Mali: session ordinaire des évêques pour discerner et consolider la mission de l’Église
Moriba Camara, S.J. - Cité du Vatican
Cette rencontre de la Conférence épiscopale du Mali (CEM) sera, selon l’abbé Abel Kassongué, «avant tout un temps de travail, de discernement et de responsabilité pastorale», centrée sur la situation financière de l’Église et sur la gestion de structures essentielles «telles que l’enseignement catholique, les œuvres sociales et les institutions nationales».
L’objectif, précise-t-il, est d’«évaluer la situation financière actuelle de l’Église au Mali», d’identifier les défis et de dégager «des orientations réalistes, responsables et solidaires», pour assurer la continuité et la crédibilité de la mission ecclésiale.
Finances, enseignement, santé: des dossiers au centre des échanges
Parmi les thèmes annoncés figure d’abord l’examen de la situation financière dans un contexte économique national difficile, ainsi que l’étude du bilan et du compte de résultat de la ferme Songhaï, projet pensé comme une voie d’«autoprise en charge progressive de l’Église».
Les évêques se pencheront ensuite sur la situation de l’enseignement catholique, qui traverse «une période difficile». Une réflexion sur la «refondation des structures de l’enseignement» est engagée afin de renforcer «sa stabilité et sa crédibilité».
La session fera également le point sur l’Université Catholique de l’Afrique de l’Ouest (UCAO), Unité Universitaire de Bamako, et sur l’hôpital Mali-Gavardo, présenté comme un «projet soutenu par des volontaires italiens et porteur d’espérance pour le secteur de la santé». Enfin, des nominations sont prévues pour plusieurs structures nationales dont les mandats arrivent à échéance, signe d’une volonté d’organiser la gouvernance et la mission dans la durée.
Un discernement dans un contexte «particulièrement délicat»
Cette session s’inscrit dans une situation sociopolitique et sécuritaire que l’abbé Kassongué qualifie de «particulièrement délicate», marquée par l’instabilité, les déplacements de populations et des difficultés économiques qui fragilisent les structures sociales, éducatives et sanitaires.
Dans ce contexte, souligne-t-il, l’Église «partage les souffrances, les inquiétudes et les espérances du peuple» et cherche à discerner comment poursuivre sa mission d’annonce de l’Évangile, de promotion de la paix, de cohésion sociale et de service des plus vulnérables, tout en s’adaptant aux réalités du pays.
«L’Église malienne, petite en nombre, mais riche par sa foi»
Parmi les défis, l’abbé Kassongué évoque la pauvreté croissante, le chômage des jeunes, les déplacements de populations, mais aussi les exigences propres au témoignage chrétien dans un pays majoritairement musulman, où ce témoignage doit rester «humble» et «respectueux». Il souligne toutefois que l’ambiance entre musulmans et chrétiens s’inscrit «véritablement dans la fraternité et la solidarité». Et malgré les obstacles, l’Église au Mali «garde une espérance vivante» fondée sur la fidélité du Seigneur, la prière, l’engagement des communautés et la solidarité entre diocèses, avec la confiance que l’Église universelle peut aider à «surmonter les obstacles» et à construire un avenir de justice et de cohésion.
Concluant ses propos, l’abbé Abel Kassongué a lancé un appel «fraternel et confiant» à l’Église universelle: «Nous demandons avant tout la prière», car «sans elle, nos efforts restent fragiles. Nous avons besoin de sentir que nous ne sommes pas seuls au Mali». Il sollicite aussi «la solidarité ecclésiale» pour soutenir l’enseignement catholique et les œuvres sociales, «signe concret de l’amour du Christ pour tous, sans distinction».
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