Léon XIV clôt sa première série de visites pastorales dans les périphéries de Rome
Alexandra Sirgant – Cité du Vatican
C’est dans la paroisse du Sacré-Cœur de Jésus de Ponte Mammolo, située non loin de la prison romaine de Rebbiba où son prédécesseur ouvrit une porte sainte lors du Jubilé, que Léon XIV a conclu son premier cycle de visites pastorales romaines, initié un mois plus tôt. Quarante ans après la visite du saint Jean-Paul II en novembre 1986, Léon XIV devient le deuxième Pape à franchir le seuil de cette église romaine et à rencontrer la communauté paroissiale qui l’habite. D’abord les enfants et les jeunes, sur le terrain de sport de la paroisse, puis les malades et les personnes âgées. Le Saint-Père a ensuite célébré la messe avec l’ensemble de la communauté paroissiale, dont les membres du conseil pastoral avec qui il s’est ensuite entretenu en privé à l’issue de la célébration eucharistique.
En ce quatrième dimanche de Carême, l’Évêque de Rome est revenu sur l’Évangile qui relate la guérison d’un homme aveugle depuis la naissance (Jn 9, 1-41). Le Pape a dressé un parallèle entre la cécité de cette homme et l’aveuglement métaphorique qui atteint certains hommes. «Aujourd’hui, dans le monde, nombre de nos frères et sœurs souffrent à cause de conflits violents, provoqués par la prétention absurde de résoudre les problèmes et les divergences par la guerre», a déploré le Saint-Père, faisant écho au fort appel pour la paix au Moyen-Orient lancé en matinée depuis la fenêtre du Palais apostolique. «Certains vont même jusqu’à prétendre impliquer le nom de Dieu dans ces choix de mort, mais Dieu ne peut être enrôlé par les ténèbres. Au contraire, il vient toujours apporter lumière, espérance et paix à l’humanité, et c’est la paix que doivent rechercher ceux qui l’invoquent».
Le Pape a invité les paroissiens romains à «regarder avec les yeux de Dieu». Selon le récit de l’évangéliste Jean, détaille Léon XIV, «cela signifie avant tout dépasser les préjugés de ceux qui, face à un homme qui souffre, ne voient qu’un paria à mépriser, ou un problème à éviter, en se repliant dans la forteresse d’un individualisme égoïste». Jésus lui n’agit pas ainsi, poursuit le Pape, «il regarde l’aveugle avec amour, non pas comme un être inférieur ou une présence gênante, mais comme une personne chère et ayant besoin d’aide» et «leur rencontre devient une occasion pour que l’œuvre de Dieu se manifeste en chacun».
Le Saint-Père identifie une autre forme de cécité, «plus grave»: celle qui consiste à ignorer «le cri d’aide de son frère et de sa sœur qui souffrent». «Jésus, au contraire, nous demande de vivre autrement», en communion et en paix avec tous. Une mission portée depuis près de quatre-vingt-dix ans par la paroisse romaine du Sacré-Cœur de Jésus qui accorde, a félicité le Pape, «une attention particulière aux situations de pauvreté, d’exclusion et d’urgence».
Avant de célébrer la messe, le Pape a longuement remercié tous les membres de la paroisse qui viennent en aide aux immigrés, aux malades, «à ceux qui souffrent si souvent parce qu’ils ne trouvent pas de travail, n’ont pas de logement, ne savent pas où aller». Réussir à créer une communauté qui accueille est «un signe d’espérance dans un monde où, bien souvent, la douleur, la souffrance et les difficultés sont trop grandes» a-t-il souligné.
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