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2026.02.09  Père Michael Banjo et Père Michael Umoh 2026.02.09 Père Michael Banjo et Père Michael Umoh 

Nigeria: le Secrétariat catholique dénonce les violences dans le pays

Le Secrétariat catholique du Nigeria (CSN), organe administratif de la Conférence épiscopale catholique du Nigeria (CBCN), a exprimé sa vive préoccupation face à la recrudescence des violences meurtrières et des enlèvements à travers le pays. Dans une déclaration rendue publique le samedi 7 février, les responsables de l’église du Nigeria dénoncent une situation sécuritaire qu’ils qualifient d’«alarmante» et de plus en plus intenable pour les populations civiles.

Clara Pitshilu - Cité du Vatican

Signée par le secrétaire général du CSN, le père Michael Banjo, et le directeur national des communications sociales, le père Michael Nsikak Umoh, la déclaration fait état d'une « profonde indignation et d'une grande tristesse » devant les atteintes répétées à la vie et à la dignité humaine. Malgré des années d'alertes et de promesses officielles, la violence continue de se déployer «sans contrôle», laissant derrière elle des communautés éplorées et des citoyens gagnés par la peur et le découragement. Selon le CSN, ce cycle de violences de masse a fini par transformer le Nigeria en un véritable «champ de douleur». Les responsables du secrétariat catholique du Nigeria affirment que le pays ne peut nullement banaliser les massacres ni considérer les effusions de sang comme des faits ordinaires de la vie nationale.

Le silence, l'inaction et l'impunité cause des massacres 

Intitulée «Le cri des innocents: arrêtez ce massacre au Nigeria!», la déclaration évoque plusieurs attaques survenues entre fin janvier et début février 2026. Elle s'interroge notamment sur le massacre de plus de 160 civils lors d'une attaque coordonnée à Woro, dans l'État de Kwara, ainsi que sur les violences répétées signalées dans les États du Niger, de Katsina, de Kaduna et de Borno. Pour les responsables du CSN, il ne s'agit pas d'une simple instabilité sécuritaire, mais bien d'un massacre favorisé par le silence, l'inaction et l'impunité. Ils rappellent que la Constitution nigériane engage l'État à protéger la vie de ses citoyens. L'incapacité persistante à assurer cette mission fragilise gravement les fondements mêmes de la gouvernance. La déclaration souligne également les engagements internationaux du Nigeria, notamment la Déclaration universelle des droits de l'homme et la Charte africaine des droits de l'homme et des peuples, qui consacrent le droit à la vie comme un principe fondamental et non négociable. Or, déplore le CSN, ce droit semble trop souvent considéré comme secondaire.


Appel à une révision urgente de stratégie sécuritaire et soutien aux victimes

Face à cette situation, le CSN appelle le gouvernement fédéral à une révision urgente de sa stratégie sécuritaire. Parmi les mesures proposées figurent un redéploiement plus efficace des forces de sécurité vers les zones réellement touchées par les violences, l'identification et la poursuite judiciaire des commanditaires des attaques, ainsi que la lutte résolue contre l'impunité. Les responsables de l'Église du Nigeria plaident également pour un accompagnement concret des victimes, demandant une aide humanitaire d'urgence, un soutien psychosocial et une indemnisation des familles touchées, ainsi que la reconstruction des communautés détruites afin de restaurer l'espoir et la dignité.

«Le Nigeria se trouve à la croisée des chemins», avertit le CSN, qui appelle à ne pas laisser les fosses communes devenir le symbole de l'histoire nationale. Dans un appel à l'unité, les responsables catholiques invitent les dirigeants politiques, religieux et communautaires à dépasser leurs divisions pour œuvrer ensemble au rétablissement de la paix. 

Enfin, dans une perspective de foi, ils confient la nation nigériane à la miséricorde de Dieu, priant pour la guérison, la justice et la réconciliation, et expriment l'espoir que le sacrifice des innocents suscite un engagement renouvelé en faveur de la vie, de la paix et de la justice au Nigeria.

 

 

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09 février 2026, 15:23