Clôture du 49ème séminaire annuel des évêques du Cameroun. Clôture du 49ème séminaire annuel des évêques du Cameroun. 

Cameroun: l'Église réaffirme son engagement au service de tous

Le 49e séminaire annuel des évêques du Cameroun s’est clôturé le 10 janvier 2026. Ils entendent promouvoir la communion et la collégialité, pour une meilleure organisation et coordination de la pastorale au sein de la Conférence épiscopale, et pour mieux guider les fidèles. Dans un contexte national marqué par des fragilités sécuritaires et sociales, les prélats lancent un vibrant appel à la paix.

Paul-Valérie Mendogo -  Douala

Tenu dans la localité de Kumba du 3 au 10 janvier dernier, sous le thème «Communion et collégialité», le séminaire des évêques camerounais a été une rencontre à forte portée symbolique pour cette ville du Sud-Ouest du Cameroun, aujourd’hui engagée sur le chemin de la reconstruction, de la paix et de la réconciliation, après avoir été longtemps éprouvée par la dénommée «crise anglophone». Pendant 7 jours, ils ont au fil des échanges et des célébrations liturgiques, unanimement salué la pertinence du thème choisi pour cette rencontre.

La volonté de l’épiscopat de s’autoévaluer

Pour Mgr Emmanuel Dassi, évêque de Bafia, cette thématique traduit la volonté de l’épiscopat de s’autoévaluer avec courage, et de renforcer son unité, à l’image de l’appel du Christ: «Que tous soient un, afin que le monde croie». Dans la même dynamique, Mgr Samuel Kleda, archevêque de Douala, a rappelé que l’unité entre les évêques est déjà réalisée dans le Christ, et qu’il revient à chacun de la vivre concrètement dans la mission pastorale.

Mgr Emmanuel Abbo, évêque de Ngaoundéré, y voit un cadre essentiel pour bâtir le programme pastoral annuel, renforcer les liens fraternels et associer pleinement le peuple de Dieu à cette dynamique. Enfin, pour Mgr Christophe Zoa, évêque de Sangmélima, dans un contexte national marqué par des fragilités sécuritaires et sociales, la paix doit d’abord être vécue entre les pasteurs eux-mêmes, notamment dans leurs paroles et leurs prises de position, afin d’éviter confusion et contre-témoignage.

Communion et la collégialité

Les évêques ont également insisté sur l’humilité, le discernement et la conversion personnelle. Sur ce, Mgr Sosthène Bayemi, évêque d’Obala, a rappelé que la communion véritable prend sa source dans la relation avec Dieu et se manifeste par le service fraternel, à l’image du Christ lavant les pieds de ses disciples. Une communion appelée à rejaillir sur l’Église et sur toute la nation.

Dans le même ordre d’idées, le nonce apostolique au Cameroun et en Guinée équatoriale, Mgr José Avelino Bettencourt, a rappelé, lors de la messe de clôture, que la communion et la collégialité sont au cœur même de la mission épiscopale. Fondées sur le Christ, elles se traduisent par l’amour, la fraternité et la solidarité, le témoignage de vie restant le premier moyen d’évangélisation, a-t-il déclaré. Le nonce a également évoqué l’affection et l’encouragement du Pape Léon XIV envers l’Église au Cameroun et le peuple.

L’engagement de l’épiscopat camerounais

Mgr José Avelino Bettencourt a également exprimé la reconnaissance de l’Église envers l’épiscopat camerounais pour son engagement constant au service de tous, «sans distinction», ainsi que pour «son dévouement pastoral et la sagesse de ses prises de parole tout au long de l’année 2025», saluant «le rôle prophétique des évêques, qui ont fait entendre leur voix de pasteurs, prêchant la justice, le respect de la vie et de la dignité humaine, ainsi que la paix et la réconciliation, dans un contexte national souvent tendu».

Aussi, dans un vibrant appel à la paix, il a interrogé les consciences, rappelant que la foi chrétienne est incompatible avec toute forme de haine et de violence. Il a ainsi exhorté les fidèles et les pasteurs à continuer à œuvrer ensemble contre les injustices sociales, notant la grande opportunité qu’offre l’Église dans ce champ, «puisqu’elle est présente partout, jusque dans les zones les plus reculées du pays, attentive aux besoins des populations».

Faire de la communion un levier de reconstruction, de pardon et de paix

Par ailleurs, les évêques ont tenu à justifier leur décision de tenir leur séminaire annuel à Kumba. C’est en signe de solidarité envers cette région durement éprouvée par la dite «crise anglophone» et d’encouragement aux efforts locaux de reconstruction et de réconciliation, «que nous avons voulu nous réunir en ce début d’année à Kumba», ont déclaré les évêques. L’un d’eux, Mgr Abraham Kome, évêque de Bafang, a souligné le potentiel humain et économique de ces zones, freiné par la crise, appelant à une collégialité respectueuse de la diversité, mais enracinée dans le Christ. Ainsi, les évêques ont invité la population à faire de la communion un levier de reconstruction, de pardon et de paix durable.

La mission des évêques

Le thème du séminaire a largement retenu l’attention de l’opinion publique. Dès la cérémonie d’ouverture, la Conférence épiscopale nationale du Cameroun (CENC), par la voix de son président, Mgr Andrew Nkea, a tenu à lever toute ambiguïté indiquant que l’Église catholique au Cameroun demeure apolitique et non partisane.

Il a appelé les fidèles et l’ensemble des citoyens à s’engager de manière responsable dans la vie de la nation, à la lumière de l’enseignement social de l’Église, a-t-il déclaré. Face à certaines interprétations tendancieuses, les évêques ont réaffirmé qu’il ne s’agit ni d’indifférence ni de repli face aux souffrances du peuple camerounais.

“Nous sommes appelés à être d’authentiques pasteurs, non pour promouvoir des agendas personnels, mais pour annoncer un message qui nous transcende.”

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12 janvier 2026, 17:08