La Rencontre nationale de la pastorale des communications au Brésil  PASCOM La Rencontre nationale de la pastorale des communications au Brésil PASCOM 

Il est temps que la communication construise la communion, affirme le Vatican

Le 24 juillet dernier au sanctuaire d’Aparecida, dans l’État brésilien de São Paulo, le préfet du dicastère pour la Communication est intervenu à l’ouverture de la neuvième Rencontre nationale de la Pastorale des communications (Pascom) au sein de la Conférence épiscopale brésilienne, intitulée «Évangélisation en mouvement: la dimension pastorale de la communication».

Giovanni Zavatta - Cité du Vatican

«Prendre soin de la communion qui nous unit, des talents de chacun, des histoires, des rencontres, du bien, du beau, une perspective de salut, de rédemption, même lorsque tout semble aller de travers», telle est l'invitation du préfet du dicastère pour la Communication, Paolo Ruffini au sanctuaire d’Aparecida, dans l’État brésilien de São Paulo. Lors de la conférence d’ouverture de la IXe Rencontre nationale de la Pascom (la Pastorale des communications au sein de la Conférence épiscopale), intitulée «Évangélisation en mouvement: la dimension pastorale de la communication», il a invité ce 24 juillet à être, à travers toutes les formes de communication, «des disciples missionnaires en mouvement, c’est-à-dire en marche». Mais un chemin différent de celui qui «ramène tout au calcul, aux affaires, au marketing». Choisir «une autre façon de voir, de raconter, de faire mémoire, de construire l’avenir – en le racontant». 

Les défis de notre temps

«Nous ne pouvons pas nous arrêter, nous ne pouvons pas rester à la traîne face aux défis de notre temps», a déclaré Paolo Ruffini. Il y a une direction à suivre, un objectif à atteindre, et cela doit se faire ensemble: «Il est temps de construire la communion à travers tous les outils de communication, d’inventer des projets de collaboration, de travailler» avec les équipes qui œuvrent en divers pays et villes, «pour manifester l’unité dans laquelle tout existe, pour être toujours davantage au service les uns des autres, pour offrir au monde un système d’information mondial fondé sur la recherche et le partage de la vérité». Dans sa réflexion approfondie sur l’intelligence artificielle, le préfet a affirmé que «ce qui rend notre communication grande et unique, c’est qu’elle ne vend pas des liens abstraits mais réels, qu’elle est véritablement ancrée dans le monde, qu’elle n’est pas motivée par un intérêt économique mais par l’amour de partager le bien, le vrai, le beau. Et de l’offrir comme un don». Une communication fondée sur le don de soi, sur le témoignage, «a véritablement le pouvoir de tisser des liens de communion, de rapprocher les personnes, de les faire participer à une expérience, de les libérer de l’isolement et de les aider à se reconnaître comme faisant partie d’un environnement accueillant».

La communication, outil d’inclusion

Paolo Ruffini cite deux initiatives concrètes pour montrer comment la communication peut être un outil d’inclusion et comment les récits peuvent constituer «un moyen puissant de transformer la façon dont nous voyons l’autre»: «Dining across the divide», sous-titré «Can breaking bread together help bridge differences?» (Partager le pain peut-il aider à surmonter les différences?) et «Narrative4», dont la devise est «la distance la plus courte entre deux personnes, c’est une histoire» (à l’occasion du Jubilé, cette expérience a été proposée en invitant 150 jeunes, répartis en petits groupes, à raconter une histoire sur le thème «réparer»). Ce sont des rencontres entre des personnes réelles, des lieux où l’on peut faire partie d’un groupe, d’une communauté. «Changer le récit en l’orientant vers l’espérance, reconnaître le dynamisme du bien, enflammer les cœurs et les orienter vers la communion: tel est le levain chrétien dont le monde a tant besoin», a souligné le préfet du dicastère. L’objectif est un réseau conçu non pas pour piéger, mais pour libérer, pour préserver une communion de personnes libres: «L’Église elle-même est un réseau tissé par la communion eucharistique, où l’union ne repose pas sur les “likes”, mais sur la vérité, sur l’“amen” par lequel chacun adhère au Corps du Christ, en accueillant les autres.»

Éduquer à l’utilisation des médias

Parmi les pièges à éviter, Paolo Ruffini met en garde contre la désinformation (de bonne foi), «multiplicateur inconscient des fausses informations et des profits qu’elles génèrent». Cette connexion «fondée sur l’indifférence entre vérité et mensonge, à laquelle on s’habitue en devenant un rouage du système, est une hypnose, un piège, une toile d’araignée qui nous emprisonne. L’exact contraire d’un réseau de connaissance et d’amour qui libère». Et l’intelligence artificielle, bien qu’elle offre d’incroyables possibilités de connaissance, peut produire de l’ignorance déguisée en savoir, de la manipulation, du contrôle. C’est pourquoi «la formation est si importante, pour savoir distinguer, choisir, décider d’être maître de sa propre vie». Et c’est pourquoi la pastorale de la communication «doit se fonder sur l’éducation à l’usage des médias».

Changer de paradigme

Si nous voulons préserver notre humanité, a ajouté Paolo Ruffini, «l’innovation technologique ne peut se fonder sur une conception désincarnée du bien commun». L’un des messages au cœur de l’encyclique Magnifica humanitas du Pape Léon XIV sert au préfet pour exhorter le monde de la communication catholique à agir: «Nous vivons une époque de grands changements; la question est de savoir si nous allons nous laisser porter par le courant ou si nous allons guider le changement, si nous allons nous laisser emprisonner par le réseau ou si nous allons jeter nos filets de l’autre côté». Pour relever ce défi, «nous avons besoin d’un modèle qui éduque à la soif, au désir, au rêve», d’un «changement de paradigme» allant au-delà de «tout technicisme qui réduit la communication à la connexion, la connaissance à une réponse facile et superficielle, l’éducation à une usine de résultats immédiats mais destinés à durer aussi peu que le temps qu’il a fallu pour les obtenir». Car «la communication n’est pas seulement la transmission de pensées et de sentiments», mais «le don de soi sous l’impulsion de l’amour», et «la distinction entre la communication des machines et la communication humaine réside précisément dans la capacité au don de soi, capacité dont les machines sont dépourvues».

La personne humaine au cœur de la réflexion

Après l’intervention du préfet Paolo Ruffini, une conférence a eu lieu à laquelle ont participé les trois évêques qui font partie de la Commission épiscopale pour la communication sociale: Mgr Valdir José de Castro, Mgr Edilson Soares Nobre et Mgr Amilton Manoel da Silva. Au cours d’un dialogue marqué par des réflexions sur la mission de la communication pastorale au sein de l’Église et dans la société contemporaine, devant environ 1 500 délégués venus de tout le Brésil, les évêques ont abordé les défis et les perspectives en la matière en partant de sa dimension la plus essentielle, la personne humaine, qui précède tout outil technologique.

 

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27 juillet 2026, 15:52