Le cardinal Ernest Simoni célèbre la messe, août 2026. Le cardinal Ernest Simoni célèbre la messe, août 2026. 

Léon XIV: «Aucune prison ne peut séparer l’homme de l’amour de Dieu»

Léon XIV a adressé un message au cardinal Ernest Simoni, âgé de 97 ans. Vendredi 31 juillet, ce dernier a présidé l’Eucharistie dans le camp de prisonniers de Spaç, en Albanie, en mémoire de ceux qui y ont souffert et perdu la vie. Sous le régime communiste, le cardinal albanais y a purgé la majeure partie de sa peine de 18 ans de travaux forcés, tout en célébrant la messe clandestinement.

Fabrizio Peloni - Cité du Vatican

«Aucune chaîne n’est assez forte pour emprisonner une conscience éclairée par l’Évangile, aucune nuit n’est assez longue pour empêcher l’aube que le Seigneur prépare pour ses enfants, et aucune prison n’est assez profonde pour séparer l’homme de l’amour de Dieu.» C’est ainsi que Léon XIV a évoqué l’apôtre Paul dans l’épître aux Romains (8, 35-39) dans un message adressé au cardinal albanais Ernest Simoni et à tous ceux qui ont participé à la célébration eucharistique présidée par le cardinal, ce vendredi 31 juillet, dans l’ancien camp de prisonniers de Spaç, en mémoire de ceux qui y ont souffert et ceux qui y ont perdu la vie.

À Spaç, porté la croix de l’injustice

«Ce lieu, gravé dans la mémoire du peuple» albanais, «reste l’une des pages les plus douloureuses de son histoire. Spaç a été un lieu où beaucoup ont porté la lourde croix de l’injustice» a souligné le Pape dans un texte lu à la fin de la messe.

Le Souverain pontife a ensuite rappelé que «le sang de ceux qui ont souffert et sont morts dans ces montagnes» a «arrosé cette terre, en faisant un témoignage silencieux de fidélité, de courage et d’espoir».

 

Le cardinal Ernest Simoni
Le cardinal Ernest Simoni

Le visage de la persécution sous le régime communiste

Ernest Simoni, âgé de 97 ans, est retourné dans le camp où il a passé la majeure partie de ses dix-huit années de captivité «pour célébrer le Sacrifice du Christ qui a transformé la Croix, signe de mort, en promesse de vie», a encore écrit le Souverain pontife. Le cardinal albanais a en effet connu le visage de la persécution infligée par le régime communiste qui l’avait condamné à mort en tant qu’ennemi du peuple, peine par la suite commuée en incarcération dans divers camps de concentration et en travaux forcés.

“Je risquais ma vie chaque fois que je célébrais la messe.”

«Pendant ma captivité, au péril de ma vie à chaque fois, j’ai célébré la messe en latin de mémoire, tout comme j’ai confessé et distribué la communion en secret», a raconté le cardinal, qui faisait cuire la pâte à base de farine sur des réchauds de fortune et utilisait des grains de raisin pressés. «S’ils m’avaient trouvé, ils m’auraient immédiatement pendu», a-t-il ajouté. Au cours de la messe d’hier, le cardinal a montré aux personnes présentes le casque qu’il portait, jeune prêtre, lorsqu’il descendait dans la mine.

La prière du Pape pour les défunts anonymes

Et qui sait, a commenté Léon XIV dans son message, en évoquant les événements de l’époque, «combien de prières se sont élevées vers le Ciel depuis cet endroit! Combien d’invocations murmurées dans le cœur! Combien de visages, marqués par la fatigue et les privations, ont confié au Seigneur leur dernier espoir!».

C’est précisément pour chacun de ces visages, souvent enterrés dans des lieux anonymes, où personne ne pouvait les pleurer ni déposer une fleur, que le Pape s’est uni à la prière, afin que «leur mémoire reste vivante et soit pour les nouvelles générations un rappel constant de la dignité inviolable de la personne humaine, de la valeur de la liberté et de l’engagement pour la paix».


Merci d'avoir lu cet article. Si vous souhaitez rester informé, inscrivez-vous à la lettre d’information en cliquant ici.

01 août 2026, 13:58