La fête du Vesak célébrée en Indonésie, le 12 mai 2025. La fête du Vesak célébrée en Indonésie, le 12 mai 2025.  (AFP or licensors)

Bouddhistes et chrétiens, appelés à bâtir ensemble une paix désarmante

Le cardinal Koovakad souhaite aux bouddhistes une sereine et joyeuse fête du Vesak. Dans une lettre qui leur est adressée à cette occasion, le préfet du dicastère pour le Dialogue interreligieux souhaite que bouddhistes et chrétiens deviennent «toujours davantage des témoins de paix», rappelant combien leurs deux traditions «convergent vers une paix vécue, qui désarme d’abord les cœurs avant de désarmer les mains».

Marie Duhamel – Cité du Vatican

Comme chaque année à l’occasion de la fête du Vesak, commémorant la naissance, l’illumination et la mort du Bouddha, le dicastère pour le Dialogue interreligieux a adressé ses vœux et «salutations cordiales» à la communauté bouddhiste.

De manière particulière, le préfet et le secrétaire du dicastère insistent cette année dans leur lettre, datée du 1er mai mais publiée ce lundi 11 mai, sur l’état du monde, «nous ne pouvons ignorer les ombre qui pèsent» sur lui. Ils évoquent les guerres, les violences, la montée des nationalismes ethnoreligieux et l’instrumentalisation de la religion «qui continuent de blesser notre humanité commune». Dans un tel contexte de fragilité, où se révèle une «inquiétante régression, les responsables de dicastère jugent toujours plus d’urgent d’appeler à la paix. Convaincus que «nos traditions spirituelles peuvent apporter une contribution essentielle», ils profitent ainsi des célébrations du Vesak pour espérer qu’ensemble chrétiens et bouddhistes renouvèlent leur chemin de la sagesse, de la compassion et de la paix.

«Le meilleur de nos traditions nous invite à purifier nos cœurs de toute hostilité, à dépasser les frontières et à nous reconnaître comme membres d’une seule famille humaine», écrivent le cardinal George Jacob Koovakad et Mgr Indunil Janakaratne Kodithuwakku Kankanamalage. Ils rapportent des points de convergence «vers une paix vécue, qui désarme d’abord les cœurs avant de désarmer les mains».

Pour les chrétiens, rappellent-ils à la communauté bouddhiste, Jésus appelle ses disciples à «aimer vos ennemis et prier pour ceux qui vous persécutent» (cf. Matthieu 5,44) et proclame: «Heureux les artisans de paix» (Matthieu 5,9). Tandis que Bouddha enseigne que «la haine n’est jamais apaisée par la haine ; seule la non-haine apaise la haine. Telle est une loi éternelle» (Dhammapada 5) ; ou encore «Que nul ne trompe autrui ni ne méprise aucun être… Que nul, par colère ou malveillance, ne souhaite du mal à autrui » (Sutta Nipata 1.8 – Metta Sutta).

Avoir le courage de promouvoir la paix

Ce chemin requiert une conversion des attitudes et un engagement concret, notent le cardinal Koovakad. Pour le préfet de dicastère, «les responsables religieux sont appelés à être de véritables partenaires du dialogue et des artisans de réconciliation», qui ne soient «pas des observateurs passifs, mais des témoins courageux capables de favoriser la rencontre, de guérir les blessures et de reconstruire la confiance».

En tant que citoyens et croyants, bouddhistes et chrétiens partagent la responsabilité de promouvoir la paix, de dénoncer l’injustice et d’encourager ceux qui exercent une autorité à privilégier le dialogue plutôt que la confrontation, écrivent les responsables du dicastère pour le dialogue interreligieux, qui mettent en garde contre les silences complices, la peur d’agir.

“Chaque communauté est appelée à devenir un lieu où l’hostilité est dépassée par la rencontre, où la justice est mise en pratique et où le pardon est valorisé.”

La prière, la contemplation et la transformation intérieure doivent être nourries, afin de parvenir à promouvoir une paix désarmée et désarmante, qui passe aussi par «une paix vécue au quotidien dans les gestes de bonté, dans la patience, dans le refus de la haine et de la vengeance, et dans le courage d’espérer».

La paix existe

La paix n’est ni une illusion ni un idéal lointain, peut-on lire dans la lettre, «elle est une possibilité réelle déjà à notre portée, qui attend d’être accueillie et partagée». Et de citer longuement le message du Pape pour la Journée mondiale de la paix: «la paix existe, elle veut habiter en nous, elle a le doux pouvoir d’éclairer et de dilater l’intelligence, elle résiste à la violence et la surmonte. La paix a le souffle de l’éternel : tandis qu’on crie “assez” au mal, on murmure “pour toujours” à la paix» (Message pour la LIXe Journée mondiale de la paix, 1er janvier 2026).

Les responsables catholiques formulent ainsi leur espérance de voir grâce à leur engagement commun, les croyants de leurs deux traditions devenir toujours davantage des témoins de cette paix désarmante, «qui guérit les blessures, restaure les relations et ouvre de nouveaux horizons pour l’humanité».

Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici

11 mai 2026, 14:26