Gabon: les évêques résolus à garantir une gestion exemplaire
Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican
Les évêques du Gabon se sont réunis à Libreville du 13 au 18 janvier pour leur 23ᵉ assemblée plénière ordinaire, avec pour thème: «De la bonne gestion des biens à l'autonomie financière de notre Église locale». La principale articulation de ce thème a été la problématique de la gestion du denier de l'église, dont les principales sources sont la quête et les intentions de messes. Selon le père Séraphin Obame Ndong, Secrétaire Général de la Conférence Episcopale du Gabon, ce thème, qui par ailleurs «n'est pas nouveau puisque depuis 2012, il existe au sein de la Conférence épiscopale du Gabon, des normes nationales en matière de gestions des biens», parait crucial en ce moment précis de l'histoire où «les subsides se font plus ou moins rares». Pour le Secrétaire Général de la Conférence Episcopale du Gabon, cette problématique «a des implications plus ou moins prophétiques».
Une plus grande implication des conseils paroissiaux et diocésains dans la gestion des affaires économiques
«L'Église ne peut être prophétique que si d’abord elle est autonome, si nous ne vivons pas une situation de perfusion vis à vis des autorités politiques», affirme le père Séraphin Obame Ndong, soulignant que «l’indépendance financière de l’Eglise permet de ne pas être à la remorque des autorités politiques et plus en général, de pouvoir agir sans dépendre de qui que ce soit». De cette stature, les évêques gabonais ont tiré deux implications. La première consiste à réveiller chez les prêtres l’essence de leur ministère, en leur rappelant notamment que «depuis la première communauté chrétienne, les apôtres ont décidé de se consacrer d'abord à l'Évangile et de confier la gestion des biens terrestres aux diacres. Et donc que le prêtre n'est pas un homme à tout faire». «La spécialité du prêtre est l'annonce de l'Évangile», insiste le Secrétaire Général de la conférence épiscopale. Les évêques mettent ici l’accent sur l’implication des conseils paroissiaux et diocésains dans la gestion des affaires économiques de l’Eglises locales.
Mise en œuvre d’une co-responsabilité différenciée dans le bon fonctionnement de l'Église
La deuxième implication de cette vision ecclésiale consiste à amener les fidèles laïcs à une plus grande promptitude dans les services ecclésiaux, indique le père Obame Ndong. «Les fidèles ne doivent pas être des spectateurs, ils doivent agir (..) ils doivent être des membres actifs, des pourvoyeurs mêmes des richesses dans l'Église, mais aussi contribuer à leur gestion», explique-t-il. L’ecclésiastique insiste notamment sur le fait que chaque chrétien a l’obligation morale de payer le denier de l'Église, «qu’il ne faut pas considérer comme une faveur qu'on fait au prêtre». Il évoque par ailleurs le droit des chrétiens de demander aux prêtres d’associer leurs intentions à la célébration eucharistique.
En somme, indique le Secrétaire Général de la Conférence Episcopale du Gabon, «les évêques insistent sur la mise en œuvre d’une co-responsabilité différenciée dans le bon fonctionnement de l'Église, du point de vue des finances et des biens principalement».
Garantir l'honnête subsistance du clergé, pour une plus grande efficacité dans l'évangélisation
Dans la même perspective, la Conférence épiscopale gabonaise a abordé la problématique de l’équilibre dans la répartition des subsides aux prêtres. Les évêques sont résolus à ce que, «d'ici deux ou trois ans, tous les prêtres puissent avoir des intentions de messes statutaires, quel que soit le territoire où on est affecté», indique le père Obame Ndong. Il souligne que cette résolution vise d’une part à subvenir aux besoins des prêtres affectés dans des paroisses situées dans l’arrière du pays, d’autre part à constituer un fond de réserve qui puissent alimenter les caisses d’autonomisation des services sociaux des différents diocèses.
Le Secrétaire Général de la Conférence Episcopale invite les fidèles du Gabon et tous les hommes de bonne volonté à s'engager, «à la mesure de la responsabilité et des possibilités de chacun», pour l’aboutissement d’«une Église pourvoyeuse des biens, au secours des fidèles, garante de l'honnête subsistance du clergé, pour une plus grande efficacité dans l'évangélisation».
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