Burkina Faso: le Petit Séminaire de Pabré clôture le jubilé de son centenaire
Yvette Hien, Ouagadougou, Burkina Faso
La messe de clôture du jubilé du centenaire du petit séminaire Saint François de Sales de Pabré a réuni évêques, prêtres, séminaristes, anciens élèves, autorités civiles et une foule de fidèles, venus rendre grâce pour une institution considérée comme l’un des repères historiques de l’éducation et de la formation au Burkina Faso.
Un centenaire inscrit dans une mémoire ecclésiale
Dans son homélie, Mgr Kontiébo a replacé ce jubilé dans un contexte ecclésial plus large, marqué par les 90 ans de la cathédrale Notre-Dame de l’Immaculée Conception de Ouagadougou et l’ouverture prochaine du jubilé des 125 ans de l’évangélisation de l’archidiocèse. «Relier ces événements, a-t-il expliqué, c’est prendre conscience que le petit séminaire de Pabré a été un maillon essentiel dans l’œuvre missionnaire, au même titre que la cathédrale, signe visible de l’Église qui grandissait dans les cœurs.»
Une institution née d’une intuition missionnaire
Fondé en 1925 à l’initiative de Mgr Joanny Thevenoud, missionnaire des Pères Blancs, le séminaire est né d’une vision claire: former des prêtres autochtones pour une Église encore jeune. Dès octobre 1925, l’établissement accueillait 17 élèves. En 1942, trois anciens pensionnaires y furent ordonnés prêtres, une étape décisive dans l’histoire de l’Église locale.
Au fil des décennies, le Petit Séminaire de Pabré est devenu une «pépinière» de vocations et un lieu de formation de cadres au service de l’Église et de la société. Parmi ses anciens élèves figurent des cardinaux, des évêques, des prêtres, mais aussi des responsables politiques, des hauts fonctionnaires et des acteurs du développement. «Cette maison a façonné des cœurs et des consciences, a souligné l’archevêque. Elle est le fruit des sacrifices de générations de missionnaires, de formateurs, d’élèves et de bienfaiteurs.»
Un message du Pape Léon XIV: proximité et bénédiction
Au début de la célébration, Mgr Éric Soviguidi, nonce apostolique au Burkina Faso, a donné lecture d’un message du Pape Léon XIV, signé par le cardinal Pietro Parolin, Secrétaire d’État. Le Saint-Père s’est uni «à la joie et à la prière de tout le peuple de Dieu» et a salué le Petit Séminaire de Pabré comme un «foyer de culture humaine, spirituelle, intellectuelle et sociale». Il a encouragé les formateurs à exercer leur mission «au nom du Christ, bon Pasteur» et a invité les séminaristes à profiter pleinement de ce temps de formation.
Le Pape a aussi exprimé sa proximité avec le peuple burkinabè, «confronté à de graves défis», invoquant pour le pays «les dons de la paix, de la sécurité, du développement intégral et de la cohésion sociale», avant d’accorder sa bénédiction apostolique aux participants.
Trois appels pour l’avenir
Dans sa prédication, Mgr Kontiébo a lancé trois exhortations pour l’avenir: d’abord, favoriser, dans les familles et les communautés, un climat propice aux vocations; ensuite, adapter la formation aux défis du monde actuel, dans une approche intégrale; et enfin, soutenir l’auto-prise en charge du séminaire par la prière et la solidarité. «Il n’y a pas d’avenir pour notre Église sans le souci des vocations», a-t-il affirmé.
Les autorités saluent l’apport du séminaire
Présent à la célébration, Mathias Traoré, ministre des serviteurs du peuple, représentant le Premier ministre, a salué l’apport du petit séminaire, qui a formé «près de 3 800 anciens élèves» en cent ans. Il a réaffirmé l’engagement du gouvernement à soutenir les initiatives de développement et a appelé à la solidarité nationale et à la cohésion sociale.
À l’aube de son second centenaire, le Petit Séminaire de Pabré est ainsi invité à demeurer, selon les mots de l’archevêque, «un signe d’espérance et un instrument de la mission de l’Église au Burkina Faso».
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