Nouveau protocole d’accord entre le SCEAM et l’UA pour la paix et le développement
Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican
Le renouvellement de cet accord n’est pas une simple formalité administrative, mais une feuille de route stratégique. Dans l’entretien qu’il a accordé aux médias du Saint-Siège, le cardinal Fridolin Ambongo, archevêque de Kinshasa et président du SCEAM, revient sur les grandes articulations de cette collaboration qui porte notamment sur cinq axes majeurs: la prévention des conflits, l'observation électorale, la cohésion sociale, le dialogue interreligieux et les droits humains.
«Le continent africain aujourd'hui, partout, il y a un peu des conflits, on dirait qu'il y a des feux de brousse. L'Église peut apporter sa contribution aux États pour prévenir ces conflits en développant la notion de la médiation», explique le président du SCEAM qui souligne, en outre, que sur le plan de la gouvernance, l'importance de l’éducation civique pour garantir la transparence des scrutins est cruciale: «Le souci, c’est que la volonté du peuple soit toujours respectée».
Sortir de «la concurrence» pour servir le peuple
Interrogé sur la portée de ce protocole, le cardinal Ambongo précise qu'il s'agit avant tout d'offrir un cadre juridique et institutionnel à une action que l'Église mène déjà quotidiennement sur le terrain. «Dans certains pays, malheureusement, ça donne l'impression que l'Église est en relation de concurrence. Nous voulons éviter ce genre d'interprétations pour que nous puissions travailler main dans la main dans les secteurs qui bénéficient directement aux populations». Bien que ce protocole relève d'une «déclaration de bonne intention» plutôt que d'un droit contraignant, l'acheveque de Kinshasa se réjouit du soutien des chefs d'État, citant notamment son échange fructueux avec le président burundais Évariste Ndayishimiye, futur président en exercice de l'UA.
L'Église au chevet d'une Union africaine en quête d'efficacité
Face aux critiques récurrentes sur l’impuissance de l’Union Africaine, notamment dans la région des Grands Lacs, le cardinal Ambongo exprime le souhait de voir une UA plus dynamique. Au-delà d'en constater l'impuissance, il propose une approche constructive: «aller à la rencontre de l'Union africaine et offrir notre contribution pour consolider ce travail».
L’eau et l’assainissement, urgences pour 2026
Quelques jours avant la signature de cet accord, le SCEAM avait également publié la «Déclaration d’Addis-Abeba 2026» sur la durabilité des ressources en eau, s'alignant sur le thème annuel de l'UA. Pour l'Église, l'accès à l'eau potable est un défi moral autant que social. En conclusion, le cardinal lance un appel à l'espérance, rappelant les paroles du Pape Léon XIV sur l'Afrique comme «continent de l'espérance», qui ne doit pas baisser les bras, ni se décourager car le lendemain dépend de lui.
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