Le cardinal Czerny et les évêques de l'Amecea lors de la célébration, dimanche 19 juillet à Nairobi. Le cardinal Czerny et les évêques de l'Amecea lors de la célébration, dimanche 19 juillet à Nairobi. 

Accompagner les jeunes: le cardinal Czerny aux côtés des évêques d’Afrique de l’Est

Le préfet sortant du dicastère pour le Service du développement humain intégral a présidé ce 19 juillet, dans la capitale Nairobi, la messe d’ouverture des travaux de la 21e Assemblée plénière de l’Association des conférences épiscopales d’Afrique de l’Est (Amecea) qui se déroule à l’Université catholique d’Afrique de l’Est jusqu’au 26 juillet, sur le thème «Le chemin synodal de l’Amecea avec les jeunes: construire des ponts de communion, d’espoir, justice et de bonne gouvernance».

Fabrizio Peloni - Cité du Vatican

Construire d’authentiques «ponts de communion, d’espérance, de justice et de bonne gouvernance», en partageant la foi et les ressources pour faire grandir la présence du Christ dans le monde. Telle a été la mission confiée par le cardinal Michael Czerny, préfet du dicastère pour le Service du développement humain intégral (DSSUI), aux évêques participant à la messe présidée hier, dimanche 19 juillet, à Nairobi, pour l’ouverture des travaux de la 21e Assemblée plénière de l’Association des conférences épiscopales d’Afrique de l’Est (AMECEA). L'assemblée se tient actuellement à l'Université catholique d'Afrique de l'Est, dans la capitale kenyane, jusqu'au 26 juillet, sur le thème «Le chemin synodal de l'AMECEA avec les jeunes: construire des ponts de communion, d'espoir, de justice et de bonne gouvernance». Elle rassemble environ 140 évêques issus des neuf conférences épiscopales membres (Soudan, Soudan du Sud, Éthiopie, Érythrée, Ouganda, Kenya, Tanzanie, Malawi et Zambie, ainsi que les régions associées de Djibouti et de Somalie).

La messe d’ouverture des travaux de l’assemblée de l’Amecea

Au Kenya, cet événement représente pour le cardinal jésuite l’une de ses dernières missions officielles en tant que préfet du DSSUI. Samedi 18 juillet, il a en effet fêté ses 80 ans et, le 30 juin dernier, le Pape a appelé la religieuse salésienne Alessandra Smerilli à lui succéder, à compter du 1er septembre. En posant la question: «Qu’est-ce donc, ce Royaume qui vient ? Et comment pouvons-nous en être les serviteurs». En invitant à redécouvrir sa force transformatrice comme «une graine pleine d’espoir» face au pessimisme et à la résignation, le cardinal s’est adressé à l’assemblée dans son homélie, s’inspirant à plusieurs reprises de l’encyclique de Léon XIV Magnifica humanitas. Et, en commentant l'Évangile du jour (Matthieu 13, 24-43) axé sur la réalité du Royaume des cieux, il a rappelé, à travers trois paraboles — celle du blé et de l’ivraie, celle du grain de moutarde et celle du levain — «que le Royaume n’est en aucun cas étranger ou lointain pour nous — il est très proche, déjà parmi nous —, mais qu’il exige notre prise de conscience et, surtout, notre engagement concret».

L’homélie du cardinal Czerny.
L’homélie du cardinal Czerny.

«Jeunes, ne vous laissez pas voler votre espérance»

La parabole du grain de moutarde, a expliqué le cardinal Czerny en reprenant l’encyclique du Pape, montre combien il est important de ne pas interpréter «le présent comme un destin figé, mais comme un champ ouvert à la conversion personnelle et collective» et de croire que la force du Royaume se développe «comme une graine qui, une fois semée, germe et grandit». Alors que le bruit de la confusion nous entoure, a-t-il poursuivi, le bien grandit en silence depuis la terre. S’adressant aux jeunes, il les a exhortés à ne pas se laissez voler leur espérance, invitant chacun à «apprendre toujours davantage à construire des “ponts d’espérance”».

Dialogue avec tous, y compris les interlocuteurs «gênants»

En méditant sur la parabole du blé et de l’ivraie, le cardinal a mis en avant les valeurs de patience et de prudence propres au Royaume de Dieu, sans céder «à la tentation de mesures rapides, faciles et instinctivement punitives, au risque de détruire le bien là où il germe déjà péniblement». Dans la vie sociale et les relations internationales également, a ajouté le cardinal en reprenant Magnifica humanitas, il faut «favoriser le dialogue avec tous, y compris les interlocuteurs considérés comme les plus “gênants” ou qui ne se jugeraient pas légitimes pour négocier, en faisant preuve d’humilité et de patience jusqu’au bout pour retisser les signes les plus ténus de bonne volonté entre les parties en conflit, afin d’amorcer une pacification».

Construire des ponts avec tous, dans l’Église et dans la société

Cette approche prudente et patiente devrait conduire à «développer une diplomatie au quotidien, en construisant des ponts entre nous et avec tous, tant dans l’Église que dans la société», a encore souligné le préfet du dicastère, citant également l’homélie de Benoît XVI pour le début de son ministère pétrinien («Le monde est racheté par la patience de Dieu. Il est détruit par l’impatience de l’homme»).

Enfin, le cardinal Czerny s'est attardé sur la parabole du levain, soulignant qu'«un travail silencieux, complet et véritablement efficace de transformation des situations de souffrance et d'injustice» aide les chrétiens à transformer «silencieusement le monde de l'intérieur, en profonde communion avec Dieu et avec les autres», grâce à la force du Saint-Esprit.


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20 juillet 2026, 12:55