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Le cardinal Anthony Poola est le nouveau président de la Conférence épiscopale indienne (CBCI). Le cardinal Anthony Poola est le nouveau président de la Conférence épiscopale indienne (CBCI). 

Inde: Anthony Poola, un cardinal dalit élu à la tête de l’épiscopat

Le premier cardinal dalit de l’histoire a été élu président de la conférence épiscopale indienne, lors de l’assemblée plénière des évêques du pays-continent, réunis à Bangalore jusqu'au 10 février. Le cardinal Anthony Poola, archevêque d’Hyderabad, aura la charge de conduire l’Église du pays le plus peuplé du monde.

Delphine Allaire – Cité du Vatican

Les dalits, autrement appelés «les intouchables», ont désormais un éminent représentant au sein de l’épiscopat catholique indien. «À une époque marquée par les divisions, la violence et les tensions sociales croissantes, l'Église est appelée à être un signe de réconciliation, de dialogue et d'espérance», a déclaré le cardinal Anthony Poola après son élection à bulletin secret, le 7 février, quelques jours avant la fin de l’assemblée plénière des évêques des trois Églises d’Inde -latine, syro-malabare et syro-malankare- le 10 février.

Le cardinal de 64 ans, également premier cardinal de l'ethnie Telugu, succède à Mgr Andrews Thazhath de Trichur, évêque de l'Église syro-malabare, qui a occupé ce poste pendant quatre ans. L’archevêque d’Hyderabad, devenu prêtre à l’âge de trente ans, accepte cette nouvelle charge «avec humilité, conscient que la direction de l'Église est un service fondé sur l'écoute, la prière et le discernement partagé».

Créé cardinal par le Pape François en 2022

Dans une interview accordée à Radio Vatican-Vatican News lorsqu'il a reçu la barrette cardinalice en 2022, Mgr Poola évoquait les progrès significatifs réalisés par les dalits et d'autres groupes marginalisés, ainsi que les luttes en cours. «Certaines personnes se battent vraiment pour que leur talent et les différentes activités qu'elles mènent soient reconnus», assurait le cardinal indien.

En Inde, sur près de 180 évêques des trois rites, seuls 12 sont dalits, souligne John Dayal, porte-parole de l’organisation All India Catholic Union à l’agence UCAnews, rappelant que les Dalits et les populations tribales représentent plus de 60% des catholiques indiens.

Inquiétudes sur la liberté religieuse 

Dérivé du sanskrit signifiant «opprimé» et désignant les personnes exclues du système traditionnel des quatre castes de la société hindoue, «dalit» est une étiquette portée par des personnes qui, pendant des siècles, ont été systématiquement exploitées et soumises à des atrocités. L'Inde a officiellement abandonné le système des castes dans sa constitution de 1948 et a mis en place des programmes d'action positive et des ressources pour aider les personnes historiquement marginalisées.

Lors de cette assemblée de la conférence épiscopale catholique indienne, les évêques ont exprimé leur inquiétude face à l'augmentation des inégalités dans le pays. Un appel pressant en faveur de l'abrogation des lois incompatibles avec la liberté religieuse et le droit à la vie privée a été lancé. Selon les évêques, de nombreuses personnes innocentes sont emprisonnées sur la base d'accusations infondées de conversions religieuses forcées. «L'article 25 de la Constitution garantit que tous les individus ont un droit égal à la liberté de conscience et le droit de professer, de pratiquer et de propager librement leur religion», rappellent-ils dans une déclaration, soulignant la négation des droits des dalits chrétiens qui «se poursuit depuis des décennies sous forme de discrimination indirecte, malgré les nombreux appels à l'égalité et à la justice».

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12 février 2026, 12:24