Le Pape avec les participants au 36ème cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique. Le Pape avec les participants au 36ème cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique.  (@Vatican Media)

Léon XIV: «Seule une personne réconciliée est capable de vivre sans armes»

Recevant les participants au 36ème cours sur le for interne organisé par la Pénitencerie apostolique, le Pape a livré un discours dense sur l’unité intérieure avec Dieu et avec l’Eglise comme condition préalable à l’unité intérieure des personnes, si nécessaire aujourd’hui, «en cette époque de fragmentation que nous vivons». Léon XIV appelle les prêtres et diacres à «avoir toujours pleinement conscience de la très haute mission que le Christ, par l’intermédiaire de l’Église, leur confie».

Fabrice Bagendekere, SJ – Cité du Vatican

La formation dispensée à l’intention des prêtres et diacres qui, à leurs débuts dans le ministère sacerdotal ou en attente d'être ordonnés, «perfectionnent leur formation de confesseurs grâce au cours sur le forum interne, proposé chaque année par la Pénitencerie apostolique», a été fortement souhaité par Saint Jean-Paul II – «qui l'a soutenu avec sa passion pastorale» - confirmé par le Pape Benoît XVI «avec sa sagesse théologique», ainsi que par le Pape François, «qui a toujours eu à cœur le visage miséricordieux de l'Église». Léon XIV a exhorté les membres de la Pénitencerie à poursuivre ce service, en «approfondissant et en élargissant l'offre de formation, afin que le quatrième sacrement soit toujours plus profondément connu, célébré de manière adéquate et donc vécu sereinement et efficacement par tout le peuple saint de Dieu».

Le péché et l’unité avec le Créateur

Poursuivant, le Saint-Père a rappelé l’enseignement de l’Eglise sur le sacrement de la réconciliation, soulignant qu’il est un «laboratoire d'unité», par le fait qu’il rétablit l'unité avec Dieu, à travers le pardon des péchés et l'infusion de la grâce sanctifiante. «Cela génère l'unité intérieure de la personne et l'unité avec l'Église ; par conséquent, cela favorise également la paix et l'unité dans la famille humaine», a dit le Souverain pontife.

Le Pape n’admet cependant pas que l'homme, «petite et simple créature», puisse vraiment «rompre l'unité» avec le Créateur. «Cette image n'est-elle pas partielle et, en définitive, mortifiante de la Révélation que Jésus nous a faite de Dieu», s’est interrogé Léon XIV. «À bien y regarder, le péché ne rompt pas l'unité, entendue comme dépendance ontologique de la créature envers le Créateur», a-t-il ensuite dit. Il a tout de même reconnu que le péché rompt «l’unité spirituelle avec Dieu», indiquant que «cette possibilité dramatique est tout aussi réelle que l’est le don de la liberté, que Dieu lui-même a fait aux êtres humains».

L’unité avec Dieu et l’Église, condition préalable de l’unité intérieure

Le Souverain pontife a par la suite établi que l’unité avec Dieu et avec l’Église est «la condition préalable à l’unité intérieure des personnes, si nécessaire aujourd’hui, en cette époque de fragmentation que nous vivons». «Seule une personne réconciliée est capable de vivre sans armes et de manière désarmante», a dit le Pape, montrant que «celui qui dépose les armes de l’orgueil et se laisse continuellement renouveler par le pardon de Dieu devient un artisan de réconciliation dans la vie de tous les jours». Cela, se manifeste comme un désir réel, selon Léon XIV, «surtout chez les nouvelles générations».

Le Saint-Père a fait voir que les promesses non tenues d’un «consumérisme effréné» et l’expérience frustrante d’«une liberté détachée de la vérité» auxquelles fait face notre époque peuvent se transformer, par la miséricorde divine, en occasions d’évangélisation. En faisant émerger le sentiment d’inachèvement, ces déceptions «permettent de susciter ces questions existentielles auxquelles seul le Christ répond pleinement», a-t-il insisté.

L’Église appelée à être une maison de miséricorde

Le Pape a enfin abordé le thème du cours en cours: «L’Église appelée à être une maison de miséricorde», soulignant qu’il serait incompréhensible «si l’on ne partait pas de la racine qu’est Jésus-Christ ressuscité». «L’Église accueille les personnes, en tant que ‘‘maison de miséricorde’’, car elle accueille avant tout continuellement son Seigneur, dans la Parole écoutée et proclamée, et dans la grâce des sacrements», a dit le Saint-Père, rappelant aux prêtres et diacres que «dans la célébration de la confession sacramentelle, tandis que les pénitents sont réconciliés avec Dieu et avec l'Église, l'Église elle-même est édifiée, enrichie par la sainteté renouvelée de ses fils repentis et pardonnés».

Trouver le plein accomplissement de sa vie dans le confessionnal

Aussi, se tournant vers les jeunes et futurs prêtres, le Souverain pontife les a interpellés sur la lourde responsabilité du devoir qu’ils auront à accomplir à travers ce sacrement. «Ayez toujours pleinement conscience de la très haute mission que le Christ lui-même, par l’intermédiaire de l’Église, vous confie: rétablir l’unité des personnes avec Dieu par la célébration du sacrement de la réconciliation», dit le Pape, rappelant que «la vie entière d’un prêtre peut trouver son plein accomplissement en célébrant assidûment et fidèlement ce sacrement». Il les invite par ailleurs à ne jamais manquer de «vous approcher vous-mêmes, avec une constance fidèle, du sacrement du pardon, afin d’être toujours les premiers bénéficiaires de la miséricorde divine, dont vous êtes devenus – ou deviendrez – les ministres».

Se confesser au moins une fois l’an

De même, le Souverain pontife interpelle les fidèles sur la «distraction généralisée» qui fait souvent que beaucoup restent «longtemps» dans un état de péché, «plutôt que de s'approcher du confessionnal, avec simplicité de foi et de cœur, pour accueillir le don du Seigneur ressuscité». Si le sacrement de la réconciliation a connu au cours de l’histoire un développement remarquable, «tant dans sa compréhension théologique que dans sa forme de célébration», amenant l'Église, «mère et maîtresse», à en reconnaître «progressivement» «le sens et la fonction » et élargissant «la possibilité de sa célébration», la répétabilité du sacrement ne correspond pas toujours, de la part des baptisés, à «une sollicitude à y recourir», s’indigne le Saint-Père. «C'est comme si le trésor infini de la miséricorde de l'Église restait ‘‘inutilisé’’», dit le Vicaire du Christ. Rappelant que «tout fidèle, ayant atteint l'âge de raison, est tenu de confesser fidèlement ses péchés graves, au moins une fois par an», conformément au Catéchisme de l'Église catholique.

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13 mars 2026, 14:13