Léon XIV: la justice doit respecter la dignité de chacun
Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican
Organisée par l'Assemblée parlementaire de l'OSCE (Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe), et accueillie par la Chambre des députés italienne, la deuxième Conférence interparlementaire sur la lutte contre la drogue et le crime a rassemblé dans la ville éternelle des parlementaires de plus de 30 pays, de Vancouver à Vladivostok, dans la perspective de «renforcer la coopération contre le trafic de drogue». Cette présence nombreuse et diversifiée a été saluée par le Pape, qui les a reçus en audience ce vendredi 15 mai, comme le témoignage d’une «détermination collective» à faire face à «un phénomène qui alimente les réseaux criminels et met en péril l’avenir même de nos sociétés». Léon XIV a décliné la position du Saint-Siège au regard de cet enjeu, affirmant être fermement convaincu que «l’État de droit, la prévention de la criminalité et la justice pénale doivent progresser ensemble, dans l’unité».
Nécessité d’un engagement collectif pour mettre fin aux crimes lié à la drogue
Pour le Vatican, la mise en œuvre authentique de l’État de droit reste indispensable au développement humain intégral. «Aucune société véritablement juste ne peut perdurer si la loi — et non la volonté arbitraire des individus — ne reste souveraine», a expliqué le Pape, soulignant qu’aucune personne ni aucun groupe, «quels que soient son pouvoir ou son statut», ne peut jamais «revendiquer le droit de violer la dignité et les droits d’autrui ou de leurs communautés». Par conséquent, le Souverain pontife suggère que la prévention et la lutte contre les activités criminelles sont étroitement liées au respect et à la protection des droits humains universels. Pour ce faire, le Saint-Père sollicite non seulement «les efforts des autorités chargées de l’application de la loi», mais aussi «l’engagement de la société dans son ensemble», tant au niveau national qu’international.
Nécessité d’une approche multidisciplinaire qui considère la personne humaine dans sa globalité
Reconnaissant qu’une véritable justice ne peut se contenter de la seule punition, le Pape recommande que les efforts de lutte contre la production et le trafic de drogues illicites soient accompagnées d’«approches empreintes de persévérance et de miséricorde», visant à la «rééducation et à la pleine réinsertion des délinquants dans le tissu social». Dans la même optique, le Saint-Siège se dresse contre toute forme de déshumanisation des condamnés. Le respect de la dignité inhérente à chaque personne, «y compris celles qui ont commis des crimes, exclut le recours à la peine de mort, à la torture et à toute forme de châtiment cruel ou dégradant», a souligné le Souverain pontife.
De même, le Pape fait appel à la mise en place des programmes globaux pour venir en aide à ceux qui sont asservis par la dépendance, en leur offrant «un traitement médical», «un soutien psychologique» et «une réinsertion durable». «Une telle approche multidisciplinaire doit considérer la personne humaine dans sa globalité, en s’élevant au-dessus des mesures purement répressives et des solutions permissives, qui toutes deux ne parviennent pas à libérer les individus des chaînes de la dépendance», a-t-il indiqué.
Nécessité d’un système éducatif qui prenne en compte le développement humain intégral
Le Pape a par ailleurs souligné la nécessité de renforcer les systèmes éducatifs, prenant en compte le développement des jeunes. «L'éducation est la clé de la prévention. Elle constitue le fondement du développement humain intégral et donne aux enfants et aux jeunes les moyens de prendre conscience des ravages profonds causés par les drogues». Aujourd'hui, où les réseaux sociaux diffusent si souvent des informations erronées et dangereuses qui banalisent ces risques, Léon XIV souhaite la mise en place des programmes éducatifs qui commencent au sein de la famille, se renforce à l’école, en transmettant des connaissances scientifiques précises sur les effets dévastateurs des stupéfiants sur le cerveau, le corps, le comportement individuel et le bien commun de la communauté.
Le Saint-Siège offre donc sa disponibilité, à travers ses nombreuses institutions à travers le monde et forte de sa longue expérience dans l’accompagnement des personnes touchées par la dépendance, à approfondir encore davantage ses liens de coopération fructueuse avec la société civile.
Hommage aux agents des forces de l’ordre
Enfin le Pape a rendu hommage à tous les agents des forces de l’ordre et aux membres du corps judiciaire qui ont sacrifié leur vie ou ont été blessés dans l’exercice courageux de leurs fonctions. «Leur témoignage doit susciter en nous des sentiments de gratitude, de responsabilité et une détermination renouvelée», a exhorté le Saint-Père, appelant à la mise en place des politiques qui servent véritablement le bien commun et la dignité inaliénable de chaque être humain.
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