À Noël, l’Église du Congo-Brazzaville accueille l’appel du Pape Léon XIV à une paix désarmée
Jean-Paul Kamba – Cité du Vatican
Dès les premiers jours de son pontificat, explique le Président de la Conférence épiscopale du Congo, le Pape Léon XIV a marqué les esprits par son appel à une paix «désarmée et désarmante». Un message, dit-il, que l'Eglise a accueilli au Congo-Brazzaville comme un véritable souffle nouveau.
«L’ouverture du pontificat du Pape Léon XIV a été reçue comme un véritable temps de renouveau, conjuguant fidélité pastorale et réponse aux défis contemporains», souligne Mgr Manamika expliquant que ce qui a particulièrement touché les consciences, c’est l’invitation du Saint-Père à une Église capable de «construire des ponts plutôt que des murs», dans un monde marqué par les fractures et les tensions.
La force évangélique d’une paix désarmée
Pour Mgr Manamika, l’expression choisie par le Pape n’est pas simplement symbolique. Elle porte une profondeur spirituelle et humaine.
Une paix «désarmante», d'une force paradoxale
«Celui qui vient sans arme, avec un cœur pur et une main tendue, finit par faire tomber les défenses de l’adversaire. C’est la force de l’Évangile : l’amour qui rend la haine impuissante».
Dans un contexte de tensions socio-politiques, cet appel est perçu comme radical, invitant les Congolais à s’engager résolument sur le chemin du dialogue, de la médiation citoyenne et du refus de toute manipulation.
Le Jubilé de l’Espérance, une véritable revitalisation
Alors que le Jubilé de l’Espérance touche à sa fin, le président de la Conférence épiscopale congolaise dresse un bilan largement positif, tant sur le plan spirituel que pastoral.
«Ce Jubilé n’a pas été une simple série de pèlerinages. Pour notre diocèse, cela a été une véritable revitalisation».
Mgr Manamika souligne en outre un retour significatif au sacrement de la Réconciliation, signe d’une soif profonde de conversion.
«J’ai vu des fidèles franchir la Porte Sainte avec une véritable soif de pardon». Un pardon, dit-il, qui s’est concrétisé dans l’engagement caritatif, notamment à travers une mobilisation accrue en faveur des plus pauvres.
Les laïcs, cœur battant de la mission
Sur le plan pastoral, explique Mgr Manamika, le Jubilé a permis de mettre davantage en lumière le rôle irremplaçable des laïcs dans la vie de l’Église. «Ce sont les catéchistes et les responsables des mouvements d’apostolat qui font battre le cœur de l’Église sur le terrain». Une dynamique nouvelle s’est également instaurée dans les paroisses, avec une meilleure collaboration entre prêtres et laïcs au sein des conseils paroissiaux, renchérit-il.
2026 : fraternité consolidée et développement authentique
Dans le prolongement de l’appel du Pape Léon XIV, Mgr Manamika nourrit une espérance claire pour l’année 2026.
Rappelant la pensée de saint Paul VI, il insiste sur le lien indissociable entre paix, justice et développement : «Le développement est le nouveau nom de la paix. Comment avoir la paix s’il n’y a pas de développement ?»
Un appel aux responsables du monde et aux chrétiens
Dans un dernier message empreint de gravité et d’espérance, l’archevêque de Brazzaville interpelle les décideurs internationaux.
Il met également en garde ceux qu’il appelle les «valets locaux», les exhortant à ne pas servir des intérêts obscurs au détriment de leur propre peuple.
A tous les chrétiens, Mgr Manamika exhorte : «Prenez conscience du pouvoir immense que vous avez pour changer le monde. Si nous vivons authentiquement notre foi et appliquons la doctrine sociale de l’Église, alors les choses changeront».
«À toutes et à tous, je souhaite un joyeux Noël et une belle année 2026. Gardez au fond de vous la fierté d’être chrétiens, et surtout la fierté d’être chrétiens catholiques. Que Dieu vous bénisse !»
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