Famille Myriam Beth’léhem en Haïti, «un lieu qui active notre foi»
Myriam Sandouno – Cité du Vatican
Choisis par le Seigneur et envoyés dans le cadre de leur mission évangélique comme des «prophètes, des messagers et des messagères qui annoncent la présence du Seigneur et en préparent le chemin», prêtres, religieux ou religieuses, moines ou moniales, laïcs consacrés, continuent d’offrir amour et espérance de Jésus à des cœurs brisés à travers le monde. Lundi 2 février dernier, en la fête de la présentation du Seigneur ayant marqué la célébration de la 30e Journée mondiale de la Vie consacrée, le Pape Léon XIV avait salué «les multiples services de charité» que les consacrés offrent, rappelant qu’ils sont «appelés à témoigner que Dieu est présent dans l’histoire comme salut pour tous les peuples».
«Des vivoirs de miséricorde»
Même dans les contextes les plus difficiles, en situation de guerres et de conflits, dans des milieux hostiles, les personnes consacrées, armées de foi et de courage, se font proches du peuple de Dieu, des croyants ou non. La Famille Myriam Beth’léhem fondée le 13 janvier 1979 par sœur Jeanne Bizier à Baie-Comeau sur la Côte-Nord du Québec, en est un exemple parmi tant d’autres.
Elle compte 14 foyers de Famille dans le monde, «des vivoirs de miséricorde», dont celui de Port-de-Paix en Haïti, pays où les gangs contrôlent toujours plus de 80% de la capitale Port-au-Prince, terrorisent les citoyens et font exploser les cas de violences sexuelles. Au milieu de ce chaos: instabilité politique et sécuritaire, crise humanitaire, le père haïtien Noël Jean-Baptiste, membre de la Famille Myriam Beth’léhem, affirme «voir des consacrés qui donnent toute leur vie pour poursuivre avec joie leur mission, malgré les difficultés, la pauvreté, la souffrance et la misère. Ils sont joyeux, insiste-t-il pour œuvrer auprès du peuple haïtien».
Des missionnaires dévoués
Le père Jean-Baptiste a célébré les 30 ans de la Journée mondiale de la Vie consacrée avec beaucoup d’espérance pour son pays, mais également pour les États qui ont aujourd’hui soif de paix. Il loue le courage des missionnaires et consacrés installés en Haïti citant entre autres: les Missionnaires de la charité, les missionnaires africains et d’autres confessions religieuses.
À Port-de-Paix, le foyer du Cénacle Myriam fondé en septembre 1981, reste une «présence d’écoute, de prière et d’accompagnement, de partage» avec ses moyens, pour apporter soulagement et réconfort à «un peuple qui souffre et manque de tout», confie le prêtre, témoignant d’«une expérience de providence».
Vie de personne consacrée et foi
Sœur Emilie Desgagné, aussi membre de la Famille Myriam Beth’léhem, originaire du Canada, réside en Haïti depuis maintenant deux mois. Elle expérimente dans sa vie de consacrée la fidélité de Dieu dans ce pays en pleine crise: «Ça m'enrichit beaucoup d'être ici, parce que ça m'apprend énormément à faire confiance au Seigneur et à le laisser nous mener. C'est aussi un lieu pour énormément activer notre foi en Haïti, parce qu'on ne voit pas toujours les fruits, mais on est sûr de Dieu, et qu’Il est agissant» affirme-t-elle avec conviction, lâchant un sourire.
Accompagnement, vocation et discernement
Le foyer du Cénacle Myriam Port-de-Paix consacre également ses activités à la formation et à l'évangélisation. «Il collabore avec le diocèse pour offrir un ressourcement aux jeunes hommes en année propédeutique avant l’entrée au séminaire». Et ceux qui, particulièrement, n'arrivent pas à discerner leurs appels, sont aidés: «Face à l'accompagnement des gens qui viennent dans nos maisons, spécialement les jeunes qui cherchent leur vocation, explique la sœur Emilie, on essaie de trouver avec eux, ce qu'on appelle ‘‘la carte d'identité familiale’’, la véritable identité, sous le regard de Dieu. Et souvent des gros mensonges peuvent être éclairés. Et là, la personne repart en étant éclairée sur ce que le Seigneur attend d'elle. C'est quelque chose de très important, de guérissant pour les gens, et qui les aidera pour toute leur vie».
«Qu'en serait-il du monde, s'il n'y avait les religieux?»
La vie consacrée est un don de Dieu «qui, comme le soulignait Jean Paul II, enrichit et réjouit l'Église par la multiplicité des charismes et le dévouement de tant de vies totalement données au Seigneur et aux frères». «Qu'en serait-il du monde, s'il n'y avait les religieux?» se demandait avec raison sainte Thérèse. Instituée par le Pape Jean Paul II en janvier 1997, fruit du Synode des évêques sur la vie consacrée et de la publication de l’Exhortation apostolique «Vita consecrata», la Journée de la Vie consacrée a été vécue par sœur Caroline Fontaine de la Famille Myriam, avec beaucoup de reconnaissance envers le Seigneur.
Sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus
Issue d'une famille de huit enfants, également originaire du Canada, et vivant en Haïti depuis plus de deux ans, elle se souvient encore de son appel et raconte: «Mon désir, c'était de me marier aussi, mais, j'ai reçu mon appel. Le Seigneur a commencé à m'interpeller à travers un film que j'ai visionné, un film de sainte Thérèse de l'Enfant-Jésus». Dans ce film, «je la voyais tellement heureuse et amoureuse du Christ que ça me donnait le goût, moi aussi de me donner à Jésus. Alors c'est ainsi que tout a commencé. Puis, je me suis rendue à une semaine de ressourcement pour les adolescentes, pour des jeunes filles que la Famille Myriam offrait pendant l'été. Et c'est pendant cette semaine-là, que j'ai fortement ressenti l'appel de Dieu. C'est une expérience spirituelle» affirme la religieuse.
«Le Seigneur nous redonne au centuple»
Sœur Caroline expérimente avec enthousiasme sa vocation, et encourage à répondre à l'appel de Dieu: «Souvent, pour la vie consacrée, on perçoit beaucoup d'exigences: quitter sa famille, ses projets... On se dit je n’aurai pas de famille, pas de mari et d’enfants etc…Je dirais de ne pas avoir peur de tout donner parce qu'il y a plus de joie à donner qu'à recevoir».
Spiritualité de la Famille Myriam
«C'est une vie de don. On donne et le Seigneur nous redonne au centuple», déclare-t-elle, affichant aujourd’hui sa joie d’être membre de la Famille Myriam Beth’léhem, dont «la spiritualité se caractérise par une vie contemplative, à l’écoute de Dieu, centrée sur l’adoration eucharistique». Elle s’exprime dans «une vie fraternelle d’accueil et de simplicité, à la manière de la Sainte Famille», et «s’incarne dans une vie missionnaire, au service de la communion, qui veut livrer au monde un message d’espérance».
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