Recherche

Une infirmière serre les mains d'une patiente. Une infirmière serre les mains d'une patiente. 

Les évêques canadiens disent ‘‘non’’ à l’extension de l’euthanasie

«La vie humaine est un don qu’il faut protéger et valoriser à chaque étape et en toutes circonstances.» C’est ce que réitère une déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) publiée ce mercredi 04 février concernant le projet de loi C-218, dont l’objectif est d’empêcher l’accès à l’euthanasie et au suicide assisté par un médecin pour les personnes dont le seul problème médical est une maladie mentale.

Janvier Yaméogo - Cité du Vatican

La déclaration du Conseil permanent de la Conférence des évêques catholiques du Canada (CECC) appuyant le projet de loi C-218 est intitulée «Loi modifiant le Code criminel (aide médicale à mourir)». S'inscrivant dans la longue tradition de rejet de l’«AMM» elle cherche à en limiter la portée dans la société canadienne. Cette déclaration en continuité avec le rejet constant de la culture de la mort a été approuvée par 14 évêques qui constituent ensemble le Conseil permanent, la plus haute instance d’autorité de la CECC entre les assemblées plénières.

Constant rejet de l’aide médicale à mourir (AMM)

En rappel, le projet de loi d’initiative parlementaire C-218 a été présenté à la Chambre des communes le 20 juin 2025. Il propose d’abroger l’extension de l’«aide médicale à mourir (AMM)» prévue pour 2027, laquelle permettrait aux personnes dont le seul critère d’admissibilité serait un trouble mental d’y avoir accès.

La position de la déclaration s’aligne avec la Lettre ouverte du Conseil permanent au gouvernement fédéral sur la permission accordée aux personnes atteintes de maladies mentales d’avoir accès à l’euthanasie et au suicide assisté (2023): «Le fait de permettre ou d’aider ces patients et patientes à se suicider contredit directement les stratégies nationales de prévention du suicide et renie notre responsabilité sociale collective de fournir aux personnes vivant avec des problèmes de santé mentale un traitement, un soutien et de l’espoir par le biais d’interventions thérapeutiques».

«Tant que la législation canadienne continuera regrettablement de permettre l’euthanasie, la CECC préconisera également des mesures visant à empêcher que des segments encore plus larges et plus vulnérables de la population y aient accès» poursuit la déclaration soulignant comment l’adoption du projet de loi C-218 constituerait une avancée constructive en limitant l’euthanasie et en protégeant les personnes ayant une maladie mentale.

Améliorer l’accès aux traitements pour les maladies mentales

La déclaration des évêques est formelle: «mettre fin à l’AMM lorsqu’un trouble mental constitue le seul problème médical sous-jacent». Aussi encourage-t-elle les fidèles catholiques, en communion avec leur évêque local, ainsi que toutes les personnes de bonne volonté, à exprimer leur appui à cette initiative.

S’appuyant sur des études empiriques ainsi que le jugement professionnel de nombreux experts et expertes en santé mentale, la déclaration souligne que les troubles mentaux ne sont pas nécessairement irrémédiables, mettant donc en évidence la nécessité d’améliorer l’accès aux traitements pour les maladies mentales, y compris les soins palliatifs.

Le Conseil permanent conclut par une exhortation à permettre que le vote parlementaire sur le projet de loi C‑218 se déroule selon la conscience des parlementaires plutôt que selon la ligne de parti.

La vie humaine est un don qu’il faut protéger et valoriser

Avec constance les évêques rappellent que «l’euthanasie et le suicide assisté – que ce soit pour les personnes malades, mourantes, ayant un handicap, ou souffrant d’un trouble mental – sont toujours moralement inacceptables.» Ces actes ne tiennent pas compte de la dignité inviolable de chaque personne, fragilisent les liens familiaux et relationnels, et érodent notre responsabilité collective en tant que société de protéger la vie humaine et d’offrir des soins aux personnes marginalisées et vulnérables. «La vie humaine est un don qu’il faut protéger et valoriser à chaque étape et en toutes circonstances.»

«En tant que chrétiens, peut-on lire dans la déclaration, notre réponse aux personnes vivant avec des troubles mentaux devrait s’inspirer du témoignage puissant du Bon Samaritain (Luc 10, 25-37), qui, plutôt que d’abandonner son prochain dans le besoin, a répondu personnellement avec charité, compassion, soin et sacrifice, se faisant porteur de l’amour de Dieu et signe d’espérance.»

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

09 février 2026, 10:59