RDC: “ La Maison Ushindi”, refuge d’espérance pour les enfants
Jean-Paul Kamba, SJ – Cité du Vatican
Dans une région marquée par l’instabilité et les violences armées, la Maison Ushindi se dresse comme un signe silencieux mais puissant de charité évangélique. Fondé en 2005 à Goma, dans la partie orientale congolaise, cet orphelinat est géré par les Sœurs du Divin Sauveur et accueille actuellement 80 enfants abandonnés, orphelins, victimes de la guerre ou de la misère. «Notre mission est d’accueillir les enfants délaissés, abandonnés, en difficulté et en rupture familiale», explique sœur Melpomène Kayiba, religieuse engagée dans cette œuvre depuis plusieurs années.
Une prise en charge dès les premiers jours de vie
La Maison Ushindi reçoit principalement des enfants dont l'âge varie de 0 à 18 ans. Actuellement, près de 80 enfants âgés de 0 à 1 an y sont pris en charge, ainsi que des enfants de 1 à 3 ans et au-delà. «Nous suivons leur évolution depuis la naissance jusqu’à l’âge de maturité. En cas d’urgence, nos portes restent toujours ouvertes», précise la religieuse qui explique qu'étant donné que la majorité des enfant est privée de lait maternel, ils bénéficient d’un suivi constant, jour et nuit, dans un cadre structuré et sécurisant.
Une vie quotidienne rythmée par les soins, le jeu et la prière
Chaque journée est soigneusement organisée. Dès 5 heures du matin débutent la toilette et la première prise du lait. La bouillie est servie à 8 heures, suivie des temps de jeux et de détente. «Même à l’orphelinat, l’enfant a besoin d’espace pour se détendre et s’épanouir», souligne sœur Kayiba qui souligne en outre que la prière communautaire de l’après-midi constitue un temps fort de la journée. Le rythme du soir reste adapté à l’âge de chaque enfant, dans un esprit de discipline bienveillante.
Une formation intégrale: éducation, santé et foi
Tous les enfants en âge scolaire sont inscrits dans des établissements maternels, primaires et secondaires. L’orphelinat assure aussi un suivi médical régulier. «Des médecins viennent souvent pour les consultations. Et sur le plan spirituel, les enfants suivent la catéchèse pour leur croissance morale et chrétienne», explique-t-elle. L’éducation est ainsi conçue comme un chemin global, où l’instruction, la santé et la foi se rejoignent.
Une équipe pluridisciplinaire au service de l’enfance blessée
Psychologues, enseignants, infirmiers, laborantins et assistant social travaillent ensemble au sein de la Maison Ushindi. «Les psychologues passent deux fois par semaine. L’assistant social mène les enquêtes lorsque des enfants sont retrouvés dans la rue ou abandonnés», précise la sœur Kayiba qui fait remarquer que l’objectif demeure, tant que faire se peut, la réunification familiale, dans un délicat travail de médiation avec les proches.
Des enfants marqués par la guerre et les violences
Beaucoup arrivent après avoir vécu l’innommable: «Certains ont vu leurs parents être tués à la machette sous leurs yeux, confie la religieuse: nous accueillons aussi des jeunes filles victimes de viols, parfois enceintes». Grâce à l’accompagnement psychologique et à la tendresse quotidienne des sœurs, la reconstruction est possible, lentement. «Nous les aidons à retrouver la joie de vivre, petit à petit».
Une espérance fragile, mais vivante
L’avenir de la Maison Ushindi demeure suspendu à la solidarité. «Nous vivons grâce aux donateurs. Sans eux, la question de l’avenir de l’orphelinat se pose», affirmet-elle, tout en gardant confiance. Néanmoins, afin de garantir une autonomie minimale, l’orphelinat développe des projets d’agriculture et d’élevage. «Ce sont des projets durables et rentables, surtout quand l’argent fait défaut», explique la religieuse.
Un appel à la paix et à la conscience universelle
La sœur Kayiba conclut en adressant un message à la communauté nationale et internationale: «Nous demandons la paix dans tous les coins du monde. Que chacun sensibilise son milieu, son école, son église. Et que l’on nous accompagne pour que ces enfants continuent à sourire et à recevoir une éducation. L’éducation est l’affaire de tous».
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