Le PACTPAN et les fausses promesses utilisées par les réseaux de traite
Fabrice Bagendekere, SJ avec Sœur Katunge
Sainte Joséphine Bakhita, célébrée le 8 février de chaque année, est une occasion pour l'instance ecclésiale africaine de faire mémoire des victimes et des survivants de la traite et de réaffirmer son engagement à protéger la dignité humaine. Cette année, l'Armée Contre la Traite des Personnes pour le Réseau Panafricain de Théologie et de Pastorale Catholiques vise à faire participer un public le plus large possible. À l’aide des ressources numériques partagées, l’ensemble du continent se réunira en ligne, d’abord en réseaux sous-régionaux, avant une plateforme continentale, via Zoom et YouTube (PACTPAN), qui accueillera une allocution du professeur Patrick Loch Otieno Lumumba, africaniste et défenseur de la justice et de la dignité humaine. Inspiré par la vie et le témoignage de sainte Joséphine Bakhita, «qui a transformé la souffrance en espoir et en liberté», ce rassemblement continental se veut défendre que «ce qui est utilisé pour nuire peut également être utilisé pour guérir».
Promouvoir une migration sûre, en dénonçant les fausses promesses des réseaux
La réflexion du professeur Lumumba consistera essentiellement en une remise en question des «systèmes qui déshumanisent», avec une insistance sur «la responsabilité éthique à l'ère numérique». Il s’agira de démontrer que «les réseaux sociaux et les plateformes numériques, souvent utilisés par les trafiquants pour tromper, recruter et exploiter, peuvent et doivent être récupérés comme outils de protection, d'éducation, de liberté et d'espoir». Ancrée dans la doctrine sociale de l’Église, «en particulier les principes de dignité humaine, de solidarité et de bien commun», cette initiative d'évangélisation numérique vise à «autonomiser les jeunes, à promouvoir une migration sûre et dénoncer les fausses promesses utilisées par les réseaux de traite».
L’histoire de Sainte Josephine Bakhita
Sainte Joséphine Bakhita est née en 1869 dans ce qui est aujourd'hui le Soudan du Sud. Elle avait 9 ans lorsqu'elle a été kidnappée au Darfour, au Soudan, par des marchands d'esclaves arabes et vendue comme esclave. Le choc pour la jeune fille fut si grand qu’elle ne se souvint même plus de son nom et que ses ravisseurs l’appelèrent “Bakhita” par moquerie, ce qui signifie «celle qui a de la chance». Elle fut achetée par un riche Arabe qui la traite si violemment qu’elle resta plus d’un mois sans pouvoir bouger. À l’âge de dix ans, elle fut à nouveau vendue, cette fois à un général turc. Là encore, elle subit des cruautés atroces.
Sa vie changea, en 1883, lorsqu’elle fut vendue à un représentant du consulat italien. Elle trouva une famille accueillante, où elle servit comme domestique. Lorsque la guerre mahdiste éclata, le diplomate dut quitter le pays et retourner en Italie. En 1884, elle arriva en Vénétie. Confiée à un couple d’amis de la famille du diplomate à Zianigo (Venise), elle devint la gouvernante de leur fille.
En 1888, le couple pour lequel elle travaillait partit pour l’Afrique et, pendant neuf mois, Bakhita et la petite fille furent confiées temporairement à l’Institut des catéchumènes de Venise, tenu par les Filles de la Charité (Canossiennes). Elle découvrit ainsi la vie de sainte Madeleine de Canossa, fondatrice des Canossiennes, qui fit naître en elle le désir de faire connaître Jésus et de s’occuper des pauvres.
Elle fut baptisée le 9 janvier 1890, recevant également la confirmation et la première communion. Elle choisit le nom de Joséphine, comme sa marraine, et conserva les noms de Fortunata et Bakhita. Elle nourrissait une grande dévotion pour la Vierge et reçut la médaille ainsi que le ruban bleu des Filles de Marie. Peu à peu, elle ressentit l’appel du Seigneur et, en 1893, la Supérieure des Sœurs Canossiennes lui permit d’entrer au noviciat. Elle prononça ses premiers vœux en 1896 et fut chargée de la cuisine.
En 1902, elle fut déplacée au couvent de Schio, où elle restera toute sa vie. Elle fut successivement cuisinière, sacristaine et aide-soignante pendant la Première Guerre mondiale. C’est ainsi que les gens apprirent à connaître et à aimer «Madre moretta», comme on l’appelait.
En 1927, elle prononça ses vœux perpétuels. En 1930, à la demande de la mère supérieure, une écrivaine interviewa Joséphine Bakhita dans le but de préparer sa biographie. Le livre, intitulé “Storia meravigliosa”, «Une histoire merveilleuse», fut publié en 1931.
À partir de 1933, elle commença à voyager à travers l’Italie avec une autre religieuse pour sensibiliser le public au travail missionnaire. À partir de 1939, sa santé se détériora et elle ne quitta plus Schio, priant et offrant pour la conversion des pécheurs. Elle mourut le 8 février 1947 à Schio.
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