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Au bord du Jourdain, le Baptême du Christ, fête d'union en Jordanie

Les catholiques de Jordanie ont célébré ce vendredi 9 janvier leur pèlerinage annuel sur le lieu du baptême du Christ, sur les bords du Jourdain. C’est pour cette communauté un moment de communion entre toutes ses composantes, et l’occasion pour prier pour la paix pour une Terre Sainte meurtrie.

Xavier Sartre – Al-Maghtas (Jordanie)

Ils sont venus des quatre coins de la Jordanie, ils sont latins, maronites, melkites, arméniens, syriaques ou chaldéens, tous catholiques; ils sont jordaniens, philippins ou occidentaux, tous vivant en Jordanie et tous partageant la même foi. En ce 9 janvier, jour de repos hebdomadaire dans le royaume hachémite, ils ont fait le déplacement au sanctuaire du Baptême du Seigneur, vaste église latine posée à quelques mètres du Jourdain et à quelques centaines de mètres du lieu précis où Jésus reçut le baptême des mains de Jean le Baptiste.

Sur cette terre sainte qui vit les premiers pas publics du Christ et l’Esprit Saint descendre sur lui sous la forme d’une colombe, le peuple de Dieu a fait mémoire de cet événement, devenu l’occasion d’un pèlerinage national depuis vingt-cinq ans. Les scouts, tambours et cornemuses au vent, battent le rappel tandis que la pluie, trop rare dans cette région désertique, transforme la terre des buttes environnantes en boue collante aux chaussures des fidèles. Bientôt l’église se remplit du brouhaha et de différentes langues. Ils sont plus de trois mille dans la nef, dans le chœur, dehors, sous des tentes érigées pour l’occasion et équipées d’écrans géants pour suivre la cérémonie.

Mgr Twal lors de la messe
Mgr Twal lors de la messe

Espoir d'un retour des pèlerins

Derrière le temple, le vicaire du patriarche latin de Jérusalem en Jordanie, Mgr Iyad Twal, descend jusqu’au fleuve pour y recueillir l’eau. De retour dans l’église, au début de la messe, il asperge la foule de cette eau du baptême. Les chants arabes s’élèvent. Dans son homélie, Mgr Twal rappelle que «la foi n’a pas une destination fixe, mais est davantage une procession. Le baptême est en fait le début de cette procession. C’est un appel à persévérer dans la foi, même si nous ne comprenons pas tout au début». Il souligne aussi le danger d’être «en même temps très proche et pourtant très loin» de Dieu, comme ce fut le cas d’Hérode, des prêtres et des scribes.

Le ministre jordanien du Tourisme, un chrétien, est présent, tout comme de nombreux ambassadeurs. Pour le royaume, très fier de sa communauté chrétienne et des bonnes relations existantes entre toutes les composantes de la société, l’enjeu est de montrer que les chrétiens peuvent venir en pèlerinage sans problème et se recueillir sur ce qui est aussi la Terre Sainte. La guerre à Gaza a plongé toute la région, de Jérusalem jusqu’à la vallée du Jourdain dans une phase d’attente. La trêve entre le Hamas et Israël laisse espérer un retour des pèlerins sur des lieux emblématiques de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Pour les catholiques de Jordanie, peu importe que la frontière soit à quelques mètres, c’est bien l’espérance d’un monde en paix qui les anime en ce jour orageux.  

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09 janvier 2026, 19:43