de nombreux fruits en découlent».
«Il y a eu des attaques spirituelles et physiques»
Cependant, ces 25 ans d’existence de la Cité mariale de Lanta ont aussi eu leur lot de défis. En dehors des résistances rencontrées dans l’acquisition du domaine qui abrite la cité, le père Hondocodo et son équipe ont dû également essuyer diverses hostilités pendant son implantation. «Il y a eu des attaques, spirituelles d’abord, et physiques ensuite. On nous a dit que personne ne pourra vivre sur ce site et que nous allons tous mourir» se souvient, ému, le père Louis qui est certain que «tel Élie a conquis le Mont Carmel pour le culte divin en dépit du mécontentement des 450 prophètes de Baal, tel cette cité, par la grâce de Dieu, continuera son œuvre, et par la patience et la prière, nous allons conquérir le plus grand nombre pour Jésus-Christ».
Il évoque également le vandalisme, sur le site, d’une Croix en 2016 par des personnes non identifiées. À l’occasion du jubilé d’argent de cette cité, Mgr Anoumou, l’ordinaire du diocèse, souhaite «que le centre progresse, croisse davantage, continue d’avoir les moyens d’accueillir tous ceux qui s’y rendent et de correspondre à sa fonction de poumon spirituel qui permettra à l’Église au Bénin et dans le monde de respirer».
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