Des cardinaux africains rendent hommage au cardinal Pengo
Françoise Niamien - Cité du Vatican
Les funérailles du cardinal Polycarp Pengo sont célébrées ce samedi 28 février 2026 au Pugu Pilgrimage à Dar-es-Salaam, la capitale tanzanienne. Occasion pour l’Église, mais aussi pour tout un pays de rendre un ultime hommage à un de «ses dignes fils et pasteur».
Un demi-siècle au service de l'Église et de la paix
Ordonné prêtre le 20 juin 1971, nommé évêque en 1983, l’archevêque émérite est créé cardinal lors consistoire du 21 février 1998, par le saint Pape Jean-Paul II. Il participa au conclave d'avril 2005 qui a élu le Pape Benoît XVI et à celui de mars 2013 qui conduisit le Pape François sur le trône de Pierre. Infatigable défenseur de la paix, il a œuvré à faire de l’Église un pilier social en Tanzanie en s’engageant pour la paix et la justice. Très investie dans la vie de l’Église en Tanzanie, le cardinal Pengo a mis en œuvre «une inculturation authentique du message évangélique dans la vie du peuple».
L'engagement panafricain: l'héritage du SCEAM
«Il aura été un pasteur très engagé pour l'Église en Afrique», témoigne le cardinal Théodore Adrien Sarr archevêque émérite de Dakar au Sénégal, suite au rappel à Dieu de celui avec qui il a collaboré six ans durant à la tête du Symposium des Conférences épiscopale d’Afrique et de Madagascar, SCEAM. Le Cardinal Pengo a assuré la présidence du symposium durant deux mandats (de 2007 à 2013) ayant pour vice-président le cardinal Sarr. «Nous avons eu une belle collaboration. Nous avons travaillé ensemble à ce que le Vatican finisse par approuver officiellement les statuts du Symposium», révèle le cardinal sénégalais. «Nous avons ensemble travaillé à une plus grande implication des Conférences épiscopales dans la dynamique du Symposium», a-t-il ajouté.
Un intellectuel épris d'unité et de développement
L’archevêque émérite de Dakar garde notamment de ce grand pasteur, «les qualités d’un grand intellectuel, d’un homme épris de paix, de communion et d’unité». «Il s’est investi à faire du SCEAM une oreille attentive aux problèmes du Continent» ou encore «un instrument engagé pour la paix et l’unité des Africains les exhortant à prendre conscience de leur responsabilité dans le développement du continent». «Je l’ai beaucoup aimé pour toutes ses qualités, son amour pour l’Église et son engagement pour l’Afrique», a fait savoir le cardinal Théodore Adrien Sarr. «Que Dieu lui accorde la récompense du bon serviteur», a-t-il souhaité.
Soutien indéfectible à la région des Grands Lacs
«Que le Seigneur lui accorde la récompense du bon serviteur pour tout le bien qu'il a fait à tous ses semblables, pour sa grande implication dans la vie de l’Église en Afrique, mais aussi et surtout dans celle de la région des Grands Lacs», a pour sa part déclaré le cardinal Kambanda. L’archevêque de Kigali au Rwanda garde de l’archevêque émérite de Dar-es-Salaam sa grande proximité témoignée à toute l’Église au Rwanda au moment tragique de l’histoire du pays en 1994.
«Alors évêque de Sumbawanga, il a été un grand secours pour des milliers de réfugiés rwandais en les accueillant dans son diocèse», s’est encore remémoré le président de la Conférence épiscopale rwandaise. «Homme de paix, d'unité et de réconciliation», le deuxième cardinal Tanzanien a assuré plusieurs missions d’évêques dans des diocèses en difficulté, pour les encourager et les conseiller», a ajouté le cardinal Kambanda. Il a été un pasteur de grande sagesse, de foi. Il inspirait l'espérance, c’est en ces mots que l’archevêque de Kigali décrit le cardinal du cardinal Tanzanien. «Nous lui en saurons gré à tout jamais», a-t-il conclu.
Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici