Le Pape exhorte à accueillir ceux qui ont été offensés dans leur dignité
Xavier Sartre – Cité du Vatican
Dans l’église contemporaine de Sainte-Marie-de-la-Présentation, dans le quartier romain de Torrevecchia, en périphérie de la capitale, Léon XIV a rencontré ce dimanche 8 mars dans l’après-midi la communauté paroissiale. D’abord les enfants et les jeunes, puis les malades et les personnes âgées, sur le terrain de sport de la paroisse, avant de conclure sa visite pastorale avec une réunion avec le conseil pastoral au sein de l’église là où il célébra l’eucharistie entre ces deux rendez-vous.
En ce troisième dimanche de Carême, il est revenu bien sûr sur l’Évangile qui relate la rencontre entre la Samaritaine et Jésus, un épisode qui «nous parle, qui parle de nous et qui nous aide à revoir notre rapport à Dieu» a-t-il dit. «La soif de vie et d’amour de la samaritaine est notre soif, celle de l’Église et de l’humanité entière, blessée par le péché mais habitée encore plus intimement par le désir de Dieu» que nous cherchons comme l’eau, a expliqué le Pape. Et «dans cette recherche, nous rencontrons Jésus» a-t-il poursuivi.
Le Dieu des surprises
Revenant à l’Évangile, le Saint-Père a décrit ce rendez-vous près du puits de Jacob comme «surprenant», mais révélateur de la manière dont «le Christ révèle le Dieu des surprises: les plus belles, celles qui changent la vie». Dieu, qui se fait don pour la femme, la transforme en source qui jaillit pour la vie éternelle. «À la place de la soif d’avant, pleine d’amertume et d’aridité spirituelle, le Fils de Dieu offre en don une vie renouvelée par l’eau qui jaillit de la miséricorde du Père» a poursuivi le Pape qui précise: «la femme assoiffée devient source, l’exclue devient confidente», «la femme pleine de honte est maintenant comblée de joie, celle qui se taisait au sein du village devient missionnaire pour tous ses habitants».
Cet épisode proposé en ce temps de Carême doit être l’occasion de voir que «Dieu guérit avec miséricorde nos blessures et se fait don pour nous, en nous rendant capables de devenir à notre tour don pour nos frères». Cet épisode se veut ainsi un enseignement pour la communauté paroissiale que le Pape a visitée, et pour un territoire marqué par des situations de marginalités, de pauvretés matérielles et morales, habités par des adolescents et des jeunes qui risquent d’être trompés par des vendeurs de mort ou de demeurer déçus par l’avenir.
D’où «la tâche urgente et libératrice, de montrer la proximité de Jésus, sa volonté de racheter notre existence des maux qui la menacent avec une vie juste, vraie et pleine», a affirmé le Saint-Père qui encourage cette communauté à faire en sorte que «les activités paroissiales soient le signe d’une Église qui, comme une mère, prend soin de ses propres enfants, sans les condamner, en les accueillant même, en les écoutant, et en les soutenant face aux périls».
Les jeunes, constructeurs de paix et promoteurs de réconciliation
Un peu plus tôt dans l’après-midi, lors de sa rencontre avec les enfants de la paroisse, et notamment ceux qui se préparent à la première communion, le Pape a expliqué que Jésus voulait arriver à nous, où que nous soyons, même à travers la prière, insistant sur l’importance de savoir prier pour parler avec Dieu. «Jésus est proche de nous. Ouvrons les yeux. Reconnaissons que même dans la personne à côté de nous, ou dans la personne qui souffre, la personne qui n'a nulle part où vivre, où dormir, si ce n'est dans la rue... la personne malade... Jésus se trouve également dans ces circonstances, et il nous demande d'apporter ce que nous avons reçu à ces personnes qui sont dans le besoin, qui ont des besoins.»
Enfin, alors qu’il venait de partager quelques heures auparavant ses craintes sur un possible élargissement du conflit au Moyen-Orient, lors de l’Angélus, Léon XIV a invité les enfants à être des «constructeurs de paix et des promoteurs de réconciliation». «Refusez toutes ces formes de violence, de haine, de choses qui divisent», a-t-il exhorté, citant entre autres les actes de harcèlement.
S’adressant ensuite aux personnes âgées et aux malades de la paroisse romaine, le Pape a voulu les remercier de leur présence, si significative dans un monde qui voudrait parfois les oublier, et qui est «un très beau témoignage du fait que nous tous, unis comme dans une famille, nous avons une très grande valeur parce que nous sommes enfants de Dieu, créés à son image, aimés de Dieu et appelés nous aussi à partager cet amour avec les autres».
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