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Le cardinal Charles Maung Bo, le 28 Mars 2025. Le cardinal Charles Maung Bo, le 28 Mars 2025.   (Cardinal Charles Maung Bo of Myanmar)

Le message de paix du cardinal Bo, dans une Birmanie en guerre

Dans son récent message de Noël, le président de la Conférence des évêques catholiques de Birmanie (CBCM), lance un appel pressant en faveur de la paix et du désarmement.

Deborah Castellano Lubov – Cité du Vatican

«Même si l'espérance est ébranlée par la guerre, le terrorisme et les inégalités, la paix reste un besoin indéniable de l'humanité», a déclaré le cardinal Charles Maung Bo, archevêque de Rangoun en Bimanie dans son récent message de Noël. Le président de la Conférence des évêques catholiques de Birmanie a en effet souligné qu'en cette période où l'on se souhaite «la paix soit avec vous», cette paix trouve ses racines dans celle offerte par l'Enfant-Jésus. Le cardinal a insisté sur le fait que cet Enfant «peut entrer dans nos cœurs» et a «le pouvoir de nous transformer». 

Une paix sans armes

Réfléchissant au conflit dans son pays et aux guerres dans le monde entier, le cardinal Bo a réaffirmé: «La paix du Christ ressuscité est une paix sans armes». Il a rappelé comment, en son temps, Jésus avait apporté une transformation politique et sociale sans violence, exhortant les chrétiens «à témoigner de cette voie noble et à inviter tous les hommes à rejeter la cruauté». 

Le danger de la peur

Pourtant, alors que tout le monde aime et aspire à la paix, le cardinal a déclaré que dans ce monde où l'incertitude grandit, la peur augmente, non seulement parmi les individus, mais aussi parmi des nations entières. «La paix semble lointaine. Les gens se préparent à la guerre au nom de la paix. Les gouvernements sont accusés de faiblesse s'ils ne répondent pas à la violence par la violence» a-t-il déploré. En conséquence, a-t-il fait remarquer, presque tous les pays continuent d'accumuler des armes.

L’archevêque de Rangoun a rappelé que, selon des estimations récentes, rien qu'en 2024, les dépenses militaires mondiales ont atteint 2 718 milliards de dollars américains, déplorant que «cette course aux armements soit considérée comme une responsabilité inévitable» et que «la racine de cette crise réside dans des relations entre les nations qui ne sont pas fondées sur le droit, la justice et la confiance, mais sur la peur et la domination». Il a observé que, par conséquent, les gens vivent dans une anxiété constante, convaincus qu'une guerre peut éclater à tout moment.


Des alternatives au stockage d'armes

«Tant que la peur dominera, les armes continueront de se multiplier», a-t-il déclaré. «Aujourd'hui, au lieu de stocker des armes, les nations doivent choisir le respect mutuel et la coopération comme voie vers une paix durable». C'est pourquoi, a poursuivi le cardinal birman, le Pape Léon XIV appelle à l'abolition complète des armes. «Mais cet appel va plus loin: nous sommes également invités à désarmer les armes qui se trouvent dans nos propres cœurs».

Soulignant que la paix «doit d'abord prendre racine dans nos cœurs», le cardinal Bo a rappelé aux fidèles que «la religion a également un rôle crucial à jouer dans la consolidation de la paix» et a dénoncé le fait que le monde, les conflits politiques, les divisions ethniques et le terrorisme abusent parfois de la religion.

Les pas essentiels vers la paix

«Nous avons tous la responsabilité d'empêcher que le nom de Dieu soit utilisé à mauvais escient», a-t-il réaffirmé, citant «la prière, la pratique spirituelle et le dialogue interreligieux» comme «pas nobles et essentielles vers la paix». Le président de la Conférence épiscopale birmane a réaffirmé que chaque communauté religieuse est appelée à construire des foyers pacifiques par le dialogue, la justice et le pardon, et «jamais par la haine».

Le cardinal a enfin souhaité «que la paix ne se manifeste pas seulement en paroles, mais qu'elle soit prouvée par des actes», notamment par le dialogue, l'écoute et la patience. «La haine et la violence», a-t-il observé, «découlent de la faiblesse humaine, mais le pardon et la miséricorde sont les forces qui reconstruisent l'humanité». «Que Dieu bénisse tous ceux qui œuvrent pour la paix en Birmanie par tous les moyens possibles» a-t-il ajouté. 

Les appels du Pape Léon à la paix et pour la Birmanie

Lors de la Journée mondiale des missions, le Pape Léon XIV avait lancé un appel en faveur d'un cessez-le-feu immédiat et effectif en Birmanie et a appelé à la paix dans ce pays et dans toutes les zones de conflit à travers le monde. Le message du Pape Léon XIV à l'occasion de la journée mondiale de la paix, célébrée le 1er janvier est axé sur une "paix désarmée et désarmante". 

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03 janvier 2026, 11:52