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Lors de 44e session de la Fondation Jean Paul II pour le Sahel, Dakar Sénégal Lors de 44e session de la Fondation Jean Paul II pour le Sahel, Dakar Sénégal 

Une révision statutaire pour redynamiser la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel

«L’approbation des nouveaux statuts de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel lui ouvre de nouvelles perspectives». C’est ce qui ressort de l’analyse de cette réforme approuvée en janvier 2026 par le Pape Léon XIV. Cette révision statutaire était notamment à l’ordre du jour de la 44e session statutaire du conseil d’Administration tenue récemment à Dakar au Sénégal.

Françoise Niamien – Cité du Vatican

La Fondation Jean-Paul II pour le Sahel comme son nom l’indique est une initiative du saint Pape Jean-Paul II. Elle a été constituée et érigée par «le Pontife Romain dans l'État de la Cité du Vatican le 22 février 1984, avec personnalité juridique, canonique et civile, afin que son appel solennel de Ouagadougou (1980) soit suivi d'effets, et qu'il demeure un signe efficace de son amour pour les frères africains». Ainsi, la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel a pour but principal «de favoriser la formation de personnes qui se mettent au service de leur pays et de leurs frères, sans aucune discrimination, dans un esprit de promotion humaine intégrale et solidaire pour lutter contre la désertification et ses causes, et pour secourir les victimes de la sécheresse dans les pays du Sahel».

Dans le cadre de ses rencontres annuelles, le Conseil d’Administration de la Fondation a réuni durant trois jours (du 11 au 16 février) dans la capitale sénégalaise ses membres titulaires que sont les évêques, administrateurs venus des pays de cette région africaine. Les travaux se sont déroulés sous la présidence de Mgr Hassa Florent Koné, évêque de San au Mali, délégué pontifical de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel, élu président de cette Fondation au cours de ladite session.

Les points à l’ordre du jour

Les réflexions des administrateurs ont porté sur la situation sociale, politique, économique et sécuritaire de chaque pays ainsi que sur la vie de l’Église locale et son action. Il s’est agi pour eux d’analyser le contexte particulier de la sous-région sahélienne en ses différents aspects pour en prendre la pleine mesure et orienter leurs actions en tant qu’Église. Un des points essentiels ayant constitué l’ordre du jour fut celui sur les statuts révisés de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel. Initiée en 2025 sous le Pape François, cette réforme a été approuvée par le Pape Léon XIV le 29 janvier 2026. Dans un entretien accordé à Vatican News le père Alphonse Seck secrétaire général de cette fondation papale est revenu sur des points de cette révision statutaire qui ouvre de nouvelles perspectives notamment au niveau des attributions du Conseil d’Administration, sur le plan économique. 

Entretien avec le père Alphonse Seck, secretaire général de la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel

Du nom et nature

De par cette révision, la Fondation aligne désormais son statut canonique sur le cadre réglementaire en vigueur pour les personnes morales instrumentales de la Curie Romaine et sur la réglementation relative au patrimoine du siège apostolique. De ce fait, «elle a désormais un siège social à l’intérieur de la Cité du Vatican et un siège opérationnel à Ouagadougou au Burkina Faso», précise le père Alphonse Seck. Relevant du Dicastère pour la Promotion du Développement Humain Intégral, la Fondation Jean-Paul II pour le Sahel concerne les pays suivants : Burkina Faso, Cap-Vert, Gambie, Guinée-Bissau, Mali, Mauritanie, Niger, Sénégal et Tchad.

Des attributions du Conseil d’administration

En ce qui concerne la gestion ordinaire et extraordinaire de la Fondation, «elle est dorénavant assurée par un Conseil d’Administration de neuf membres des évêques nommée par les conférences épiscopales des pays respecrtifs et sans intervention de la curie romaine», précise le père Seck. Partant de ces nouvelles attributions, il revient au Conseil d’Administration de préparer et d’approuver les programmes annuels et pluriannuels de la Fondation, en établissant les orientations générales à observer dans la réalisation des activités institutionnelles. Aussi, de décider du financement des projets, d’élaborer des critères et modalités de décaissement des revenus et de la gestion des revenus selon une planification annuelle et pluriannuelle des activités de la fondation.


De plus, il appartient au Conseil d’Administration d’assurer lui-même l’embauche éventuelle de collaborateurs dont il a besoin après consultation avec le Dicastère, et de la soumettre à l’autorisation préalable du Secrétariat pour l’Économie, dans les limites du budget approuvé. Un autre point issu de cette réforme, souligné par le père secrétaire concerne le vice-président du Conseil d'Administration. Il lui revient d’assurer avec autonomie et indépendance, la fonction de structuration et de supervision des contrôles relatifs à la prévention et à la lutte contre le blanchiment d'argent, le financement du terrorisme et le financement de la prolifération des armes de destruction massive. Le vice-président est également chargé de signaler toute activité suspecte à l'AIF, l'autorité vaticane de surveillance et d'information financières, conformément aux réglementations en vigueur.

Des dispositions financières

En ce qui concerne la gestion financière assurée par le Conseil d’Administration, «elle doit être en conformité avec la réglementation prévue par le Saint-Siège», a encore relevé le père Seck. En outre, elle se doit d’être conforme à la réglementation régionale (UEMOA) ou locale. (Burkina Faso). Pour ce faire, «le Conseil d’administration procédera les jours avenirs au recrutement de cabinets internationaux d’une part selon les normes de gestion financière du Saint-Siège et d’autre part selon la réglementation en Afrique de l'Ouest dans l'espace UEMOA», a-t-il ajouté. En somme, pour le secrétaire général de la Fondation cette révision statutaire donne seulement plus de clarté aux relations entre cette Fondation pontifical et le Saint-Siège, mais également dans le fonctionnement du Conseil d’Administration de ladite fondation.

Défis et actions

«La Fondation est aujourd’hui confrontée à plusieurs défis qu’ils soient sécuritaires (avec les attaques terroristes et son lot de déplacement des populations), financiers, alimentaires ou climatiques», regrette le père Seck. Pour faire face à ces défis, la Fondation par son secrétariat général entend initier plusieurs stratégies entre autres des campagnes de sensibilisation à l’aide de divers moyens de communication en vue d’une plus grande participation des fidèles des 44 diocèses du Sahel à l’effort de solidarité en faveur de la Fondation. «Parallèlement à la contribution des fidèles du Sahel, des échanges sont en cours avec des organismes de financement catholiques afin d’appuyer la Fondation dans la mise en œuvre de ses projets», révèle le prêtre sénégalais. En outre, la Fondation se définira un plan stratégique quinquennal pour travailler à l’identification et à la mobilisation de ressource.

«Notre mobilisation en tant que fidèles ou toutes personnes de bonne volonté constituera un véritable soutien pour la Fondation qui œuvre pour le bien des populations du Sahel en quête de paix, de stabilité de sécurité et d’auto-suffisance alimentaire», insiste le père Alphonse Seck.

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23 février 2026, 16:54